Bruno Masson, président de la région FHP Auvergne-Rhône-Alpes (AURA)

Vous avez été élu le 19 mai 2021 à la prési­dence de la FHP AURA, quels sont vos objec­tifs sur le long terme ?

Cette man­da­ture démarre à un moment par­ti­c­uli­er, où la crise Covid a révélé et ren­for­cé le rôle du secteur de l’hospitalisation privée au niveau nation­al et dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes. Un vrai mécan­isme de coopéra­tion entre étab­lisse­ments de san­té de tous statuts s’est naturelle­ment mis en place pen­dant la crise Covid pour répon­dre à l’urgence san­i­taire, avec pour résul­tat une vision ter­ri­to­ri­ale de la san­té élargie, partagée par l’ensemble des acteurs de l’offre de soins. Cette sit­u­a­tion représente une oppor­tu­nité impor­tante pour notre secteur. Je pense que cette con­nais­sance plus large des acteurs, quelle que soit leur appar­te­nance, per­me­t­tra d’avancer dans le bon sens et de con­solid­er l’offre privée de san­té, notam­ment au tra­vers de coopéra­tions, favor­ables pour le développe­ment des ter­ri­toires. Glob­ale­ment, nous allons con­tin­uer le tra­vail mené depuis plusieurs années par Frédérique Gama et les mem­bres du con­seil d’administration.

Quels sont les grands dossiers de la FHP AURA ?

Nos pro­jets s’inscrivent dans une démarche glob­ale, notam­ment par rap­port au cal­en­dri­er nation­al. Par­mi les pri­or­ités, je note celle du développe­ment de la for­ma­tion ini­tiale et con­tin­ue des pro­fes­sions para-médi­cales, notam­ment du per­son­nel infir­mi­er, en ser­vices de soins et dans le secteur du bloc opéra­toire. Aujourd’hui, cette ques­tion représente un défi majeur étant don­né le déséquili­bre très fort que nous ren­con­trons entre l’offre et la demande, exac­er­bé par la crise. Pour pré­par­er l’avenir, nous devons être force de propo­si­tions, en coopéra­tion avec les IFSI, au niveau des capac­ités de for­ma­tions ini­tiales, la trans­mis­sion des con­nais­sances, l’accompagnement… Un autre enjeu est bien enten­du la révi­sion du décret IBODE, qui va nous occu­per ces prochains mois.

Un autre dossier impor­tant est la suite du Ségur de la san­té. Nous avons passé la pre­mière étape avec la reval­ori­sa­tion des rémunéra­tions des salariés des étab­lisse­ments de san­té et lors du 2e volet salar­i­al prévu pour 2022, nous devrons veiller à ce que l’équilibre et l’équité de ces finance­ments soient respec­tés lorsqu’ils seront accordés. Con­cer­nant le volet « investisse­ment » du Ségur avec un plan nation­al et un volet région­al, il sera impor­tant que le secteur privé y prenne toute sa place et que les finance­ments nous soient alloués sur les opéra­tions de développe­ment et de coopéra­tion. Sur la ques­tion du numérique et le pro­gramme Hop’en, il va fal­loir égale­ment être vig­i­lant pour que les étab­lisse­ments privés en région puis­sent émarg­er aux accom­pa­g­ne­ments éventuelle­ment tech­niques et financiers qui seront mis en place.

Puis nous avons la réforme des autori­sa­tions, notam­ment des soins cri­tiques, de can­cérolo­gie et de chirurgie, qui ont repris au min­istère. Nous allons men­er une étude d’impact en région, afin de s’assurer que des points d’équilibre soient trou­vés, qui per­me­t­tront aux étab­lisse­ments de con­tin­uer à avancer et rem­plir leur mis­sion ter­ri­to­ri­ale. Nous ver­rons dans quelle mesure la crise aura eu un impact posi­tif sur le sujet des autori­sa­tions pour notre secteur, notam­ment au niveau des pro­jets en cours et de la recon­nais­sance de la place du secteur privé.

Nous comp­tons men­er ces dossiers de front de manière col­lec­tive au niveau du con­seil d’administration de la FHP AURA, avec la FHP nationale, les min­istères et en région avec l’ARS. Nous pou­vons par ailleurs not­er l’excellent dia­logue avec l’ARS. Le secteur privé doit pren­dre toute sa place dans les débats et rester un inter­locu­teur recon­nu du min­istère de la San­té, pour porter les deman­des relayées par l’ensemble des acteurs, qui cor­re­spon­dent in fine aux besoins en san­té de la pop­u­la­tion. La crise a révélé le rôle émi­nent du privé dans la ges­tion de crise. C’est un élé­ment majeur qui doit peser sur l’ensemble des chantiers qui vont être menés au niveau nation­al et région­al.

Quelle est la sit­u­a­tion actuelle en région AURA con­cer­nant l’activité ?

Les restric­tions sont lev­ées au fur et à mesure. L’organisation capac­i­taire d’avant crise se remet en place à nou­veau sur le ter­ri­toire, avec cepen­dant des con­traintes fortes d’effectifs pour rem­plac­er les équipes de soins en cas de départs ou de départs à la retraite. Le marché du rem­place­ment avec des CDD pour assur­er le fonc­tion­nement est large­ment tari, ce qui rend très dif­fi­cile l’organisation à court terme et le recrute­ment de per­son­nel de soins en con­trats courts et longs. La crise aura trans­for­mé la vision de la pop­u­la­tion et aura eu un impact fort sur le marché du tra­vail. Il y a un enjeu énorme sur les besoins de for­ma­tion et d’ouverture au marché du tra­vail des soignants dans les prochains mois et années. L’objectif est de pou­voir main­tenir l’offre de soins à son niveau d’avant crise. La crise a sub­limé ce prob­lème de manière néga­tive.

LA FHP AURA en chiffres

  • 103 étab­lisse­ments
  • 10 % de l’offre de soins nationale
  • 800 000 séjours (hors urgences)
  • 11 800 lits et plus de 30 % de l’offre de soins en région tous secteurs con­fon­dus
  • 50 % des séjours chirur­gi­caux en hos­pi­tal­i­sa­tion com­plète
  • 2/3 des séjours chirur­gi­caux en ambu­la­toire
  • 1/3 des traite­ments de la mal­adie rénale chronique
  • 25 % de la psy­chi­a­trie
  • 20 % de l’offre en soins de suite et de réadap­ta­tion
  • 15 % des séjours de médecine
  • 20 % des nais­sances
  • 23 % des séjours en soins cri­tiques
  • 20 % des chimio­thérapies