Stéphane Pardoux, directeur général de l’ANAP

Les exi­gences envers le sys­tème de san­té ne cessent d’augmenter en rai­son des enjeux socié­taux qui y sont liés, com­ment l’ANAP* peut-elle aider les étab­lisse­ments de san­té à y répon­dre ?

La notion de per­for­mance du sys­tème de san­té a gag­né en impor­tance du fait de la crise san­i­taire, auprès des décideurs et col­lec­tiv­ités, des pro­fes­sion­nels de san­té, mais aus­si de l’ensem­ble des citoyens. La pandémie nous amène donc à repenser et élargir les enjeux de per­for­mance afin d’en offrir une approche plus glob­ale, dans laque­lle la per­for­mance économique n’est qu’un point d’entrée par­mi l’ensemble des leviers de per­for­mance, voire la con­séquence d’une per­for­mance glob­ale.

L’ANAP a pour voca­tion de se con­sacr­er à un grand nom­bre de sujets spé­ci­fiques et trans­ver­saux qui per­me­t­tent aux étab­lisse­ments de san­té d’atteindre des objec­tifs de per­for­mance ambitieux. Dans l’idée de per­for­mance glob­ale, on retrou­ve celle de per­for­mance interne aux étab­lisse­ments de san­té, domaine dans lequel l’ANAP est déjà très bien posi­tion­née, avec un très grand nom­bre d’actions menées ces 11 dernières années (cat­a­logue). L’ANAP souhaite égale­ment embar­quer les étab­lisse­ments sur des sujets plus génériques et par­fois sen­si­bles de l’organisation du sys­tème de san­té : la coor­di­na­tion des par­cours de soins ; l’organisation ter­ri­to­ri­ale de la san­té ; les cen­tres de san­té ; le virage domi­cil­i­aire… S’ajoute bien enten­du le volet RSE avec des étab­lisse­ments de san­té qui doivent désor­mais ampli­fi­er leurs actions pour jouer un effet d’entraînement au niveau local.

Con­crète­ment, com­ment l’in­ter­ac­tion entre l’ANAP et les étab­lisse­ments de san­té s’or­gan­ise-t-elle ?

L’ANAP est un out­il extra­or­di­naire lancé par les hos­pi­tal­iers pour les hos­pi­tal­iers. C’est un lieu où les étab­lisse­ments san­i­taires privés, publics et Espic se retrou­vent, parta­gent leurs préoc­cu­pa­tions, deman­dent à être accom­pa­g­nés indi­vidu­elle­ment ou col­lec­tive­ment sur des pro­jets nationaux, régionaux… L’aide de l’ANAP est gra­tu­ite. 100 col­lab­o­ra­teurs et des experts externes mem­bres du réseau sont disponibles. Tout étab­lisse­ment peut nous sol­liciter, y com­pris les fédéra­tions.

Les ressources mis­es à dis­po­si­tion sont mul­ti­ples : site inter­net, cat­a­logue de pub­li­ca­tions et d’outils, référen­tiel de bonnes pra­tiques, accom­pa­g­ne­ment direct ou col­lec­tif… Nous organ­isons égale­ment des inter­ven­tions virtuelles, des webi­naires. À l’aide de nos moyens d’actions, n’importe quelle struc­ture doit pou­voir entr­er dans la démarche.

Vous avez pris vos fonc­tions en juil­let 2021, quelles nou­velles ori­en­ta­tions souhaitez-vous don­ner à l’ANAP ?

Une organ­i­sa­tion telle que l’ANAP doit être tournée vers l’avenir. Le monde hos­pi­tal­ier change vite et les prob­lé­ma­tiques évolu­ent rapi­de­ment. Afin d’être encore plus proches du ter­rain, nous allons ren­forcer nos équipes tech­niques et recruter des experts issus des ressources humaines, de la finance, de la psy­chi­a­trie, de la ges­tion des data, de l’intelligence arti­fi­cielle… Ils nous per­me­t­tront de ne pas pass­er à côté des par­tic­u­lar­ités de ter­rain et surtout de rester con­nec­tés avec les grands enjeux actuels aux­quels les équipes hos­pi­tal­ières font face. Des pro­fes­sion­nels issus du secteur privé ont naturelle­ment leur place dans nos équipes. C’est une propo­si­tion con­crète !

D’autre part, je souhaite que l’ANAP se repo­si­tionne sur des sujets sur lesquels les hôpi­taux ne sont peut-être pas encore matures : la robo­t­i­sa­tion, l’IA, l’automatisation, qui est beau­coup plus dévelop­pée dans le secteur indus­triel. Il y a cer­taine­ment des gains de per­for­mance en organ­i­sa­tion et flu­id­ité de par­cours à obtenir.

Je souhaite par ailleurs pro­pos­er une com­mu­ni­ca­tion plus dynamique, avec des pro­duc­tions sim­pli­fiées, plus cour­tes et opéra­tionnelles. Le lecteur doit avoir, en lec­ture rapi­de, une com­préhen­sion immé­di­ate du sujet et des boîtes à out­ils pour agir.

Les prochaines grandes ori­en­ta­tions de l’ANAP seront définies dans le con­trat d’objectifs et de per­for­mance (COP) 2022–2024, en cours d’élaboration, en con­cer­ta­tion avec l’État mais aus­si les fédéra­tions hos­pi­tal­ières. Un rap­port IGAS sur les futures ori­en­ta­tions de l’ANAP va sor­tir dans quelques semaines. Nous atten­dons des propo­si­tions de sujets pri­or­i­taires de la part des acteurs de ter­rain et en pre­mier lieu de la FHP qui, je le sais, est impliquée depuis très longtemps sur les sujets de per­for­mance. Pour avoir tra­vail­lé dans le secteur privé, je sais que la notion de per­for­mance y est impor­tante. Le secteur privé a beau­coup à apporter dans ce domaine à l’ensemble du sys­tème de san­té. La crise san­i­taire l’a prou­vé, les étab­lisse­ments hos­pi­tal­iers sont très effi­caces quand ils tra­vail­lent ensem­ble, dans une logique de « fer­til­i­sa­tion croisée ». J’appelle donc les struc­tures privées à sol­liciter plus large­ment l’ANAP, à la fois en appui sur des sujets spé­ci­fiques, mais aus­si pour relay­er des ini­tia­tives jugées per­for­mantes et qui seraient à val­oris­er.

L’ANAP est plus que jamais à votre ser­vice pour une per­for­mance, partout sur le ter­ri­toire.

Invi­ta­tion à l’Université d’été de l’ANAP, 23–24 sep­tem­bre 2021, Dijon
https://www.universite-anap.fr/

* Agence nationale d’appui à la per­for­mance des étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux (ANAP)