Le Fes­ti­val de la com­mu­ni­ca­tion san­té a fêté sa 30e édi­tion, 37 prix ont été décernés le 30 jan­vi­er. Qu’est-ce qui car­ac­térise la com­mu­ni­ca­tion san­té en 2020 ?
Au cours des dernières années, nous avons assisté à la prise en compte de la parole des patients. Nous con­sta­tons que la voix des patients au tra­vers des asso­ci­a­tions de patients notam­ment est aujourd’hui bien plus audi­ble. Rien ne peux se faire sans eux. Beau­coup de mal­adies graves devi­en­nent des mal­adies chroniques. Il est donc néces­saire de tenir compte de la vie du patient dans son inté­gral­ité, au-delà de sa seule patholo­gie. Les patients, acquièrent un « savoir expéri­en­tiel », cer­tains d’entre eux devi­en­nent patients experts, ils sont eux aus­si sources d’information. En com­mu­ni­ca­tion san­té, si les patients ne sont pas asso­ciés aux pro­jets, on assiste à des flops.

Le fes­ti­val de la com­mu­ni­ca­tion san­té a aus­si voca­tion à faire émerg­er des faits de société avec des coups de pro­jecteur sur des cam­pagnes. Notre coup de cœur a été décerné à l’association Jade (Asso­ci­a­tion jeunes aidants ensem­ble) qui porte la cause de 500 000 enfants et jeunes adultes en France, qui aident une per­son­ne malade dans leur famille et ne sont pas recon­nus. Un autre prix  a récom­pen­sé le film pro­duit par le Col­lec­tif con­tre la dénu­tri­tion, par­rainé par deux anci­ennes min­istres, Michèle Delau­nay et Rose­lyne Bach­e­lot. La com­mu­ni­ca­tion san­té fait avancer de grandes caus­es, quels que soient les bud­gets engagés, mais surtout, elle décloi­sonne. Nos 37 prix sont autant de coups de pouce pour cha­cune de ces batailles.

Enfin, nous avons lancé cette année « la con­sul­ta­tion », une enquête Opin­ion­Way en coopéra­tion avec le groupe Elsan, pour mieux con­naître la per­cep­tion et l’attente des Français en matière de com­mu­ni­ca­tion san­té. On y apprend notam­ment que les pro­fes­sion­nels de san­té restent les acteurs prin­ci­paux en matière de san­té et la pre­mière source d’information à laque­lle se réfèrent les Français. Tou­jours bon à savoir !

Quels con­seils don­ner­iez-vous aux étab­lisse­ments de san­té dans leur stratégie de com­mu­ni­ca­tion ?
Les moteurs de recherche pro­posent une pléthore d’informations, où il est sou­vent dif­fi­cile de dif­férenci­er l’information vraie des fake news, voire des infor­ma­tions de pro­pa­gande, par­fois dan­gereuses, et je pense aux cam­pagnes anti-vac­cins qui ont fait baiss­er la cou­ver­ture vac­ci­nale nationale. De plus, les algo­rithmes ne font pas tou­jours appa­raître les infor­ma­tions les plus fiables en pre­mier. Aus­si, les pro­fes­sion­nels de soins et étab­lisse­ments de san­té, doivent porter une parole médi­cale exem­plaire, validée par des experts — médecins et sci­en­tifiques -, mais tou­jours acces­si­ble, voire vul­gar­isée. Pour cette com­mu­ni­ca­tion, tous les canaux sont bons, du moment où il s’ag­it d’une parole éthique, trans­par­ente et de con­fi­ance. Et dans la course au référence­ment, chaque post, arti­cle, clic, compte. Ain­si, les étab­lisse­ments de san­té ont un rôle fort à jouer pour s’établir comme sources d‘information de référence pour le grand pub­lic.

Qu’est-ce qui a changé ces 30 dernières années en ter­mes de com­mu­ni­ca­tion san­té ?
Avant l’ère de la com­mu­ni­ca­tion de masse, c’était presque exclu­sive­ment le médecin de famille qui infor­mait le patient. Aujourd’hui, ce dernier s’en remet aus­si à d’autres sources d’information. Ces dernières décen­nies, ce sont surtout les canaux de dif­fu­sion, les out­ils, qui ont changé, bien que le for­mat papi­er ne soit pas mort pour autant. On a donc au final une plus grande diver­sité de modes de com­mu­ni­ca­tion, un choix plus vaste, qu’il faut adapter aux cibles, mais aus­si une plus grande quan­tité d’informations à gér­er. Aujourd’hui égale­ment — et c’est for­mi­da­ble -, touch­er un pub­lic pour le sen­si­bilis­er à une mal­adie rare par exem­ple est pos­si­ble, en créant une com­mu­nauté, le buzz, etc. L’étendue des pos­si­bles est plus vaste, mais une vari­able ne change pas : c’est la qual­ité du con­tenu qui prime. Il y a 30 ans, comme aujourd’hui, cela reste val­able.

Télécharg­er : Enquête OpinionWay/Elsan