La démarche qual­ité est un sujet d’excellence pour redonner du sens aux métiers. Un tra­vail bien fait sat­is­fait indi­vidu­elle­ment chaque prati­cien et col­lab­o­ra­teur, et col­lec­tive­ment l’établissement de san­té qui voit la qual­ité des soins prodigués rémunérée depuis une décen­nie pour les étab­lisse­ments de san­té MCO.

Nos attentes sur ce finance­ment à la qual­ité sont élevées. Le dis­posi­tif a gran­di pro­gres­sive­ment depuis 2012 en com­mençant par un dis­posi­tif expéri­men­tal dont les objec­tifs étaient de véri­fi­er le car­ac­tère inci­tatif du mod­èle, con­trôler les impacts sur un échan­til­lon d’établissements, mesur­er le car­ac­tère péd­a­gogique et tester l’appropriation de l’outil. En 2019, il devient un com­par­ti­ment de finance­ment à part entière, doté d’un nou­veau mod­èle d’allocation de ressources, et sus­cite un très vif intérêt. Mais l’allocation des 2 mil­liards d’euros répar­tis en un finance­ment cen­tral (IFAQ) d’1 mil­liard et des com­par­ti­ments de finance­ment par activ­ité d’1 autre mil­liard, est con­trar­iée par l’épidémie et remisée à plus tard. Seule l’activité des urgences béné­fi­cie depuis 2021 d’un finance­ment à hau­teur de 100 mil­lions d’euros au regard de la qual­ité des résul­tats de prise en charge et du recueil des don­nées. Le prochain finance­ment à la qual­ité con­cern­era les mal­adies rénales chroniques (for­fait MRC).

À ce stade du développe­ment du mod­èle, des garanties doivent être con­solidées. La dimen­sion inci­ta­tive est aujourd’hui dévoyée, d’une part, par la pub­li­ca­tion des règles de fonc­tion­nement du mod­èle à année échue et non à venir (com­ment être jugé alors que l’on ne con­naît pas les règles du jeu ?), et d’autre part, par une répar­ti­tion d’une par­tie de l’enveloppe au poids économique qui n’intègre pas pour notre secteur le poids économique des pro­fes­sion­nels libéraux qui y exer­cent. Or, ce dis­posi­tif prend son sens s’il apporte de la vis­i­bil­ité pluri­an­nuelle sur les objec­tifs de san­té publique pour­suiv­is et les indi­ca­teurs qui y sont attachés. Ensuite, dévelop­per la gra­da­tion de la rémunéra­tion est essen­tielle, par­ti­c­ulière­ment au sein d’un mod­èle de finance­ment où 70 % des étab­lisse­ments de san­té peu­vent béné­fici­er d’une allo­ca­tion. De même, la qual­ité tran­scende le statut des étab­lisse­ments de san­té et son finance­ment doit être unique pour cha­cun de ses objets (IFAQ, activ­ité de soins…). L’incitation c’est aus­si recon­naître le niveau atteint et les efforts dévelop­pés pour le main­tenir !

Enfin, si la ques­tion de la T2A est actuelle­ment sous les pro­jecteurs pour le court séjour MCO, cela ne doit en rien faire oubli­er la néces­sité de s’attacher à sta­bilis­er le mod­èle des finance­ments à la qual­ité (IFAQ et par activité/parcours).

Comme pour l’évolution du mod­èle T2A, la FHP-MCO sera force de propo­si­tions.