Pascal Delubac, président de la FHP Occitanie, directeur de territoire Elsan Aude et PO, groupe Elsan

Quels sont les points d’attention à sur­veiller con­cer­nant la mise en place des SAS ?

Le pro­jet SAS fait suite au pacte de Refon­da­tion des urgences, mesure 26 du Ségur de la san­té. La créa­tion d’une plate­forme télé­phonique de régu­la­tion médi­cale est très intéres­sante pour la pop­u­la­tion : une per­son­ne en détresse est ori­en­tée soit vers une con­sul­ta­tion pro­gram­mée de médecine de ville, soit vers la régu­la­tion pour une prise en charge en urgence. La lec­ture cet été de l’instruction m’a toute­fois inquiété, car la plate­forme de régu­la­tion médi­cale s’appuiera sur les cen­tres de régu­la­tion de l’urgence hos­pi­tal­ière – SAMU – donc publique, et sur la médecine de ville via les CPTS qui ne sont qu’un élé­ment très par­tiel de la médecine libérale, sans men­tion­ner ni l’hospitalisation privée et ses 123 ser­vices d’urgence ou ses cen­tres de con­sul­ta­tions non pro­gram­mées, ni la médecine libérale en tant que telle via les URPS. L’hospitalisation privée MCO n’est pas asso­ciée, pour le moins dans l’instruction, mais pas davan­tage le secteur des SSR ni celui de la psy­chi­a­trie, ou encore celui de l’imagerie médi­cale. Une seule par­tie de l’offre de soins est inté­grée dans les répons­es à apporter aux besoins.

Pourquoi avoir créé un groupe de tra­vail nation­al ?

Fort de notre expéri­men­ta­tion du dis­posi­tif en Occ­i­tanie, j’ai pro­posé à la FHP-MCO la créa­tion d’un groupe nation­al afin de tra­vailler avec des représen­tants des 21 autres régions expéri­men­ta­tri­ces qui ont avancé très diverse­ment. La pre­mière chose que nous avons con­statée est la diver­sité des pra­tiques des ARS qui vont de l’exclusion totale de l’hospitalisation privée, à une inté­gra­tion très mar­ginale, ou à une asso­ci­a­tion comme c’est le cas en Occ­i­tanie. Amput­er l’offre de soins, d’une par­tie extrême­ment impor­tante qu’est l’hospitalisation privée d’une part, et de ses répons­es spé­cial­isées en ter­mes de SSR ou psy­chi­a­trie d’autre part, est un non sens. La ges­tion de l’épidémie de la Covid l’a par­faite­ment démon­tré. Nous allons face à un grave prob­lème d’organisation des par­cours de soin en France s’ils ne devaient repos­er que sur une jambe.

Quelles sont vos recom­man­da­tions ?

Si les futures plate­formes ori­en­tent les patients vers l’hospitalisation publique et les CPTS, le sys­tème va vite tourn­er dans le vide. Pour l’heure, nous ne faisons qu’expérimenter, mais l’exclusion plus ou moins man­i­festée selon les régions de cer­tains acteurs va créer beau­coup de dés­in­térêt de leur part. En Occ­i­tanie, nous sommes immé­di­ate­ment mon­tés au créneau aux côtés de l’URPS pour être asso­ciés dès le départ. Le groupe nation­al va saisir les ARS pour veiller à notre inté­gra­tion en ter­mes de partage d’informations, et d’association au pro­jet.