Stéphanie Leres-Sablon, déléguée régionale de la FHP Guadeloupe

Quels sont les dossiers sur lesquels la FHP Guade­loupe tra­vaille actuelle­ment ?

Notre nœud gorgien est le Ségur investisse­ment. 98,8 mil­lions d’euros sont alloués sur 10 ans aux étab­lisse­ments de Guade­loupe. Olivi­er Ver­an a demandé à la DGARS la remise en sep­tem­bre de son sché­ma directeur région­al d’investissements. Nous serons alors davan­tage fixés sur l’utilisation de cette enveloppe.

1 mil­lion d’euros est par ailleurs mis à dis­po­si­tion de pro­jets inno­vants con­cer­nant la san­té men­tale car les réper­cus­sions de la Covid en san­té men­tale sont très impor­tantes.

L’expérience du Ségur « petit investisse­ment » nous con­duit à être très pru­dents. Sur les 4 mil­lions d’euros alors déblo­qués, le secteur pub­lic, hormis le CHU retiré d’office, a perçu 53 % de la somme et 47 % ont été répar­tis de façon très aléa­toire aux étab­lisse­ments privés deman­deurs : deux clin­iques ont reçu 100 % de leurs deman­des, quelques-unes 50 % et une a perçu 1 %.

La réforme des autori­sa­tions nous occupe égale­ment forte­ment, en par­ti­c­uli­er celle des équipements lourds. Demande, recours…, par exem­ple le CMS qui avait reçu un avis favor­able n’a pas obtenu le scan­ner atten­du, pour­tant néces­saire.

Nous tra­vail­lons égale­ment sur la for­ma­tion d’aides-soignants, d’infirmiers et de cadres de soin dans le cadre de notre parte­nar­i­at avec l’organisme de for­ma­tion For­mAvenir.

Quel est le dernier dossier que vous avez pu faire aboutir ?

Celui relatif aux trans­ports inter-étab­lisse­ments de l’article 80, même s’il avait mal démar­ré. En effet, à notre ini­tia­tive, nous avions demandé une plate­forme où devaient siéger les secteurs pub­lic et privé, la caisse et l’ARS pour éla­bor­er un tra­vail en com­mun mais le pub­lic n’était pas prêt. À titre excep­tion­nel, la tutelle a accep­té que le privé tra­vaille seul. Ce que nous avons fait.

Pen­dant 2 ans, nous avons béné­fi­cié d’un appui de la caisse qui a accep­té de pay­er les trans­ports « arti­cle 80 » sans procéder à des deman­des d’indus aux étab­lisse­ments de san­té et aux trans­porteurs san­i­taires. Les taxis con­ven­tion­nés et les trans­ports san­i­taires ont créé Car­ius Antilles, une plate­forme de coor­di­na­tion via un groupe­ment momen­tané d’entreprises (GME), à laque­lle 100 % des étab­lisse­ments privés de Guade­loupe ont adhéré. Nous sommes donc tous à l’unisson sur l’article 80 grâce à un long tra­vail didac­tique…

Où en est l’épidémie aujourd’hui en Guade­loupe ?

Notre grande dif­fi­culté est notre faible taux de vac­ci­na­tion qui s’élève actuelle­ment à seule­ment 26 %. Cette faible adhé­sion s’explique de mul­ti­ples manières et le décès de per­son­nes vac­cinées avec trois dos­es et l’hospitalisation en réan­i­ma­tion d’une per­son­nal­ité de la san­té vac­cinée de même, par­ticipent aus­si cette grande pru­dence.

Le secteur privé ne dis­pose pas d’autorisation de ser­vice de réan­i­ma­tion, en revanche, nous offrons l’aval du par­cours en ser­vice de médecine et de SSR, activ­ité pour laque­lle la part de marché du secteur privé s’élève à 75 %. Notre parte­nar­i­at est donc indis­pens­able.

L’épidémie pro­gresse dif­férem­ment chez nous. Il y a 15 jours, se tenait la pre­mière réu­nion avec le CHU, la Poly­clin­ique de Guade­loupe et la Clin­ique les Eaux Claires, les prin­ci­paux étab­lisse­ments privés MCO, pour organ­is­er l’arrivée d’une qua­trième vague.

D’une manière générale, et indépen­dam­ment de l’épidémie, nous regret­tons ne pas avoir de vraies rela­tions avec le secteur pub­lic que nous avons sol­lic­ité à maintes repris­es et duquel nous n’avons jamais reçu aucune réponse.