Près de 11 mil­lions de Français sont des aidants selon le min­istère des sol­i­dar­ités, de l’autonomie et des per­son­nes hand­i­capées. Ils sou­ti­en­nent au quo­ti­di­en un proche malade, en perte d’autonomie ou en sit­u­a­tion de hand­i­cap. Qu’implique ce statut d’aidant ? Com­ment sont-ils soutenus, eux aus­si, pour tenir le cap face à la dif­fi­culté à la fois psy­chologique et physique qu’il entraine ? Faisons le point.

Qu’entendons-nous par aidant ?

De façon ponctuelle ou per­ma­nente, un aidant est une per­son­ne qui apporte son aide et son sou­tien à un per­son­ne proche (par­ent, enfant, frère, sœur, ami…), malade, hand­i­capée ou à mobil­ité réduite. Il inter­vient dans dif­férentes sit­u­a­tions de la vie quo­ti­di­enne comme :

  • Les soins ;
  • La toi­lette ;
  • L’habillage ;
  • Les repas ;
  • Les démarch­es admin­is­tra­tives ;
  • Les cours­es ;
  • Les déplace­ments auprès de pro­fes­sion­nels de san­té ;
  • Les tâch­es ménagères, etc.

On estime que sur les 11 millions d’aidants[1] :

  • 500 000 d’entre eux ont entre 18 et 24 ans.
  • 60% sont des femmes.

L’aidant joue un rôle cru­cial dans le main­tien à domi­cile. Il con­tribue égale­ment au sou­tien moral de « l’aidé » en lui ten­ant com­pag­nie, en inter­agis­sant avec lui, en entre­tenant le lien social autour de lui.

Si l’aidant le fait avec cœur, con­vic­tion et empathie, il arrive par­fois que la tache soit dif­fi­cile à sup­port­er sur le long terme et qu’il s’épuise lui-même. Refouler ses émo­tions pour soutenir le malade et ne pas laiss­er appa­raitre l’inquiétude sur son vis­age, le veiller, accu­muler les tâch­es quo­ti­di­ennes en par­al­lèle de sa pro­pre vie est très éprou­vant !

Soutenir l’aidant et prévenir son épuisement est indispensable !  

Il est pri­mor­dial « d’aider les aidants » ! Dif­férents besoins émer­gent selon les retours d’expérience faits par ces derniers. Le pre­mier et pas des moin­dre, est de béné­fici­er lui-même d’un sou­tien moral et physique. Il est égale­ment impor­tant pour eux de pou­voir échang­er avec d’autres per­son­nes dans une sit­u­a­tion sim­i­laire afin de partager leur quo­ti­di­en, leurs peurs, leurs inquié­tudes, gér­er le stress, se décul­pa­bilis­er mais aus­si trou­ver une écoute atten­tive et empathique. Les groupes de parole per­me­t­tent par la même occa­sion de rompre leur isole­ment ! Pou­voir s’informer facile­ment sur les dis­posi­tifs en place est égale­ment indis­pens­able.

  • 53% des aidants se sen­tent par­fois seuls et non soutenu morale­ment.
  • 62% ressen­tent un état d’épuisement.
  • 74% déclar­ent avoir besoin de souf­fler, de faire une pause.
  • 53% s’estiment mal infor­més sur le rôle qui leur incombe.

Con­scients de l’épuisement, du manque de recon­nais­sance et de l’isolement que ce statut implique, les pou­voirs publics ont lancé en octo­bre 2019, une stratégie nationale de mobil­i­sa­tion afin de les soutenir par des actions con­crètes.

9 actions concrètes mises en place pour les accompagner :

La stratégie de mobil­i­sa­tion et de sou­tien 2020/2022 inti­t­ulée « agir pour les aidants » pro­pose notam­ment :

  • Le déploiement d’un numéro unique, le 0 800 360 360 et descom­mu­nautés 360, à des­ti­na­tion des per­son­nes hand­i­capées et de leurs aidants ;
  • La créa­tion duguide « Besoin de répit » qui regroupe dif­férentes fiche repères qui présen­tent les formes de répit exis­tantes.  
  • Un accom­pa­g­ne­ment des entre­pris­es pour les encour­ager à soutenir les salariés aidants via des actions de for­ma­tion, de sen­si­bil­i­sa­tion et d’adaptation du temps du temps de tra­vail.
  • Un sou­tien financier ren­for­cé aux offres de sou­tien psy­chologique et de for­ma­tionà des­ti­na­tion des aidants.
  • L’évolution ducon­gé proche-aidant pour tous les agents publics, fonc­tion­naires ou con­tractuels, la sup­pres­sion de la con­di­tion d’ancienneté pour pou­voir le mobilis­er et une indem­ni­sa­tion de ce con­gé.
  • Le déploiement dulabel Cap’Handéo, val­orisant les entre­pris­es engagées auprès des salariés aidants.
  • Le sou­tien au développe­ment et à la diver­si­fi­ca­tion de solu­tions de répit et de vacances pour les proches aidants.
  • Lexpéri­men­ta­tion d’actionsde sen­si­bil­i­sa­tion des pro­fes­sion­nels de l’Éducation nationale aux prob­lé­ma­tiques des jeunes aidants, en Ile-de-France et en Occ­i­tanie.
  • Le sou­tien auxpartages d’expériences et le ren­force­ment de l’attention portée aux témoignages des aidants

Des exemples concrets de dispositifs mis en place en milieu hospitalier :

-        L’Hôpital Privé Armand Bril­lard (groupe Ram­say) apporte des con­seils aux aidants en les ori­en­tant selon leurs besoins vers des groupes de parole et des asso­ci­a­tions qui appor­tent et récon­fort. Elle pro­pose égale­ment des for­ma­tions spé­cial­isées qui per­me­t­tent de mieux appréhen­der le rôle d’aidant.

-        La Clin­ique de l’Estrée ouvre un groupe de parole des­tiné aux aidants une fois par mois (le dernier dimanche). Ils peu­vent par­ler de leurs expéri­ences ou seule­ment écouter les uns les autres.

-        La Poly­clin­ique du Val de Loire a organ­isé une journée avec plusieurs ate­liers pour inviter les aidants à se déten­dre (séances d’hyp­nose, d’au­to-mas­sages ou de mas­sage relax­ants) et leur per­me­t­tre de béné­fici­er de con­seils et d’informations utiles dans leurs fonc­tions.

Sources :

[1] https://www.ipsos.com/fr-fr/la-situation-des-aidants-en-2020-enquete-nationale-ipsos-macif