La téléchirurgie ou « chirurgie à dis­tance » com­bine à la fois la robo­t­ique à l’expertise du chirurgien. Elle « con­necte » ces derniers à leurs patients géo­graphique­ment éloignés, en util­isant la tech­nolo­gie et les réseaux sans fil. Cette nou­velle approche de la médecine vise à amélior­er la qual­ité et l’efficacité des soins médi­caux. Quelles sont ses spé­ci­ficités tech­niques ? Qu’apporte-t-elle au monde médi­cal ? Faisons le point sur cette pra­tique révo­lu­tion­naire.

L’essor des nou­velles tech­nolo­gies dans le milieu médi­cal mod­i­fie con­sid­érable­ment la prise en charge des patients. Si la téléas­sis­tance et la télé­con­sul­ta­tion se sont large­ment démoc­ra­tisées ces dernières années pour pal­li­er les déserts médi­caux sur le ter­ri­toire Français, la téléchirurgie promet à son tour, de révo­lu­tion­ner l’approche thérapeu­tique !

Un peu d’histoire…

Si c’est au sein de l’armée qu’est née l’idée de con­cevoir des robots chirur­gi­caux capa­bles d’opérer à dis­tance des sol­dats blessés en zone de guerre, c’est le pro­fesseur Jacques Marescaux qui a mar­qué l’histoire, en effec­tu­ant le 7 sep­tem­bre 2001, l’ablation d’une vésicule bil­i­aire sur une patiente basée à Stras­bourg alors qu’il se trou­vait à New York. Cet acte réal­isé grâce à la liai­son d’une fibre optique dédiée a été un véri­ta­ble suc­cès. Bap­tisée « opéra­tion Lind­berg », il a ouvert la voie à de nom­breux con­frères.

Par­mi les inter­ven­tions ayant été mise en lumière :

  • En 2019: En Chine, une neu­rostim­u­la­tion du cerveau a été réal­isé par le doc­teur Ling Zhipei, à plus de 3000 kilo­mètres sur un patient atteint de la mal­adie de Parkin­son.

Dans la même année en Inde, la pre­mière chirurgie car­diaque réal­isée à dis­tance par le doc­teur Tejas Patel, a égale­ment été une réus­site.

  • En 2021: Un patient situé à Haik­ou, dans la province chi­noise de Hainan (sud), a quant à lui, subi une opéra­tion de rem­place­ment total de la hanche.

En quoi consiste la téléchirurgie ?   

Cette tech­nique per­met, via un robot chirur­gi­cal com­mandé par un sys­tème infor­ma­tique, d’opérer un patient quelle que soit sa local­i­sa­tion ! L’interface numérique entre le chirurgien et ce dernier est essen­tielle. Elle s’appuie sur la robo­t­ique, la réal­ité aug­men­tée, les tech­nolo­gies de com­mu­ni­ca­tion ain­si que l’expertise du chirurgien. Sa tech­nic­ité repose sur la vitesse de trans­mis­sion des don­nées. Grâce à ce dis­posi­tif, le malade n’a ain­si pas besoin d’être trans­féré et le chirurgien n’a plus à se déplac­er.

Une approche chirurgicale aux multiples avantages

Le suc­cès émergeant de la téléchirurgie ne repose pas unique­ment sur sa capac­ité à effectuer des actes chirur­gi­caux à dis­tance. Elle offre égale­ment d’importants béné­fices au chirurgien qui manip­ule le robot, à savoir :

  • La pré­ci­sion du geste. Les mou­ve­ments du chirurgien sont trans­mis en temps réel à l’appareil. Le robot élim­ine les trem­ble­ments de ses mains pour une plus grande pré­ci­sion au cours de l’intervention. Il ressent les mêmes sen­sa­tions que s’il opérait de façon manuelle.
  • L’agrandissement du champ opéra­toire. Le robot zoome sur les zones clés pour une meilleure vis­i­bil­ité de la zone à opér­er.
  • La vision 3D. Elle per­met de visu­alis­er les organes dans leur ensem­ble, avec leurs reliefs et leurs aspérités.
  • Une chirurgie micro-inva­sive. Cette chirurgie de pointe min­imise les inci­sions pour une meilleure récupéra­tion post-opéra­toire. Les hémor­ra­gies et les risques infec­tieux sont mieux maîtrisés. Les cica­tri­ces sont min­imes et la durée de séjour à l’hôpital est con­sid­érable­ment réduite.
  • Un temps d’opération opti­misé. La per­for­mance de la machine réduit con­sid­érable­ment la durée de l’acte chirur­gi­cal et de dimin­uer ain­si le temps d’anesthésie.
  • Une plus grande flex­i­bil­ité. Elle offre une acces­si­bil­ité aux soins à un plus grand nom­bre de patients. Ils ont ain­si la pos­si­bil­ité de béné­fici­er de l’expertise d’un spé­cial­iste où qu’il se trou­ve.

Quelles perspectives pour demain ?

L’avenir de la robo­t­ique dans les soins de san­té est promet­teur. Abla­tion de la vésicule bil­i­aire, traite­ment des AVC, neu­rostim­u­la­tion du cerveau, implan­ta­tion de pro­thès­es… elle répond à dif­férents types d’actes chirur­gi­caux et offre de nou­velles per­spec­tives en matière de tech­nic­ité. Elle per­met aux chirurgiens d’effectuer des procé­dures com­plex­es avec plus de pré­ci­sion, de flex­i­bil­ité et de con­trôle qu’avec les tech­niques con­ven­tion­nelles.

De nom­breuses entre­pris­es fab­riquent et dévelop­pent des robots chirur­gi­caux aux tech­nolo­gies avancées. La téléchirurgie va, en ce sens, con­naître une crois­sance expo­nen­tielle dans le secteur des soins de san­té. L’émergence de la 5G con­stitue égale­ment un for­mi­da­ble levi­er pour faciliter la vitesse de trans­mis­sion des don­nées, sans quoi, il ne serait pas pos­si­ble d’effectuer les gestes en temps réel. Reste aux étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers d’effectuer les investisse­ments néces­saires pour béné­fici­er de ce type d’équipement.

Une tech­nolo­gie qui séduit la NASA

Alors que la NASA prévoit d’envoyer ses pre­miers hommes sur mars en 2030, elle s’apprête à tester un robot chirur­gi­cal à dis­tance dénom­mé MIRA, capa­ble de répon­dre à une urgence médi­cale si celle-ci se présente.

Dévelop­pé par Vir­tu­al Inci­sion, une entre­prise basée au Nebras­ka, ce dis­posi­tif sera mis à l’épreuve sur l’ISS en 2024. Il a été conçu pour fournir la puis­sance d’un appareil de chirurgie assistée par robot cen­tral dans une taille minia­tur­isée, afin de ren­dre la chirurgie assistée par robot, acces­si­ble dans n’im­porte quelle salle d’opéra­tion de la planète.

 

Sources :