La HAS a dif­fusé fin mai 2020 deux recom­man­da­tions sur la grossesse ain­si que l’accouchement et le retour à la mai­son, pour pré­cis­er les modal­ités d’adaptation du suivi médi­cal de la mère et de l’enfant dans le con­texte épidémique.
Cette fiche a été élaborée par la HAS en col­lab­o­ra­tion avec le Col­lec­tif interas­so­ci­atif autour de la nais­sance (CIANE).

I — Recom­man­da­tions sur le suivi de la grossesse pen­dant l’épidémie de COVID 19 

1. Suivi de la grossesse :

La HAS recom­mande que le suivi médi­cal au cours de la grossesse s’effectue au max­i­mum en ville et de priv­ilégi­er la réal­i­sa­tion de télé­con­sul­ta­tions. Des con­seils de préven­tion en lien avec l’épidémie sont aus­si don­nés à l’occasion de ces con­sul­ta­tions médi­cales. La con­sul­ta­tion d’anesthésie du 8ème mois peut égale­ment s’effectuer en télé­con­sul­ta­tion.

En ce qui con­cerne les 3 échogra­phies de suivi de grossesse, il est con­seil­lé qu’elles soient cou­plées avec une con­sul­ta­tion médi­cale de suivi de grossesse. La présence d’un accom­pa­g­nant y est pos­si­ble mais elle doit être con­fir­mée par le pro­fes­sion­nel de san­té qui réalise l’examen. En cas de diag­nos­tic con­fir­mé de COVID 19, les échogra­phies sont reportées jusqu’à la guéri­son de la par­turi­ente et le suivi de grossesse adap­té à son état de san­té, en lien avec les équipes de la mater­nité.

Un suivi étroit des femmes enceintes atteintes du COVID 19 est pro­posé avec, suiv­ant leur état :

  • soit un suivi en télé­con­sul­ta­tion à domi­cile, toutes les 48h, par le médecin général­iste ;
  • soit une hos­pi­tal­i­sa­tion à domi­cile avec vis­ite des pro­fes­sion­nels ;
  • soit une hos­pi­tal­i­sa­tion en mater­nité.
Les séances de pré­pa­ra­tion à la nais­sance peu­vent être pro­posées en télé­con­sul­ta­tion.

En cas de besoin, un sou­tien psy­chologique peut être pro­posé. Il peut aus­si être assuré à dis­tance.

A par­tir du 7ème mois de grossesse, le port du masque est recom­mandé sys­té­ma­tique­ment lors des con­sul­ta­tions ou des soins (masque chirur­gi­cal) ain­si que lors de sor­ties à l’extérieur du domi­cile ou lors de vis­ites de per­son­nes (masque grand pub­lic, ou chirur­gi­cal sur pre­scrip­tion médi­cale). En effet, le risque de dévelop­per une forme grave du COVID aug­mente en cas d’infection à ce stade de la grossesse.

2. Accouche­ment et séjour à la mater­nité :

Un test diag­nos­tic RT-PCR peut être demandé. Il est réal­isé 24 à 48h avant un accouche­ment pro­gram­mé. Un ques­tion­naire est effec­tué à l’arrivée à la mater­nité afin de rechercher des symp­tômes en lien avec le COVID 19 chez la femme et son accom­pa­g­nant.

La présence de l’accompagnant est pos­si­ble au moment de l’accouchement s’il n’a pas de symp­tômes en lien avec le COVID 19. Sa présence durant le séjour à la mater­nité peut être organ­isée « sous cer­taines con­di­tions strictes » non détail­lées dans les recom­man­da­tions.  Les vis­ites de la famille et des frères et sœurs ne sont pas autorisées.

Le séjour en mater­nité est le plus court pos­si­ble : Il est de 2 jours pour une nais­sance et de 4 jours après une césari­enne.  

II — Recom­man­da­tions sur le retour à la mai­son pen­dant l’épidémie de COVID 19

La vis­ite d’une sage-femme libérale à domi­cile est prévue dans les 24 heures après la sor­tie de la mater­nité.

Il est con­seil­lé de lim­iter les sor­ties de la mère et de l’enfant dans les pre­mières semaines qui suiv­ent l’accouchement et, si c’est le cas, que la mère porte un masque et respecte bien les gestes bar­rières.

Tout comme pour la grossesse, la réal­i­sa­tion de con­sul­ta­tions en télé­con­sul­ta­tion est priv­ilégiée.

L’HAS rap­pelle aus­si les ren­dez-vous habituels de suivi de la san­té de la mère et de l’enfant en post-accouche­ment et l’importance des vac­ci­na­tions, y com­pris un rat­tra­page éventuel de vac­ci­na­tions pour la mère si néces­saire.

Enfin, si la mère con­tracte le COVID durant cette péri­ode, la con­duite à tenir est la suiv­ante :

> En l’absence de signes de grav­ité :

Isole­ment de la mère et du bébé à leur domi­cile avec un suivi médi­cal réguli­er. Il est recom­mandé qu’ils s’isolent ensem­ble dans une seule pièce pour éviter de con­t­a­min­er leur entourage, en ménageant au max­i­mum une dis­tance de 2m entre la mère et l’enfant. Le port du masque en présence d’autres per­son­nes est demandé ain­si que le report des vis­ites de la famille et des amis. En cas d’impossibilité d’isolement à domi­cile, une cham­bre d’hôtel peut être pro­posée (dis­posi­tif COVISAN en Ile de France ou équiv­a­lent dans d’autres régions).

Les sor­ties devront se militer aux ren­dez-vous médi­caux indis­pens­ables. Un suivi quo­ti­di­en de la mère est de l’enfant sera assuré par le médecin général­iste ou un infir­mi­er. Il con­vient d’informer tout pro­fes­sion­nel de san­té de leur état de san­té avant une vis­ite à domi­cile pour qu’ils pren­nent leurs pré­cau­tions.

L’allaitement peut être pour­suivi car le virus n’est pas retrou­vé dans le lait de la mère.

Il est rap­pelé aus­si que seuls 10% des enfants dont la mère est malade ont eux-mêmes le virus et que de rares formes graves ont été observées chez les nou­veau-nés. Cepen­dant pour s’occuper du bébé, il est pré­con­isé :

  • De se laver les mains avant de le touch­er, de le chang­er, de l’allaiter (ou d’utiliser le tire-lait) ou de pré­par­er son biberon.
  • Que la mère porte un masque chirur­gi­cal (jamais l’enfant)
  • De net­toy­er cor­recte­ment le biberon ou le tire-lait après util­i­sa­tion.
L’entourage doit éviter de partager des objets com­muns au sein du foy­er et les pièces util­isées en com­muns doivent être lavées et dés­in­fec­tées quo­ti­di­en­nement ain­si que les sur­faces fréquem­ment touchées. Une aéra­tion quo­ti­di­enne des pièces est con­seil­lée. L’entourage doit aus­si respecter les gestes bar­rière et assur­er une hygiène du loge­ment.

> En cas de signes de grav­ité :

  • Appel­er le médecin trai­tant en cas de symp­tômes inhab­ituels (fièvre, toux ou diar­rhée…)
  • Appel­er le SAMU (15) en cas de dif­fi­cultés res­pi­ra­toires, de signes d’étouffement ou de malaise.
Un test diag­nos­tic sera sys­té­ma­tique­ment pre­scrit et, en fonc­tion de la sit­u­a­tion, un suivi sera pro­posé à domi­cile, en HAD ou en hos­pi­tal­i­sa­tion.

Sophie BUSQUET DE CHIVRE (sophie.busquet.mco@fhp.fr) est à votre dis­po­si­tion pour tout ren­seigne­ment com­plé­men­taire.

Bien cor­diale­ment,

Thier­ry BECHU
Délégué Général FHP-MCO

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