L’épidémie de la Covid-19 et la péri­ode de con­fine­ment en France ont fait chuter le nom­bre de vac­ci­na­tions en France. Le 16 juin dernier, la HAS pub­li­ait un com­mu­niqué de presse rap­pelant l’urgence de repren­dre et met­tre à jour son cal­en­dri­er vac­ci­nal sans délai, notam­ment chez les jeunes enfants et les per­son­nes à risque. Epi-phare, struc­ture d’expertise publique con­sti­tuée par l’ANSM et la CNAM, annonce un effon­drement de la délivrance de vac­cins de 35 % à 71 % durant toute la phase du con­fine­ment. Quelles patholo­gies sont prin­ci­pale­ment con­cernées par le retard vac­ci­nal et quelles mesures sont mis­es en place pour relancer les vac­ci­na­tions dans ce cli­mat de Covid-19 ? 

Vaccination : les nourrissons et personnes fragiles en priorité

Le con­fine­ment a per­mis de soulign­er un recul impor­tant de la vac­ci­na­tion, notam­ment chez les nour­ris­sons et les per­son­nes frag­iles. Dès le mois d’avril 2020, la HAS pré­con­i­sait de main­tenir l’ensemble des vac­ci­na­tions oblig­a­toires chez les tout jeunes enfants de 2 à 18 mois. Le troisième rap­port EPi-Phare éval­ue à 44 000 le nom­bre de nour­ris­sons n’ayant pas reçu les vac­cins essen­tiels (diph­térie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, ménin­gites à Haemophilus influen­zae de type b et l’hépatite B).

“L’autre prob­lème, ce sont les adultes qui ont des mal­adies chroniques, des fragilités par­ti­c­ulières” selon le Pr. Bou­vet. La Prési­dente de la com­mis­sion tech­nique des vac­ci­na­tions de la HAS et infec­ti­o­logue rap­pelle l’importance de rat­trap­er ses vac­cins con­tre le tétanos et le pneu­mo­coque, en pri­or­ité chez les per­son­nes à risque (malades chroniques, immun­odéprimés, per­son­nes âgées, femmes enceintes etc.).

Glob­ale­ment, les vac­cins non réal­isés sur l’ensem­ble des huit semaines de con­fine­ment, et donc à rat­trap­er, con­cer­nent 90 000 per­son­nes de tout âge pour les vac­cins anti-papil­lo­mavirus (HV). 123 000 per­son­nes n’ont pas été vac­cinés pour le ROR (rouge­ole-oreil­lons-rubéole) et 450 000 vac­cins antité­taniques des­tinés aux rap­pels pour les enfants (hors nour­ris­sons), ado­les­cents et adultes, n’ont pas été admin­istrés.

Comment adapter le rattrapage vaccinal en cas de suspicion de Covid-19 ?

Ain­si, en péri­ode de décon­fine­ment, la HAS rap­pelle les élé­ments de sa recom­man­da­tion de décem­bre 2019 sur les modal­ités de mise en œuvre du rat­tra­page vac­ci­nal :

  • L’allongement du délai entre deux injec­tions ne nuit pas à la qual­ité de la réponse immu­ni­taire,
  • Il n’est pas néces­saire de repren­dre dès le début un sché­ma vac­ci­nal inter­rompu,
  • Toutes les dos­es déjà admin­istrées doivent être pris­es en compte et ain­si seules les dos­es man­quantes et le pre­mier rap­pel doivent être admin­istrés,
  • L’utilisation de vac­cins com­binés est à priv­ilégi­er et il est pos­si­ble de réalis­er jusqu’à qua­tre injec­tions au cours d’une même séance.

Néan­moins, la sit­u­a­tion de crise san­i­taire impose de met­tre en place plus de mesures pour effectuer un rat­tra­page vac­ci­nal en France. Ain­si, dans un tel con­texte, face à un patient qui démon­tre des signes de COVID-19, un test de diag­nos­tic par RT-PCR doit être pre­scrit. Le résul­tat de ce dernier indi­quera alors la marche à suiv­re :

  • En cas de résul­tat négatif, le rat­tra­page vac­ci­nal pour­ra débuter immé­di­ate­ment, tout en s’assurant du respect strict des mesures bar­rières néces­saires pour chaque con­sul­ta­tion,
  • Si le test est posi­tif, la reprise du cal­en­dri­er vac­ci­nal devra encore atten­dre. Elle sera reportée à la guéri­son du sujet, lorsqu’il sera rede­venu asymp­to­ma­tique, i.e. à par­tir du 8ème jour et au moins 48h après la dis­pari­tion d’un état fiévreux et d’éventuelles gênes res­pi­ra­toires.

Pour les per­son­nes « con­tact », la HAS pré­conise une mise en place du rat­tra­page vac­ci­nal dès la fin de la durée de la qua­torzaine si aucun symp­tôme n’est apparu.

De plus, en l’état actuel, la Haute Autorité de San­té n’est pas en mesure d’adapter la stratégie vac­ci­nale aux patients dévelop­pant une forme sévère de la Covid-19 et qui présen­tent tou­jours des man­i­fes­ta­tions clin­iques ou biologiques du virus.

Enfin, quid de la poli­tique vac­ci­nale de la grippe saison­nière en 2020–2021 face à la Covid ? Pour l’heure, la HAS recom­mande de main­tenir la cam­pagne de vac­ci­na­tion con­tre la patholo­gie et amélior­er la cou­ver­ture vac­ci­nale chez les per­son­nes à risque et les pro­fes­sion­nels de san­té, dans le respect des mesures néces­saires. Celle-ci devrait donc avoir lieu durant la mi-octo­bre en France Mét­ro­pol­i­taine, Mar­tinique, Guade­loupe et Guyane.

Sources :

https://www.has-sante.fr/jcms/p_3189882/fr/covid-19-la-has-appelle-a-reprendre-d-urgence-les-vaccinations-en-priorite-chez-les-nourrissons-et-les-personnes-fragiles

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/la-haute-autorite-de-sante-appelle-a-reprendre-d-urgence-les-vaccinations_2128396.html

https://www.lesechos.fr/industrie-services/pharmacie-sante/la-haute-autorite-de-sante-appelle-a-reprendre-durgence-les-vaccinations-interrompues-par-le-confinement-1215537

https://www.consoglobe.com/vaccination-reprise-urgente-deconfinement-cg

https://www.mesvaccins.net/web/news/15711-strategie-de-la-prochaine-campagne-de-vaccination-contre-la-grippe-dans-le-contexte-de-l-epidemie-de-covid-19