La Cour pose le débat du déficit de la Sécu

La Sécu­rité sociale fera face en 2022 à 13 mil­liards d’euros sup­plé­men­taires de dépens­es. En 35 pages, la Cour des comptes pro­pose d’a­gir sur 4 leviers : l’organisation des soins, la rémunéra­tion des acteurs, les caus­es évita­bles des dépens­es et l’e-san­té.

La Cour des comptes indique dans cette note inti­t­ulée « San­té : garan­tir l’accès à des soins de qual­ité et résor­ber le déficit de l’Assurance mal­adie » que  les accords du « Ségur de la san­té » signés en juil­let 2020 et les autres mesures qui les ont pro­longés vont con­duire la Sécu­rité sociale à sup­port­er en 2022 13 Md€ de dépens­es sup­plé­men­taires par rap­port à l’avant crise, soit 0,5 % du pro­duit intérieur brut, dont près de 10 Md€ de reval­ori­sa­tions salar­i­ales (7,7 Md€ pour les étab­lisse­ments de san­té et 2,2 Md€ pour le secteur médi­co-social).

Elle pro­pose de major­er « de moitié l’effort annuel d’économies (sus­pendu pour l’essentiel depuis 2020) par rap­port à son niveau antérieur de 3 à 4 Md€, qui pour­raient per­me­t­tre de ramen­er l’Assurance mal­adie à l’équilibre financier avant 2030, sans aug­menter les prélève­ments qui lui sont affec­tés, ni réduire le périmètre ou le niveau de ses rem­bourse­ments. »

La Cour pour­suit : « A con­trario, une réduc­tion du niveau de social­i­sa­tion du finance­ment de la san­té par l’Assurance mal­adie con­duirait à reporter des dépens­es vers les com­plé­men­taires san­té et les patients. Les assur­ances com­plé­men­taires relèveraient alors leurs tar­ifs, ce qui accentuerait leur car­ac­tère coû­teux et iné­gal­i­taire, tan­dis que l’accès aux soins de cer­tains patients serait moins bien assuré. Si cette voie d’évolution n’est pas pré­con­isée par la Cour, ni évo­quée aujourd’hui dans le débat pub­lic, elle pour­rait néan­moins s’imposer, tôt ou tard, à défaut d’une action plus déter­minée et con­tin­ue sur les dépens­es. »

Bilan inter­mé­di­aire du Ségur en chiffres

650 mil­lions d’euros sont noti­fiés, 2 000 maisons et 500 cen­tres de san­té sont implan­tés, 200 CPTS, 18 sites pilotes SAS, 2 300 places sup­plé­men­taires en IFSI et 3 600 en IFAS sont créés, 3 400 lits sup­plé­men­taires sont ouverts dans 279 étab­lisse­ments.

La col­lecte SAE 2021 com­mence le 3 févri­er 2022

Le matériel de col­lecte, code d’accès et date lim­ite per­son­nal­isée seront envoyés la 2e quin­zaine de jan­vi­er pour ren­seign­er le site qui ouvri­ra le 3 févri­er. Les étab­lisse­ments privés MCO devront répon­dre avant le 7 avril 2022.

Les pro­fes­sion­nels de san­té poly­ex­posés

Une étude menée par l’Anses, San­té Publique France et la Dares mon­tre que les salariés de la san­té sont par­ti­c­ulière­ment poly­ex­posés à des con­traintes pro­fes­sion­nelles rel­e­vant des 5 caté­gories iden­ti­fiées : chim­ique, biologique, physique, organ­i­sa­tion­nelle, rela­tion­nelle.

L’étude révèle que la qua­si-total­ité (97 %) des 25 mil­lions de salariés des secteurs pub­lic et privé sont poly­ex­posés, c’est-à-dire exposés à au moins deux con­traintes de même caté­gorie ou non, au cours de leur car­rière pro­fes­sion­nelle. Ces con­traintes pro­fes­sion­nelles peu­vent relever de 5 caté­gories :

  • chim­iques — sub­stances poten­tielle­ment dan­gereuses ;
  • biologiques — bac­téries, virus ou moi­sis­sures ;
  • physiques — nui­sances sonores, con­traintes pos­tu­rales ou ther­miques, expo­si­tion aux ray­on­nements ;
  • organ­i­sa­tion­nelles — horaires de tra­vail, manque de moyens matériels et/ou humains, inten­sité et rythme de tra­vail, faible autonomie, etc. ;
  • rela­tion­nelles — forte pres­sion, faible recon­nais­sance au tra­vail, hos­til­ité des col­lègues ou de la hiérar­chie, ten­sions, etc.

Les pro­fes­sion­nels de la san­té — infir­miers, sages-femmes, aides-soignants, pro­fes­sions paramédi­cales, médecins et assim­ilés — appa­rais­sent comme « une famille d’activité pro­fes­sion­nelle par­ti­c­ulière­ment con­cernée par la poly­ex­po­si­tion. Ils sont ain­si poten­tielle­ment exposés à des agents biologiques d’origine humaine, sou­vent asso­ciés à une expo­si­tion à des sub­stances chim­iques via les médica­ments notam­ment. Ils sont égale­ment con­cernés par des sit­u­a­tions de ten­sion, des con­traintes horaires comme le tra­vail de nuit, un rythme de tra­vail soutenu, un manque de moyens matériel et humain, aux­quels vien­nent s’ajouter des con­traintes physiques telles que les ray­on­nements ion­isants ou des pos­tures physiques dif­fi­ciles. »

Vio­lences con­ju­gales : accueil­lir les vic­times

Une cir­cu­laire ren­force la prise en charge au sein des étab­lisse­ments de san­té des vic­times majeures de toutes formes de vio­lence (psy­chologique et/ou physique), com­mis­es dans un cadre con­ju­gal ou intrafa­mil­ial et/ou de toute infrac­tion de nature sex­uelle.

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