Daniel Caille, PDG de Vivalto Santé

Qu’est-ce que sig­ni­fie une gou­ver­nance partagée avec vos médecins au sein de Vival­to San­té ?

Nos médecins sont l’histoire de Vival­to San­té, créé avec eux et pour eux. Ils sont les acteurs essen­tiels de notre activ­ité et de la qual­ité des soins.

Rap­pelons que notre secteur est né de l’enthousiasme de médecins entre­pre­neurs libéraux qui ont investi beau­coup d’énergie. Nous sommes leurs héri­tiers.

J’ai porté très tôt cette con­vic­tion et je n’ai eu de cesse avec mon équipe de définir et de porter des valeurs en ce sens, notam­ment avec la 3e voie qui organ­ise une gou­ver­nance partagée avec les médecins et leur per­met de devenir action­naires du groupe. Chez Vival­to San­té, nous les avons inscrites dans le mar­bre, pour les struc­tur­er, leur don­ner de la force, pour qu’elles soient durables et fédèrent les éner­gies.

J’observe aujourd’hui que ce qui nous rassem­ble est beau­coup plus fort que ce qui nous irrite ou nous oppose. 700 médecins sont action­naires du groupe, ils seront bien­tôt 1 000. Ils ont investi plus de 100 mil­lions d’euros, se sont endet­tés pour cela. Ils siè­gent à égal­ité au con­seil d’administration avec les investis­seurs et par­ticipent à toutes les déci­sions stratégiques.

En ter­mes de gou­ver­nance, ils s’expriment au sein du comité de direc­tion médi­cale, une instance qui leur est pro­pre où nous débat­tons des solu­tions à trou­ver à chaque prob­lé­ma­tique et des investisse­ments néces­saires. Et c’est au fond cela le moteur : se par­ler pour partager les prob­lèmes et trou­ver les solu­tions ensem­ble.

Pourquoi être devenu « entre­prise à mis­sion » ?

Notre mis­sion est par nature une mis­sion de soins

Pour rem­plir cette mis­sion, la réus­site économique est une con­di­tion néces­saire mais elle n’est pas suff­isante. C’est sa dimen­sion humaine, sociale et ses con­séquences envi­ron­nemen­tales qui le sont et il est absol­u­ment néces­saire de savoir fédér­er et struc­tur­er les éner­gies de tous pour bien y arriv­er. D’abord autour d’une déf­i­ni­tion pré­cise de notre rai­son d’être. Ceci, dès le départ, a soulevé un réel ent­hou­si­asme chez tous nos admin­is­tra­teurs, nos action­naires et nos col­lab­o­ra­teurs.

Que dit cette Rai­son d’Être ? Tout d’abord que nous sommes au ser­vice de tous ! Ensuite que nous soignons et accom­pa­gnons nos patients tout au long de leur par­cours de soin et de leur vie. Nous nous inscrivons ain­si dans une rela­tion de con­ti­nu­ité et de con­fi­ance avec nos patients.

Dans le cadre de notre statut d’entreprise à mis­sion, nous avons pris 6 grands engage­ments pour cou­vrir la total­ité des dimen­sions de l’entreprise : une gou­ver­nance partagée, la prise en charge glob­ale de nos patients à la maille du ter­ri­toire (nous sommes une organ­i­sa­tion privée struc­turée en GHT privés), la qual­ité de vie au tra­vail, la péren­nité de l’entreprise, l’empreinte envi­ron­nemen­tale, et l’innovation pour nos patients, médecins et col­lab­o­ra­teurs. Ces 6 engage­ments sont déclinés en 24 objec­tifs portés par 24 binômes cadre-médecin ou cadre-salarié en lien direct avec les action­naires sans pass­er par la fil­ière hiérar­chique con­traig­nante.

Ce dis­posi­tif fédère les éner­gies et nous en aurons besoin pour réalis­er les objec­tifs que nous nous sommes autodéter­minés après une con­cer­ta­tion qui a dû pren­dre mille heures d’échanges… Nous sommes actuelle­ment en phase de déploiement des plans d’action.

Vous inscrivez le « pren­dre soin » de vos per­son­nels comme une pri­or­ité. Com­ment ?

Nous prenons soin de nos patients mais il faut pren­dre soin de notre per­son­nel. C’est un défi. Per­son­nelle­ment, je leur dois tout, les cadres de soin ont fait ma car­rière. J’ai passé des nuits à tra­vailler sur l’amélioration de l’organisation. Aujourd’hui, la pénurie de per­son­nel ren­verse totale­ment la sit­u­a­tion. Nous ne les choi­sis­sons plus, ce sont elles et eux qui nous choi­sis­sent.

Cela sig­ni­fie qu’il faut les écouter, redéfinir leurs con­di­tions de tra­vail, veiller à la coor­di­na­tion avec les médecins… Pour cela, il faut créer des univers de dia­logue et créer des univers de for­ma­tion et d’évolution de car­rière. C’est un sujet à part entière, c’est ce qu’on appelle la mar­que employeur.

Nous sommes tous d’accord, j’en suis sûr, pour admet­tre que dans ce domaine aus­si notre poten­tiel d’innovation est gigan­tesque, avec de nou­velles fil­ières et de nou­veaux out­ils à créer. Notre suc­cès est comme l’horizon, il est tou­jours plus loin. Allons‑y ensem­ble.