Ibode : vers une fer­me­ture des blocs ?

La FHP et les syn­di­cats médi­caux s’inquiètent du nou­veau dis­posi­tif tran­si­toire qui ne ré­sout pas les dif­fi­cul­tés. Fau­dra-t-il fer­mer des blocs opéra­toires ou faire pra­ti­quer à des infir­miers des actes qu’ils n’ont pas le droit de faire ?

Com­mu­niqué de presse : La Fédéra­tion de l’hospitalisation privée et les syn­di­cats médi­caux aler­tent sur le risque de fer­me­ture de salles de blocs opéra­toires.

Paris — 11 mars mars 2022 — La Fédéra­tion de l’hospitalisation privée et les syn­di­cats médi­caux s’inquiètent du nou­veau dis­posi­tif tran­si­toire des infir­miers exerçant aux blocs opéra­toires présen­té par le min­istère de la San­té : il ne cor­re­spond pas aux réal­ités de ter­rain et ne per­met pas de résoudre les dif­fi­cultés aux­quelles les étab­lisse­ments de san­té sont con­fron­tés aujourd’hui et aux­quelles ils devront répon­dre demain.

Le nou­veau dis­posi­tif tran­si­toire envis­agé place les étab­lisse­ments de san­té face à une alter­na­tive inten­able : choisir entre la fer­me­ture de blocs opéra­toires ou faire pra­ti­quer à des infir­miers des actes qu’ils n’ont pas le droit de faire. En effet, le pro­jet présen­té, s’il répond par­tielle­ment aux atten­dus du Con­seil d’État car il con­cerne la total­ité des actes exclusifs, ne con­cerne qu’un nom­bre très lim­ité de pro­fes­sion­nels tra­vail­lant au bloc opéra­toire aujourd’hui, en totale con­tra­dic­tion avec les deman­des de la Haute juri­dic­tion.

Aujourd’hui, le secteur de la san­té est frap­pé par une pénurie sans précé­dent de pro­fes­sion­nels sans aucune per­spec­tive d’amélioration. Dans l’attente de la for­ma­tion d’un nom­bre suff­isant d’IBODE (à ce jour, dans l’attente de l’augmentation de la capac­ité de for­ma­tion des écoles d’IBODE, ces dernières ne peu­vent for­mer que 710 IBODE par an, pour un besoin annuel éval­ué à 3 000), nous sommes dans une péri­ode inter­mé­di­aire au cours de laque­lle nos prati­ciens doivent pou­voir réalis­er leurs inter­ven­tions avec des pro­fes­sion­nels autorisés à le faire. Les propo­si­tions for­mulées par la FHP et les syn­di­cats médi­caux vont dans ce sens. Elles per­me­t­tent de sécuris­er les actes d’un nom­bre suff­isant d’infirmiers en assur­ant la con­ti­nu­ité de l’activité des blocs opéra­toires, tout en les accom­pa­g­nant vers l’obtention à terme du diplôme d’IBODE.

« Ce dossier des IBODE n’en finit pas mal­gré nos propo­si­tions ; c’est anx­iogène pour tout le monde. D’abord pour les chirurgiens dans les blocs opéra­toires mais aus­si pour les directeurs d’établissements et pour les infir­miers eux-mêmes. Il faut qu’un nom­bre suff­isant d’IBODE soit for­mé et en atten­dant, il est indis­pens­able que le nom­bre de pro­fes­sion­nels néces­saires soit autorisé à exercer en bloc opéra­toire. Après le retard de prise en charge des patients en rai­son du Covid, il serait dra­ma­tique que des blocs opéra­toires fer­ment juste en rai­son de textes régle­men­taires qui ignorent la réal­ité du ter­rain au préju­dice des patients ! »

 

Crise : amélior­er la dif­fu­sion d’information

La mis­sion « Créa-Diff » vient de pub­li­er 10 recom­man­da­tions et 53 mesures pour mieux for­mer et anticiper, dif­fuser et partager. Objec­tif : pré­par­er les 2,5 mil­lions de pro­fes­sion­nels de san­té aux futures crises.

« Nul ne peut se pré­par­er à l’urgence, mais cha­cun peut dévelop­per des réflex­es à la ges­tion de l’inconnu », indique la mis­sion « Créa-Diff ». « Cette crise installe dé­sor­mais la pop­u­la­tion dans la con­science de la réalité des futures urgences san­i­taires (les men­aces nucle­́aires, radi­ologiques, biologiques et chim­iques, dites NRBC) aux­quelles nous risquons d’être con­fron­tés. »

La mis­sion « Créa-Diff », nom­mée par le min­istre de la San­té Olivi­er Véran en mai 2021, a pour objec­tif d’organiser un plan de ges­tion — effi­cace et immé­di­at — face à une nou­velle urgence san­i­taire, par la dif­fu­sion d’informations et de mod­ules de for­ma­tion « Flash » des­tinés aux pro­fes­sion­nels de san­té.

La mis­sion a iden­ti­fié 3 écueils :
1. Mul­ti­plicité des canaux et des inter­venants (offi­ciels et non offi­ciels)
2. Inadap­ta­tion du mes­sage (tant au niveau du con­tenu que de la forme)
3. Manque de fia­bilité du mes­sage (dé­fi­ance des des­ti­nataires)

Elle pose 3 pri­or­ités :
1. Uni­fi­er -> dévelop­per une stratégie de com­mu­ni­ca­tion cohérente et pérenne
2. Clar­i­fi­er -> mod­erniser et sanc­tu­aris­er les dif­férents for­mats et con­tenus
3. Instau­r­er une rela­tion de con­fi­ance -> stratégie cir­cu­laire (top-down et bot­tom-up)

 

La san­té publique de demain

Le prési­dent du Haut con­seil de la san­té publique (HCSP), le Pr Franck Chau­vin, remet un rap­port pour combler en 10 ans le retard en espérance de vie en bonne san­té.

« Le sys­tème de san­té français se car­actérise par son déséquili­bre entre les moyens con­sacrés aux soins et ceux con­sacrés à la préven­tion et plus large­ment, à la pro­mo­tion de la san­té dans toutes les poli­tiques », pose le Pr Chau­vin.

Il pro­pose les axes de tra­vail suiv­ant :

  1. Dévelop­per une cul­ture de san­té publique en France
  2. Adapter le sys­tème de gou­ver­nance et de finance­ment de la san­té publique aux enjeux
  3.  Faire évoluer les struc­tures de san­té publique
  4.  Dot­er la France d’un sys­tème de san­té publique ter­ri­to­r­i­al adapté aux enjeux
  5. Pour­suiv­re l’investissement dans le numérique en san­té pour ren­forcer les con­nais­sances en san­té, la per­ti­nence des inter­ven­tions et garan­tir la con­fi­den­tialité des don­nées
  6. Ren­forcer la qual­i­fi­ca­tion des pro­fes­sion­nels de san­té publique
  7. Dévelop­per une recherche en san­té publique per­me­t­tant à la France de jouer un rôle de pre­mier plan en Europe et dans le monde
  8. Ren­forcer le sys­tème d’expertise en san­té publique et l’adapter aux sit­u­a­tions de crise
  9. Ren­forcer le sys­tème de veille et de sécu­rité san­i­taire et impli­quer la pop­u­la­tion
  10. Inscrire la san­té mon­di­ale comme un objec­tif du sys­tème de san­té publique française

Évène­ment indésir­able : renou­vel­er le dia­logue

Une propo­si­tion de loi déposée par la députée LREM Audrey Dufeu vise à rénover la médi­a­tion dont les modal­ités sont jugées insuff­isantes pour faire val­oir les droits des usagers.

Anesthésie obstétri­cale : 5 min pour une enquête ?

Une enquête est lancée par le CHU de Caen auprès de tous les anesthé­sistes des mater­nités de France pour mieux con­naître les dif­férents pro­to­coles d’anesthésie (anal­gésie ou anesthésie péridu­rale) pour les césari­ennes urgentes.

 

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