Démar­rée en 2018, cette réforme struc­turelle rebat les cartes des 18 activ­ités de soins. Après 120 réu­nions puis une pause due à l’épidémie, les travaux redé­mar­rent à la lumière des retex Covid. Cer­tains travaux s’apparentent à des guer­res de tranchée et nous y batail­lons, admin­is­tra­teurs, directeurs d’établissements, médecins libéraux et per­ma­nents de la FHP-MCO. Chaînée avec plusieurs autres autori­sa­tions, celle des soins cri­tiques et des unités de sur­veil­lance con­tin­ue présente un enjeu cen­tral.

Nos posi­tions sont claires et inchangées. Tout d’abord, le rap­proche­ment envis­agé entre ser­vice de réan­i­ma­tion et USC au sein d’un même étab­lisse­ment de san­té ne doit en aucun cas remet­tre en cause les USC « autonomes », dès lors que l’établissement démon­tre une sou­p­lesse d’organisation et d’adaptation, y com­pris en cas de crise san­i­taire. Ces « USC autonomes » mail­lent le ter­ri­toire et per­me­t­tent une offre de soins en can­cérolo­gie, chirurgie, médecine ou encore en radi­olo­gie inter­ven­tion­nelle. 46 % d’entre elles se situent dans des étab­lisse­ments de san­té sans réan­i­ma­tion. Les men­ac­er sig­ni­fie frag­ilis­er dan­gereuse­ment l’accessibilité aux soins.

Ensuite, ces USC ont trou­vé jusqu’à présent et trou­vent tou­jours leur par­faite util­ité en amont ou en aval de la fil­ière des soins cri­tiques à laque­lle elles sont sou­vent inté­grées. Vouloir les écarter au pré­texte que la con­ti­nu­ité médi­cale repose sur des astreintes médi­cales et non sur la présence d’un réan­i­ma­teur ne s’appuie sur aucun indi­ca­teur de san­té publique. D’une manière générale, nous récla­m­ons la réal­i­sa­tion d’études d’impacts générés par de nou­velles con­di­tions tech­niques de fonc­tion­nement et d’implantation.

Out­re la défense d’une approche prag­ma­tique, de sim­pli­fi­ca­tion et d’équité entre les acteurs, nous deman­dons de sub­or­don­ner tout pro­jet nor­matif à une mesure d’indicateurs de qual­ité et de prise en charge. Car, si des normes sont néces­saires pour garan­tir une qual­ité et sécu­rité égales à la pop­u­la­tion, exces­sives ou injus­ti­fiées, elles priveraient ces mêmes patients d’innovation !

Un pro­gramme de tra­vail ambitieux est fixé par le min­istère de la San­té pour pub­li­er l’ensemble des textes au plus tard en avril 2022. Une fin des travaux qui engagera la prise en compte de cette nou­velle régle­men­ta­tion pour les PRS 2023–2028.

Frédérique Gama
Prési­dente de la FHP-MCO