La crise des ressources humaines sans précé­dent trou­ve sa source dans de nom­breux fac­teurs expli­cat­ifs : insuff­i­sance des numérus clausus, attentes des généra­tions actuelles et à venir d’un meilleur équili­bre entre vie per­son­nelle et sociale, remise en cause des ori­en­ta­tions post Covid… Mal appréhendée pour cer­tains fac­teurs et imprévis­i­ble pour d’autres, cette crise préoc­cupe sur notre capac­ité col­lec­tive à répon­dre aux besoins de la pop­u­la­tion, y com­pris pour les patients atteints de patholo­gies chroniques dont les pris­es en charge ne peu­vent souf­frir aucun report, à l’image des patients en ICRT. Entre prag­ma­tisme et sens des respon­s­abil­ités, nous cher­chons tous des solu­tions.

Les nou­velles formes de coopéra­tion entre pro­fes­sion­nels de san­té pro­mues par l’article 51 de la loi HPST sont une option à explor­er et à dévelop­per. « Par déro­ga­tion, les pro­fes­sion­nels de san­té peu­vent s’engager, à leur ini­tia­tive, dans une démarche de coopéra­tion ayant pour objet d’opérer entre eux des trans­ferts d’activités ou d’actes de soins ou de réor­gan­is­er leur mode d’intervention auprès du patient. » La HAS appuie et observe ce dis­posi­tif comme une solu­tion pour élargir l’offre de soins et réduire les délais d’accès à une prise en charge. Con­crète­ment, l’article 66 de la loi OTSS pré­cise que ces pro­to­coles de coopéra­tion sont rédigés par des équipes de pro­fes­sion­nels ayant can­di­daté pour répon­dre à un appel à man­i­fes­ta­tion d’intérêt répon­dant à un besoin nation­al.

Le cadre existe et l’approche du dis­posi­tif est aus­si con­nu. Out­re réduire les délais de prise en charge et l’optimisation des par­cours, il doit per­me­t­tre de répon­dre à une évo­lu­tion de l’exercice pro­fes­sion­nel et une exten­sion des champs d’intervention des pro­fes­sions paramédi­cales. De même, il doit faciliter un recen­trage des activ­ités médi­cales sur des mis­sions d’expertise plus com­plex­es, ren­du pos­si­ble par le temps ain­si dégagé.

Il est fort à pari­er que ces sit­u­a­tions req­ui­s­es sont courantes pour nom­bre d’entre vous. La lour­deur admin­is­tra­tive n’est prob­a­ble­ment pas à sous-estimer mais la démarche peut s’avérer por­teuse. Des out­ils sim­i­laires exis­tent aus­si pour le ser­vice des urgences, à nous de s’en empar­er.

La crise des ressources humaines actuelle impose de met­tre en place des procé­dures allégées sans délais. La FHP-MCO demande d’ores et déjà de sim­pli­fi­er les délais d’adhésion de manière déroga­toire par un sim­ple sig­nale­ment à l’ARS, la régu­lar­i­sa­tion pou­vant inter­venir lorsque la sit­u­a­tion le per­me­t­tra.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO