Chaque année, on diag­nos­tique env­i­ron 2500 can­cers du sein à des femmes en âge de pro­créer. Cette nou­velle acca­blante provoque de la peur et de l’anx­iété chez les familles touchées. Pour­tant, les traite­ments con­tre le can­cer se sont con­sid­érable­ment améliorés au cours de la dernière décen­nie et la survie glob­ale (cinq ans après diag­nos­tic) pour tous les can­cers con­fon­dus est main­tenant supérieure à 70 %. Pour cette rai­son, les femmes atteintes de can­cer doivent envis­ager et plan­i­fi­er l’avenir, ce qui implique de con­naître l’impact poten­tiel des traite­ments sur leur fer­til­ité.

L’impact des traitements sur la fertilité et le cycle menstruel

Les traite­ments con­tre le can­cer sont essen­tiels pour traiter la mal­adie, mais ils peu­vent endom­mager les organes repro­duc­teurs et les glan­des qui con­trô­lent la fer­til­ité.

  • La chimio­thérapie (en par­ti­c­uli­er les agents alky­lants) peut affecter les ovaires, et les oblig­er à cess­er de libér­er des ovules et des œstrogènes. C’est ce qu’on appelle l’in­suff­i­sance ovari­enne pri­maire (IPO).

Par­fois, l’IPO est tem­po­raire et les men­stru­a­tions et la fer­til­ité revi­en­nent après le traite­ment. Les dom­mages aux ovaires peu­vent s’avérer per­ma­nents et dans ces cas-là, la fer­til­ité n’est pas rétablie.

Pour les femmes âgées de moins 30 ans, le risque de per­tur­ba­tion du cycle men­stru­el est d’en­v­i­ron 30 % si les cycles s’arrêtent pen­dant le traite­ment, ils revi­en­nent dans plus de 80% des cas).

Des signes en rap­port avec la carence en hor­mones sex­uelles (mimant alors une ménopause) sont alors observés tels que des bouf­fées de chaleur, des sueurs noc­turnes, de l’ir­ri­tabil­ité, de la sécher­esse vagi­nale et des men­stru­a­tions irrégulières ou inex­is­tantes.

La chimio­thérapie peut égale­ment réduire le nom­bre d’ovules sains dans les ovaires : les femmes qui sont plus proches de l’âge de la ménopause naturelle peu­vent avoir un plus grand risque d’in­fer­til­ité.

  • La radio­thérapie près de l’ab­domen, du bassin ou de la colonne vertébrale peut endom­mager les organes repro­duc­teurs à prox­im­ité.

Cer­tains organes, tels que les ovaires, peu­vent sou­vent être pro­tégés par une pro­tec­tion ovari­enne ou par une ovar­i­opex­ie, une procé­dure qui éloigne chirur­gi­cale­ment les ovaires de la zone de ray­on­nement.

  • La chirurgie de l’ap­pareil repro­duc­teur et des can­cers de la région du bassin peut endom­mager les tis­sus repro­duc­teurs voisins et provo­quer des cica­tri­ces, ce qui peut affecter la fer­til­ité.

La taille et l’emplacement de la tumeur sont des fac­teurs impor­tants pour déter­min­er si la fer­til­ité est affec­tée ou non.

  • L’hor­monothérapie util­isée pour traiter le can­cer peut per­turber le cycle men­stru­el, ce qui impacte la fer­til­ité. Les effets sec­ondaires dépen­dent des hor­mones spé­ci­fiques util­isées et peu­vent inclure des bouf­fées de chaleur, des sueurs noc­turnes et une sécher­esse vagi­nale.
  • Les greffes de moelle osseuse, les greffes de cel­lules souch­es du sang périphérique ain­si que d’autres greffes de cel­lules souch­es impliquent de recevoir de fortes dos­es de chimio­thérapie et/ou de radio­thérapie.

Les techniques de préservation de la fertilité

Il existe de nom­breuses tech­niques de préser­va­tion de la fer­til­ité fémi­nine dont les indi­ca­tions seront éval­uées au cas par cas par l’on­co­logue et l’équipe du Cen­tre qui assur­era la con­sul­ta­tion d’on­co fer­til­ité.

Il est impor­tant de stip­uler que le taux de réus­site, le coût financier et la disponi­bil­ité de ces procé­dures vari­ent.

  • La con­géla­tion des ovules (égale­ment appelée cry­ocon­ser­va­tion des ovules ou des ovo­cytes) est une procé­dure dans laque­lle les ovules sont retirés de l’o­vaire et con­gelés. Plus tard, les ovules peu­vent être décon­gelés, fécondés avec du sperme en lab­o­ra­toire pour for­mer des embryons et placés dans l’utérus d’une femme. La con­géla­tion des ovules est une procé­dure plus récente que la con­géla­tion des embryons.
  • La con­géla­tion d’embryons (égale­ment appelée banque d’embryons ou cry­ocon­ser­va­tion d’embryons) est une procé­dure dans laque­lle les ovules sont retirés de l’o­vaire. Ils sont ensuite fécondés avec du sperme en lab­o­ra­toire pour for­mer des embryons et                  con­gelés pour une util­i­sa­tion future.
  • Le blindage ovarien (égale­ment appelé blindage gonadique) est une procé­dure dans laque­lle une cou­ver­ture pro­tec­trice est placée à l’ex­térieur du corps, sur les ovaires et d’autres par­ties du sys­tème repro­duc­teur, pour les pro­téger des ray­on­nements dif­fusés.
  • La cry­ocon­ser­va­tion du tis­su ovarien (égale­ment appelée cry­ocon­ser­va­tion du tis­su ovarien) est tou­jours con­sid­érée comme une procé­dure expéri­men­tale, pour les jeunes filles qui n’ont pas tra­ver­sé la puberté et qui n’ont pas d’ovules matures. Il s’ag­it d’en­lever chirur­gi­cale­ment une par­tie ou la total­ité d’un ovaire, puis de con­gel­er le tis­su ovarien, qui con­tient des ovules. Plus tard, le tis­su est décon­gelé et replacé chez une femme. Bien que des grossess­es aient eu lieu à la suite de cette procé­dure, ce n’est qu’une option pour cer­tains types de can­cer.
  • La trans­po­si­tion ovari­enne (égale­ment appelée ovar­i­opex­ie) est une opéra­tion visant à éloign­er les ovaires de la par­tie du corps rece­vant le ray­on­nement. Cette procé­dure peut être effec­tuée pen­dant une inter­ven­tion chirur­gi­cale pour enlever le can­cer ou par chirurgie laparo­scopique.
  • La tra­chélec­tomie (égale­ment appelée cer­vi­co­tomie rad­i­cale) est une inter­ven­tion chirur­gi­cale util­isée pour traiter les femmes atteintes d’un can­cer du col de l’utérus à un stade pré­coce qui souhait­ent avoir des enfants. Cette opéra­tion enlève le col de l’utérus, les gan­glions lym­pha­tiques voisins et la par­tie supérieure du vagin.

L’utérus est ensuite attaché à la par­tie restante du vagin, avec une bande spé­ciale qui sert de col de l’utérus.

  Examen de la Fertilité et considérations émotionnelles

Mal­heureuse­ment, il n’ex­iste aucun exa­m­en qui per­me­tte de déter­min­er si une femme est encore fer­tile après avoir suivi des traite­ments pour un can­cer du sein.

Pour cer­taines femmes, l’in­fer­til­ité peut être l’un des effets à long terme les plus dif­fi­ciles et les plus boulever­sants du traite­ment du can­cer.

Bien qu’il puisse sem­bler acca­blant de penser la fer­til­ité à ce moment-là, la plu­part des gens béné­fi­cient d’avoir abor­dé avec leur médecin (ou le médecin de leur enfant, lorsqu’un enfant est traité pour un can­cer) de la façon dont le traite­ment peut affecter leur fer­til­ité et des options pour la préserv­er.

Sources