Olivier Toma, fondateur de l’agence Primum Non Nocere, et porte-parole du Comité pour le développement durable en santé (C2DS) 

La nou­velle cer­ti­fi­ca­tion 2020 de la HAS intè­gre de nom­breux items oblig­a­toires relat­ifs à une démarche RSE. Une nou­velle con­trainte ou une oppor­tu­nité ?

Une oppor­tu­nité ! En 2009, à la sur­prise de tous, la HAS avait inté­gré 45 critères sur la RSE et la tran­si­tion énergé­tique. Une révo­lu­tion silen­cieuse à l’époque. Les étab­lisse­ments de san­té com­pre­naient les ques­tions mais igno­raient le sujet. Le Comité pour le développe­ment durable en san­té (C2DS) avait alors dévelop­pé des sup­ports péd­a­gogiques d’aide à l’attention des équipes pour répon­dre à ces indi­ca­teurs. La HAS nous avait égale­ment chargés de sen­si­bilis­er les experts vis­i­teurs sur ces sujets qu’ils décou­vraient pareille­ment afin de com­pren­dre ce qu’il fal­lait chercher, observ­er, juger.

Ces indi­ca­teurs sont devenus mal­heureuse­ment option­nels dans la cer­ti­fi­ca­tion suiv­ante (2014), autant vous dire, qu’ils ont été les pre­miers oubliés. Mais ils revi­en­nent en force, devenant oblig­a­toires en 2021, dans cette nou­velle ver­sion qui embar­que les étab­lisse­ments dans une nou­velle ère de la san­té. Il en est de même pour le secteur médi­co-social qui doit main­tenant répon­dre à des indi­ca­teurs très pré­cis depuis juil­let 2020.

Le virage RSE est amor­cé, il per­me­t­tra d’optimiser les dépens­es de san­té, de réduire les impacts san­i­taires et envi­ron­nemen­taux, et de redonner du sens à nos métiers.

Que dit le critère 3.6–04 ?

Il dit tout ou presque ! Il pose les enjeux et un cadre général, il rap­pelle aux étab­lisse­ments leur respon­s­abil­ité au regard des impacts social et envi­ron­nemen­tal de leur activ­ité en main­tenant une souten­abil­ité économique. Il intro­duit le con­cept des par­ties prenantes avec lesquelles l’établissement inter­ag­it dans son écosys­tème. Il demande de maitris­er l’exposition aux risques envi­ron­nemen­taux et notam­ment aux pol­lu­tions : chim­ique, air, eau, sol, sonore, lumineuse, etc.

Ce référen­tiel impose de maitris­er l’empreinte car­bone, les éner­gies renou­ve­lables, la tran­si­tion énergé­tique, l’économie cir­cu­laire, la mobil­ité durable, de par­ticiper à préserv­er la bio­di­ver­sité, et de met­tre en œuvre une gou­ver­nance et des indi­ca­teurs de qual­ité de vie au tra­vail. Tout ceci sous la respon­s­abil­ité d’un référent dûment nom­mé, d’où l’importance de créer des mod­ules de for­ma­tion en ligne pour per­me­t­tre aux étab­lisse­ments de mon­ter en com­pé­tence.

Que pensez-vous des élé­ments d’évaluation édic­tés par la HAS ? 

Les élé­ments d’évaluation sont impré­cis, c’est la rai­son pour laque­lle nous venons de créer des mod­ules de e.learning pour les vis­i­teurs experts et les référents des étab­lisse­ments afin de maitris­er les actions à men­er, les textes régle­men­taires, les indi­ca­teurs et les élé­ments de preuve.

Nous avons aus­si impul­sé un réseau des étab­lisse­ments THQSE (Très Haute Qual­ité San­i­taire Sociale et Envi­ron­nemen­tale) pour don­ner aux étab­lisse­ments une méth­ode per­me­t­tant de struc­tur­er les actions en ligne pour partager les actions exem­plaires et créer du lien.

Enfin, audi­tion­nés par la com­mis­sion d’enquête d’évaluation de l’Assemblé nationale, nous avions pro­posé que la HAS intè­gre des critères de san­té envi­ron­nemen­tale dans le référen­tiel, cette propo­si­tion a été reprise dans leur con­clu­sion. La HAS aura donc un rôle prépondérant dans la mon­tée en charge de ces thé­ma­tiques liées à l’exposome.