Ségur-Santé-Médecine-Hopital-SoignantsLe 25 mai dernier, le Pre­mier Min­istre Édouard Philippe et le Min­istre de la San­té Olivi­er Véran, annonçaient le lance­ment du « Ségur de la San­té ». Ce pro­jet d’envergure nationale réu­nit dif­férents acteurs du monde de la san­té : élus, représen­tants syn­di­caux, Assur­ance Mal­adie, les ARS, col­lec­tifs hos­pi­tal­iers, etc.

Ils ont rap­pelé l’ambition de cette grande con­cer­ta­tion pour apporter tir­er col­lec­tive­ment les appren­tis­sages de la crise san­i­taire tout en con­nec­tant ces con­sid­éra­tions avec le plan d’action Ma San­té 2022. Pour établir les fron­tières d’un sys­tème de san­té plus mod­erne, inno­vant et à l’écoute des pro­fes­sion­nels afin de pro­pos­er des solu­tions adap­tées, retour sur la méth­ode et les process organ­i­sa­tion­nels pour lancer cette entre­prise com­mune.

Les quatre piliers pour tenter de changer l’Hôpital Français

L’annonce du « Ségur de la San­té » s’inscrit dans un con­texte où le per­son­nel soignant a fait front à la crise san­i­taire depuis plus de deux mois. Cette con­cer­ta­tion, qui devrait se con­clure à la mi-juil­let, repose sur qua­tre grands chantiers :

  • Trans­former les métiers de ceux qui soignent et reval­oris­er leurs car­rières et salaires : À ce titre, le Min­istre de la San­té a promis que les salaires des 200 000 infir­miers français rejoindraient « au moins la moyenne européenne ». En effet, les infir­miers français d’échelon supérieur touchent 39 000 euros annuels, mon­tant loin de la moyenne de l’OCDE de 45 000 euros par an.
  • Assou­plir la poli­tique des 35 heures : Le Min­istre a égale­ment dit vouloir ren­dre le cadre pro­fes­sion­nel plus flex­i­ble afin de dépla­fon­ner les heures sup­plé­men­taires et surtout con­tribuer au bien-être des soignants. Le Syn­di­cat Nation­al des Pro­fes­sions Infir­mières (SNPI) a ain­si réclamé la créa­tion de 20 000 postes dans cette pro­fes­sion, soit 10 % d’effectifs sup­plé­men­taires.
  • Rééquili­brage des pou­voirs au prof­it du per­son­nel soignant : «Il est absol­u­ment impératif qu’à l’hôpital, les médecins soient de nou­veau à la barre […] Nous ne deman­dons pas qu’ils soient nom­més directeurs et, bien sûr, l’administration doit con­tin­uer à exercer un rôle de con­trôle. […] Il faut que les médecins prési­dent toutes les struc­tures de déci­sion, sauf le con­seil de sur­veil­lance. L’administration ne doit plus dis­pos­er du pou­voir de nom­i­na­tion, ni de véto. » résume Robert Skurnik, Prési­dent de la Coor­di­na­tion médi­cale hos­pi­tal­ière (CMH).
  • Réformer les investisse­ments de l’État : Afin de per­me­t­tre la réou­ver­ture de 20 000 lits d’hôpitaux que réclame Thier­ry Amouroux du SNPI. Cette révi­sion de la « doc­trine capac­i­taire » pour pren­dre les patients dans les meilleures con­di­tions, dépend du degré d’investissement adéquat. À ce titre, Olivi­er Véran promet une nou­velle enveloppe budgé­taire. Cette somme vise à répon­dre à une meilleure prise en charge hos­pi­tal­ière sur une base ter­ri­to­ri­ale plutôt que sur une allo­ca­tion budgé­taire effec­tuée de manière stan­dard­is­ée.

 

Comment se met en place la concertation ?

Le « Ségur de la San­té » est l’occasion de mul­ti­pli­er les temps-forts pour se pencher sur les dif­férents piliers de suivi. Nicole Notat, qui est l’animatrice de ce pro­jet, s’appuie sur un col­lec­tif de près de 300 acteurs du monde de la san­té. Jusqu’à mi-juil­let, ce groupe de tra­vail se réu­ni­ra une fois par semaine pour éla­bor­er les Accords de la San­té issus de ces débats.

De plus, se tien­dront plusieurs retours d’expérience ter­ri­to­ri­aux au sein de chaque région. Ces ses­sions pour­ront être organ­isées et ani­mées par la Con­férence Régionale de la San­té et de l’Autonomie (CRSA) et / ou par une équipe com­posée de représen­tants des acteurs et des usagers de l’offre de soins et médi­co-sociale. D’ici la fin du mois de juin, les équipes de tra­vail dif­fuseront les retours d’expérience qu’ils auront pu recueil­lir.

Dans le but de com­pléter ce dis­posi­tif, un espace d’expression dématéri­al­isé est à dis­po­si­tion des acteurs de la san­té. Il vise à récolter le plus de témoignages et retours d’expérience pour nour­rir l’élaboration de pre­mières con­clu­sions.

Enfin le « Ségur de la San­té » donne aus­si la parole à la pop­u­la­tion avec la mise en ligne d’une con­sul­ta­tion citoyenne – « Notre hôpi­tal demain » — ouverte jusqu’au 25 juin prochain.

Sources :

https://solidarites-sante.gouv.fr/actualites/presse/communiques-de-presse/article/communique-de-presse-lancement-du-segur-de-la-sante-25-mai-2020

https://www.nouvelobs.com/sante/20200525.OBS29274/segur-de-la-sante-les-5-points-qui-pourraient-changer-l-hopital-francais.html

https://vie-publique.fr/en-bref/274370-segur-de-la-sante-lancement-des-concertations-sur-lhopital

https://www.lecese.fr/content/notre-hopital-demain-le-cese-lance-sa-consultation-citoyenne-le-14-mai