Bertrice Loulière
Coor­don­na­teur de l’Observatoire du médica­ment, des dis­posi­tifs médi­caux et de l’innovation thérapeu­tique (OMEDIT) Nou­velle-Aquitaine Guade­loupe

Marine Del­l’o­va Doutremepuich
Phar­ma­cien PH OMEDIT Nou­velle-Aquitaine Guade­loupe

Vous inter­ve­niez au Club Phar­ma­cie de la FHP-MCO en sep­tem­bre alors que la 2e vague épidémique se pré­ci­sait, quel est le mes­sage que vous souhai­teriez faire pass­er aux phar­ma­ciens ?

À la fin de la pre­mière vague Covid, nous sommes sor­tis du mode d’allocation nationale pour les médica­ments cri­tiques et les étab­lisse­ments ont retrou­vé l’autonomie des com­man­des. Mais nous avons encore besoin de con­naître l’état des stocks de tous, en cas de besoin de régu­la­tion.

Ain­si, il est demandé aux phar­ma­ciens de ren­seign­er la plate­forme nationale « Ma PUI » ‑prochaine­ment « dis­po­s­tock » -, au moins une fois par semaine, et si les ten­sions s’aggravent, bi-heb­do­madaire­ment voire tous les jours, selon l’évolution. Il est enfin néces­saire de veiller à la justesse des quan­tités réelle­ment con­som­mées et en stock, con­di­tion­nant les appro­vi­sion­nements au plus près des besoins.

Com­ment se présente la mon­tée en charge du codage des médica­ments et des DMI ?

Le con­texte général des secteurs MCO publics et privés indique une très forte crois­sance de con­som­ma­tion des médica­ments inscrits sur la liste en sus. Alors que l’augmentation cible est fixée à 3 % pour l’année 2019, on note une aug­men­ta­tion nationale de 14,8 % (11 % pour le secteur privé) en 2019, com­paré à l’année précé­dente, pour un mon­tant de 3,9 mil­liards d’euros. La rai­son de cette crois­sance repose prin­ci­pale­ment sur les anti­cancéreux et sur cer­tains médica­ments inscrits nou­velle­ment sur la liste en sus, sans radi­a­tion majeure asso­ciée.

Égale­ment et tou­jours pour tous secteurs pub­lic et privé, la crois­sance de con­som­ma­tion de DM liste en sus, moins forte que pour les médica­ments et plus proche de la borne 2019 fixée à 3 %, s’élève à 3,7 % (3,2 % pour le secteur privé). Les dépens­es du secteur privé représen­tent 46 % pour un mon­tant de 932 mil­lions d’euros.

2019 est l’année de mon­tée en charge du codage des indi­ca­tions via les PUI en lien avec les pre­scrip­teurs et la fac­tura­tion ; à par­tir de mars 2019, le bon codage con­di­tionne le rem­bourse­ment.

En retour d’expérience de la Nou­velle-Aquitaine, nous avons accom­pa­g­né les étab­lisse­ments de san­té à cette mise en œuvre : 100 % des étab­lisse­ments de san­té privés de la région ont mis en œuvre le codage des indi­ca­tions. Seul 0,6 % des codages com­porte des anom­alies.

Les marges d’amélioration sont nom­breuses notam­ment : l’évaluation de la per­ti­nence des médica­ments à fort enjeu, l’usage jus­ti­fié des hors AMM codés I999999, la pour­suite de la pro­mo­tion des médica­ments biosim­i­laires, la fia­bil­i­sa­tion du codage et l’utilisation régle­men­taire du codage I999998.

Cette nou­velle approche demande une col­lab­o­ra­tion pluri-pro­fes­sion­nelle entre les ser­vices pre­scrip­teurs, la phar­ma­cie, la fac­tura­tion, le PMSI.

Quel est le niveau de traça­bil­ité infor­ma­tique des DMI ?

Les résul­tats de l’enquête nationale réal­isée en 2019 mon­trent que 73 % des clin­iques ont d’ores et déjà mis en place un sys­tème de man­age­ment de la qual­ité (vs 63 % nation­al). Dans 82 % des clin­iques, une per­son­ne est en charge de la traça­bil­ité des DMI (vs 70 %). 92 % des étab­lisse­ments ont un dossier patient infor­ma­tisé. 96 % des PUI béné­fi­cient d’une ges­tion infor­ma­tisée de leurs stocks avec un logi­ciel dédié le plus sou­vent. Mais il faut point­er une très grande hétérogénéité avec plus de 100 logi­ciels sur le marché ; seuls 45 % des ser­vices utilisent un out­il interopérable néces­si­tant un trans­fert d’informations entre ser­vices util­isa­teurs et PUI. Il est à not­er que, dans la majorité des cas, les infor­ma­tions arrivent du bloc sur papi­er et sont ensuite enreg­istrées infor­ma­tique­ment. Ain­si, la traça­bil­ité et le partage se font à pos­te­ri­ori et non en temps réel. Par ailleurs, notons qu’un tiers des étab­lisse­ments dis­pose d’un lecteur automa­tique à barre et que cette acqui­si­tion est une pri­or­ité pour 35 % des répon­dants.

Si 90 % des étab­lisse­ments ren­seignent cor­recte­ment l’identification du DMI, du patient et de l’opérateur, seuls 42 % ren­seignent l’indication de pose de DMI. Dans le dossier patient, env­i­ron 50 % des étab­lisse­ments ren­seignent les infor­ma­tions sur les DMI ; 11 % ne le font que pour cer­tains DMI les plus à risques. La moitié des répon­dants remet au patient à sa sor­tie un doc­u­ment d’information relatif au DMI, et 77 % au médecin trai­tant et adresseur. Sou­vent la durée de vie du DMI n’est pas indiquée.

Pour amélior­er cette dynamique et notam­ment l’information au patient, l’OMEDIT Nou­velle-Aquitaine, en lien avec l’ARS, a réal­isé un fly­er « infor­ma­tion du patient et des pro­fes­sion­nels sur les DMI » avec l’Assurance mal­adie et France Assos San­té Nou­velle-Aquitaine ain­si qu’un film péd­a­gogique.