La triple peine selon France Assos San­té

47 % des Français ont eu des soins annulés/reportés depuis le début de la crise : 36 % du fait des organ­i­sa­tions, 25 % du fait du patient lui-même. Pour 56 % d’entre eux, aucune solu­tion alter­na­tive n’a été pro­posée et 24 % déclar­ent une aggra­va­tion de leur san­té.
Par ailleurs, un tiers des per­son­nes ayant été dépro­gram­mées n’a pas reçu d’information con­cer­nant la repro­gram­ma­tion d’un ren­dez-vous, et 64 % des per­son­nes n’ont pas reçu d’information con­cer­nant l’impact de la dépro­gram­ma­tion sur leur san­té.

France Assos San­té par­le de « triple peine : celle de l’annulation en elle-même, celle de l’absence d’informations et de per­spec­tives con­cer­nant sa mal­adie / son évo­lu­tion ».
De plus, 24 % des répon­dants déclar­ent une aggra­va­tion des symp­tômes et une dégra­da­tion de l’état de san­té, 23 % déplorent que des exa­m­ens impor­tants n’ont pas été réal­isés et 11 % ont un sen­ti­ment de déprime et d’anxiété accru.
Con­séquence, par­mi ceux qui ont subi une dépro­gram­ma­tion ou qui ont renon­cé aux soins, 29 % voient leur con­fi­ance dans le sys­tème de san­té se dégrad­er, indiquent les résul­tats du sondage Viavoice/France Assos San­té (novem­bre 2020).

+ 14 % d’effectifs salariés entre 2003 et 2017

Les effec­tifs salariés du secteur hos­pi­tal­ier sont passés de 1,2 à 1,4 mil­lion. Ceux du secteur privé ont crû de 20 %. La part des per­son­nels médi­caux a aug­men­té de 10,2 % à 11,7 % des effec­tifs totaux selon le rap­port de la DREES.

La DREES vient de pub­li­er une nou­velle série de don­nées sur les effec­tifs salariés du secteur hos­pi­tal­ier com­pa­ra­bles pub­lic-privé, sur 15 ans, en décli­nant quelques grandes caté­gories de per­son­nels.

Entre fin 2003 et fin 2017, les effec­tifs salariés du secteur hos­pi­tal­ier ont pro­gressé de 14 %. Le taux de crois­sance annuel de ces effec­tifs s’atténue néan­moins depuis 2010 et enreg­istre même un léger repli (-0,3 %) en 2017.

Une pro­gres­sion des effec­tifs est plus rapi­de dans le privé que dans le pub­lic.

Les effec­tifs salariés du secteur privé ont con­nu une aug­men­ta­tion plus rapi­de (+20 % entre fin 2003 et fin 2017) que ceux du pub­lic (+12 %). De ce fait, le poids du secteur privé dans l’ensemble des effec­tifs salariés hos­pi­tal­iers a aug­men­té, pas­sant de 21,7 % des effec­tifs totaux à 22,9 %.

Une aug­men­ta­tion des effec­tifs observée pour presque tous les groupes de pro­fes­sions.

Entre fin 2003 et fin 2017, les per­son­nels médi­caux au sens large ont con­nu la plus forte aug­men­ta­tion en ter­mes d’effectifs (+30 %). Par­mi eux, les effec­tifs de médecins et assim­ilés ont aug­men­té de 20 %, le nom­bre d’internes de 76 % et le nom­bre de sages-femmes de 34 %, en lien avec l’extension du numerus clausus sur la péri­ode. Les effec­tifs salariés d’infirmiers ont pro­gressé de 23 %, ceux d’aides-soignants et de per­son­nel admin­is­tratif de 15 % cha­cun.

Une évo­lu­tion de la struc­ture des effec­tifs hos­pi­tal­iers vers davan­tage de per­son­nels médi­caux et d’infirmiers.

La part des per­son­nels médi­caux a net­te­ment aug­men­té depuis 15 ans : elle est passée de 10,2 % à 11,7 % des effec­tifs totaux. La part des infir­miers a pro­gressé encore plus, de 24,1 % à 26,0 %, tan­dis que celles des aides-soignants (21 %) et des per­son­nels admin­is­trat­ifs (11 %) sont restées sta­bles.

Une baisse des effec­tifs de sages-femmes dans le privé depuis 2010.

Depuis 2010, deux groupes de pro­fes­sions ont vu leurs effec­tifs salariés reculer. C’est d’abord le cas des sages-femmes du secteur privé. Jusqu’en 2010, leurs effec­tifs salariés ont pro­gressé de manière sim­i­laire dans les deux secteurs, pub­lic et privé, puis ils ont con­tin­ué à aug­menter dans le pub­lic tan­dis qu’ils ont légère­ment reculé dans le privé (-1,7 %). Entre 2007 et 2017, le nom­bre d’accouchements réal­isés par les clin­iques privées a bais­sé de 40 000 au prof­it des mater­nités publiques.

San­té envi­ron­nemen­tale : 61 propo­si­tions

La com­mis­sion d’enquête sur l’évaluation des poli­tiques publiques de san­té envi­ron­nemen­tale à l’Assemblée nationale vient de pub­li­er son rap­port et émet 61 propo­si­tions dont cer­taines con­cer­nent le champ hos­pi­tal­ier. Seront-elles inté­grées dans le PNSE 4 ?

Cer­taines propo­si­tions con­cer­nent plus directe­ment le champ hos­pi­tal­ier :

Propo­si­tion 8 : Le con­tenu de la san­té envi­ron­nemen­tale et ses objec­tifs sont inté­grés dans le Code de la san­té publique.

Propo­si­tion 61 : La Haute Autorité de San­té doit inclure dans son guide d’accréditation des étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux des objec­tifs de san­té envi­ron­nemen­tale. Des moyens doivent lui être octroyés pour men­er effi­cace­ment cette mis­sion de préven­tion san­i­taire et envi­ron­nemen­tale.

Propo­si­tion 38 : Un départe­ment de san­té envi­ron­nemen­tale est créé au sein de la Haute Autorité de San­té (HAS) pour définir un référen­tiel de con­nais­sances sci­en­tifiques autour de la san­té envi­ron­nemen­tale.

Propo­si­tion 5 : Les Plans nationaux San­té Envi­ron­nement font l’objet d’une loi de pro­gram­ma­tion pluri­an­nuelle votée par le Par­lement. Ils dis­posent d’un bud­get spé­ci­fique iden­ti­fié dans le pro­jet de loi de finances et voté par le par­lement.

Propo­si­tion 16 : Une poli­tique de col­lecte sys­té­ma­tique des don­nées de san­té doit être mise en œuvre dans les hôpi­taux, en s’appuyant sur des reg­istres créés sur l’ensemble duter­ri­toire.

Propo­si­tion 35 : L’ensemble des pro­fes­sions impliquées dans la san­té publique (aides-soignantes, infir­mières, médecins, respon­s­ables admin­is­trat­ifs, chefs de ser­vice des hôpi­taux, cadres) reçoivent une for­ma­tion de haut niveau en san­té envi­ron­nement, dans une approche One Health. Cette for­ma­tion uni­ver­si­taire per­me­t­tra notam­ment de sys­té­ma­tis­er la recherche sur les caus­es des mal­adies chroniques.

Propo­si­tion 42 : Il faut une stratégie de sen­si­bil­i­sa­tion à la san­té envi­ron­nemen­tale sur la pro­tec­tion des 1 000 pre­miers jours de la vie.

Propo­si­tion 17 : La con­sti­tu­tion des groupe­ments d’intérêt sci­en­tifique sur les can­cers d’origine pro­fes­sion­nelle (GISCOP) au niveau des ser­vices de can­cérolo­gie est éten­due à tout le ter­ri­toire français. Leur mis­sion est élargie et com­prend :

  • la for­ma­tion et l’information de tous les acteurs, y com­pris privés, pou­vant con­tribuer à la préven­tion ;
  • la mise en place de mesures préven­tives en inci­tant les entre­pris­es à amélior­er les con­di­tions de tra­vail ;
  • la mise en place de réseaux de recherche trans­dis­ci­plinaire pour l’identification des caus­es envi­ron­nemen­tales des mal­adies pour adapter les straté­gies thérapeu­tiques à l’échelle des ter­ri­toires.

Propo­si­tion 36 : Une chaire de San­té Envi­ron­nement est insti­tuée à cet effet pour dif­fuser un enseigne­ment en san­té envi­ron­nemen­tale. Elle a aus­si pour mis­sion de définir et d’actualiser le con­tenu d’un référen­tiel com­plet de for­ma­tion, etc.

Propo­si­tion 37 : Une chaire de Médecine envi­ron­nemen­tale est créée pour mieux con­naître les rela­tions entre san­té humaine et fac­teurs biologiques, chim­iques et physiques de l’environnement.

Propo­si­tion 54 : Un diplôme de médecine obési­to­logue est créé pour mieux traiter l’obésité en France. Les for­ma­tions de la Ligue con­tre l’obésité reçoivent une aide pour être dif­fusées sur l’ensemble du ter­ri­toire nation­al.

Élec­tions aux URPS, du 31 mars au 7 avril 2021

Les pro­fes­sion­nels de san­té libéraux médecins (col­lège général­istes et col­lège spé­cial­istes), den­tistes, phar­ma­ciens, infir­miers, kinésithérapeutes et ortho­phon­istes, éliront leurs représen­tants par voie élec­tron­ique.

Les électeurs sont invités à véri­fi­er les infor­ma­tions les con­cer­nant sur le site inter­net dédié et le cas échéant effectuer les mod­i­fi­ca­tions néces­saires jusqu’au 31 décem­bre 2020. Les listes élec­torales défini­tives seront pub­liées le 5 jan­vi­er 2021.

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