Fibromyalgie

Peu con­nue du grand pub­lic, la fibromyal­gie est une patholo­gie qui touche entre 1,5 et 2% de la pop­u­la­tion en France. Les sujets qui en sont atteints souf­frent de douleurs dif­fus­es et d’une hyper­sen­si­bil­ité à la pres­sion. Quelques mots sur cette “mal­adie du sys­tème de détec­tion de la douleur” qui a mis du temps à être recon­nue en tant que telle par le corps médi­cal.

Une pathologie complexe

La fibromyal­gie se présente comme une hyper­sen­si­bil­ité de tout le corps avec des douleurs qui se déclenchent par sim­ple con­tact des mus­cles ou ten­dons.

Elle est sou­vent diag­nos­tiquée chez les sujets féminins. La var­iété des trou­bles dont souf­frent les patients, l’absence de lésions ou de dys­fonc­tion­nement organiques claire­ment réper­toriés a con­duit une grande part du corps médi­cal à con­sid­ér­er la fibromyal­gie comme un trou­ble d’origine psy­cho­so­ma­tique. Ce n’est qu’en 1992, que l’Organisation mon­di­ale de la san­té recon­naît la fibromyal­gie comme entité médi­cale. Cette patholo­gie est classée en tant que douleur chronique général­isée selon la clas­si­fi­ca­tion inter­na­tionale des mal­adies (CIM).

Les ten­ants et aboutis­sants de cette mal­adie n’ont pas été tout à fait éclair­cis. Cela dit, la fibromyal­gie n’est plus con­sid­érée comme une mal­adie psy­cho­so­ma­tique, mais comme une douleur noci­plas­tique causée par des altéra­tions de la noci­cep­tion, c’est-à-dire du sys­tème de détec­tion et de con­trôle de la douleur.

Troubles variables et douleurs chroniques

Trou­bles du som­meil, de l’humeur, douleurs dif­fus­es et con­di­tion physique dégradée : la fibromyal­gie impacte large­ment la qual­ité de vie des per­son­nes touchées. Il n’existe pas de test pour la détecter. Le diag­nos­tic repose sur un exa­m­en clin­ique du patient. Les symp­tômes vari­ent d’un patient à l’autre, et peu­vent empir­er au cours du temps à cause de fac­teurs comme le stress.

  • Une fatigue chronique (trois quarts des patients seraient con­cernés) bien qu’il ne soit pas actuelle­ment pos­si­ble de savoir si cet état est un symp­tôme pro­pre à la fibromyal­gie ou si elle résulte des autres symp­tômes asso­ciés.
  • Des douleurs chroniques dif­fus­es et subites au niveau des mus­cles, des ten­dons ou des artic­u­la­tions. Des picote­ments et une hyper­sen­si­bil­ité sont par­fois relevés. Cer­tains patients sur réagis­sent à cer­tains stim­uli qui devraient nor­male­ment être indo­lores (allo­dynie) ou souf­frent de crises aiguës de douleurs local­isées.
  • Anx­iété et dépres­sion font par­tie des symp­tômes con­statés chez les patients atteints de fibromyal­gie. Ces derniers résul­tent par­fois des douleurs et du manque de som­meil, selon un mécan­isme phys­iopathologique qui offre un ter­rain prop­ice à des sit­u­a­tions plus graves (risques de sui­cide).
  • Des trou­bles de l’attention pour­raient être liés à la ges­tion de la douleur au quo­ti­di­en.

Les traitements

Comme l’explique le Pro­fesseur Didi­er Abouhas­sira, Neu­ro­logue investi à l’Inserm, la fibromyal­gie serait due à un dys­fonc­tion­nement du sys­tème de détec­tion de la douleur. La douleur et sa per­cep­tion sont étroite­ment liées au stress et au bien-être men­tal du patient.

Les traite­ments envis­agés pour soulager les patients sont avant tout non médica­menteux. En pre­mier lieu, une activ­ité physique adap­tée et encadrée est pré­con­isée avec des exer­ci­ces per­son­nal­isés non trau­ma­ti­sants pour les mus­cles (yoga, tai-chi).

Une psy­chothérapie par thérapie cog­ni­ti­vo-com­porte­men­tale (TCC) peut amélior­er la qual­ité de vie en aidant le patient à pro­mou­voir son estime de soi et réduire le stress et amélior­er son sen­ti­ment d’auto-efficacité L’hypnothérapie peut aus­si aider à la remise en mou­ve­ment.

Les traite­ments phar­ma­cologiques (antalgiques, anti­dé­presseurs notam­ment) sont pro­posés en sec­ond lieu. La recon­nais­sance et la prise en charge de cette mal­adie reste encore par­tielle. Mal­gré l’évolution des con­nais­sances clin­iques et neu­ro­sci­en­tifiques sur cette mal­adie, il reste beau­coup d’inconnues pour maîtris­er et com­bat­tre cette patholo­gie com­plexe.

Sources