Depuis le décon­fine­ment, 88 clus­ters sont apparus en Île-de-France et 8 dans le Grand Est. 74 sont en cours d’investigation, dont 20 % dans des étab­lisse­ments de san­té. Même s’il n’y a pas de sig­naux de reprise de l’épidémie et que la sit­u­a­tion s’est très net­te­ment améliorée partout en France, notre plus grande vig­i­lance est req­uise.

Entre respon­s­abil­ité médi­cale à l’égard des patients en attente d’hospitalisation et pres­sion économique, les médecins avaient à cœur de repren­dre leur tra­vail. Ain­si, selon les régions et selon les modal­ités de prise en charge, ils ont retrou­vé entre 50 et 90 % de leur activ­ité hos­pi­tal­ière. Néan­moins, la lev­ée pro­gres­sive des plans blancs ne sig­ni­fie pas la lev­ée des gestes bar­rières. Le directeur doit assur­er la sécu­rité de ses salariés. La route du man­ag­er est donc étroite.

N’oublions pas trop vite les retours d’expérience des directeurs et des pro­fes­sion­nels de san­té qui ont géré l’épidémie au sein de leur étab­lisse­ment. Le virus cir­cule man­i­feste­ment encore dans cer­tains ter­ri­toires et nous devons rester vig­i­lants à l’égard des patients asymp­to­ma­tiques : ils sont une source poten­tielle de con­t­a­m­i­na­tion des pro­fes­sion­nels et des autres patients. Soyons donc atten­tifs au risque de relâche­ment dans le respect des pro­to­coles à présent rou­tiniers mis en place.

Cette péri­ode mêle des sen­ti­ments con­fus : ent­hou­si­asme de la reprise d’activité, inquié­tude d’un retour de l’épidémie, craintes de ten­sions sociales, atten­tisme quant aux arbi­trages du Ségur de la San­té, espoir devant le change­ment de par­a­digme dans l’évolution de l’ONDAM. Quelle sera notre actu­al­ité dans les semaines et mois qui vien­nent ? Seule cer­ti­tude, per­son­ne ne détient la capac­ité à prévoir la façon dont vont se dérouler les péri­odes esti­vale et d’automne en ces temps de Covid-19.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente de la FHP-MCO