Can­cer : for­fait pour un par­cours de soins glob­al

Le décret relatif au par­cours glob­al après le traite­ment d’un can­cer est pub­lié. Il autorise la pre­scrip­tion d’un par­cours indi­vid­u­al­isé : pro­jet d’activité physique adap­tée, bilan diété­tique, psy­chologique et con­sul­ta­tions de suivi.

Pour ce faire, des con­ven­tions sont con­clues entre le DGARS et les struc­tures qui sont volon­taires pour par­ticiper à ce dis­posi­tif et sont en mesure d’organiser l’ensemble des presta­tions prévues, d’assurer le recueil des don­nées néces­saires à l’évaluation qual­i­ta­tive et quan­ti­ta­tive du dis­posi­tif et leur trans­mis­sion à l’ARS, et de rémunér­er l’équipe pluridis­ci­plinaire réal­isant les presta­tions.

Un arrêté des min­istres chargés de la San­té et de la Sécu­rité sociale pré­cise le mon­tant max­i­mal glob­al par patient et par an ver­sé par l’ARS aux struc­tures pour la mise en œuvre du par­cours, le tarif max­i­mal spé­ci­fique des bilans et des con­sul­ta­tions délivrées par les pro­fes­sion­nels et rémunérés par les struc­tures, ain­si que la liste des indi­ca­teurs qui font l’objet, annuelle­ment, d’une trans­mis­sion d’informations à l’agence.

Arti­cle 51 : 528 pro­jets éli­gi­bles

Depuis 2018, 810 pro­jets ont été pro­posés, dont 528 ini­tia­tives éli­gi­bles. 71 pro­jets ont été autorisés mal­gré l’impact de la crise san­i­taire. 25 expéri­men­ta­tions ont démar­ré au 1er novem­bre 2020. 6 nou­veaux types de mod­èles de paiement sont testés.

Selon le Rap­port au Par­lement sur les expéri­men­ta­tions inno­vantes en san­té, l’engouement pour l’aventure expéri­men­tale se pour­suit et sort ren­for­cé de la crise Covid :

  • 14 expéri­men­ta­tions mobilisent la télésan­té,
  • plus de 200 000 patients con­cernés (hors AMI),
  • 3 pro­jets autorisés sur 5 con­cer­nent une seule région,
  • 342 mil­lions d’euros de dépens­es autorisés sur les 5 ans sur le FISS,
  • les ¾ des expéri­men­ta­tions con­cer­nent des pris­es en charge réal­isées en ville.

Les expéri­men­ta­tions autorisées relèvent des pri­or­ités gou­verne­men­tales, notam­ment la prise en charge de l’obésité, la feuille de route san­té men­tale et psy­chi­a­trie, les mal­adies neu­ro-car­dio-vas­cu­laires, l’éradication du VHC, la stratégie nationale pour l’autisme au sein des trou­bles du neu­ro-développe­ment, les 1 000 pre­miers jours de l’enfant ou la stratégie glob­ale pour prévenir la perte d’autonomie.

Les por­teurs des pro­jets autorisés reflè­tent la diver­sité des par­ties prenantes du sys­tème de san­té : étab­lisse­ments de san­té (31 %), mais égale­ment groupe­ments d’ac­teurs (21 %), acteurs de ville (10 %), étab­lisse­ments médi­co- soci­aux, indus­triels… mais aus­si les pou­voirs publics.

Un grand nom­bre de pro­fes­sion­nels inter­vi­en­nent dans les par­cours des pro­jets Arti­cle 51. Les pro­fes­sion­nels les plus présents dans les expéri­men­ta­tions arti­cle 51 sont les infir­mières, les psy­cho­logues, les médecins général­istes et spé­cial­istes.

Les pro­jets Arti­cle 51 sont aus­si l’occasion de tester des pris­es en charge aujourd’hui non rem­boursées dans le droit com­mun (par exem­ple sou­tien psy­chologique, séances de diété­tiques, d’activité physique adaptée ou encore con­seils en envi­ron­nement).

La majorité des pro­jets se dé­ploie sur le secteur de la ville ou agit sur la coor­di­na­tion ville-hôpi­tal.

Deux tiers des expéri­men­ta­tions ont un champ d’application ré­gion­al. Elles ont été sélec­tion­nées par les ARS et se dé­ploient sur une seule ré­gion.

Les expéri­men­ta­tions cou­vrent la qua­si-total­ité des ré­gions français­es. Le pal­marès des ré­gions (pro­jets ré­gionaux, nationaux et AMI) : Île-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes, Occ­i­tanie, Pays de la Loire.

Les pro­duits de san­té ont une place mod­este au sein des pro­jets 51 puisque 1 pro­jet sur 9 con­tient un pro­duit de san­té. Leur place est un peu plus impor­tante au sein des pro­jets autorisés, avec presque 1 pro­jet sur 5 con­tenant un pro­duit de san­té. C’est vraisem­blable­ment lié au fait que le cœur de l’expérimentation doit porter sur la mise en place d’une organ­i­sa­tion inno­vante et non être cen­tré sur un pro­duit de san­té dont les voies d’accès au marché sont dé­jà très délim­itées.

La crise de la Covid-19 a révélé l’importance du secteur de la e‑santé et notam­ment des out­ils numériques dans le suivi, la sur­veil­lance et la con­ti­nu­ité de la prise en charge des patients. Plusieurs pro­jets dé­posés pro­posent un recours aux out­ils numériques pou­vant con­tribuer à des pris­es en charge inno­vantes béné­fi­ciant tant aux pro­fes­sion­nels de san­té qu’aux patients.

Les appels à man­i­fes­ta­tions d’intérêt (AMI) lancés en 2018 ont don­né lieu à 3 grands types d’expérimentations de mod­èles de finance­ment : PEPS, IPEP et EDS.

Paiement en équipe de pro­fes­sion­nels de san­té en ville / PEPS

L’expérimentation PEPS vise à la mise en œuvre d’un paiement col­lec­tif for­faitaire, sub­sti­tu­tif à l’acte, pour une équipe de pro­fes­sion­nels de san­té pluripro­fes­sion­nelle en charge du suivi en ville de cer­tains patients au prof­it de l’amélioration de la qualité et l’accès aux soins ain­si que de l’optimisation de la prise en charge des patients.

Qui par­ticipe à l’expérimentation ?

22 équipes d’expérimentateurs, agis­sant en cen­tre de san­té ou mai­son de san­té. Les équipes sont pluri-pro­fes­sion­nelles c’est-à-dire con­stituées d’au moins 5 pro­fes­sion­nels de san­té, avec au min­i­mum 3 médecins général­istes et 1 infirmièr(e).

Inci­ta­tion à une prise en charge partagée / IPEP

L’expérimentation IPEP vise à tester un nou­veau mod­èle de finance­ment col­lec­tif inci­tatif (bonus inci­tatif col­lec­tif IPEP) à la mise en place d’organisation d’acteurs en san­té sur un ter­ri­toire (actions coor­don­nées entre pro­fes­sion­nels de san­té).

Qui par­ticipe à l’expérimentation ?

29 groupe­ments engagés col­lec­tive­ment autour d’un principe de respon­s­abilité pop­u­la­tion­nelle. L’expérimentation peut inclure tout groupe­ment d’acteurs en san­té, pou­vant pren­dre dif­férentes formes juridiques.

EDS en un clin d’œil

3 épisodes de soins con­cernés par l’expérimentation : colec­tomie pour can­cer pro­gram­mée, prothèse totale de hanche pro­gram­mée, prothèse totale de genou.

Qui par­ticipe à l’expérimentation ?
46 étab­lisse­ments por­teurs de 11 ré­gions : chirurgie orthopédique : 31 pro­jets ; colec­tomie pour can­cer : 26 pro­jets.

Un obser­va­toire économique rénové

Le Comité économique de l’hos­pi­tal­i­sa­tion publique et privée rem­place l’Observatoire du même nom. Il suit les dépens­es liées aux frais d’hos­pi­tal­i­sa­tion et à la sit­u­a­tion finan­cière des étab­lisse­ments.

Le comité doit remet­tre aux min­istres con­cernés et au Par­lement au plus tard le 15 sep­tem­bre un rap­port por­tant sur les charges sup­port­ées par les régimes oblig­a­toires d’As­sur­ance mal­adie afférentes aux frais d’hos­pi­tal­i­sa­tion et au plus tard le 30 novem­bre, un rap­port por­tant sur les don­nées d’ac­tiv­ité de soins et les charges sup­port­ées par les régimes oblig­a­toires d’As­sur­ance mal­adie afférentes aux frais d’hos­pi­tal­i­sa­tion au titre du pre­mier semes­tre de l’an­née en cours.

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