Quelles sont les raisons qui vous ont motivé à créer un nou­veau syn­di­cat « Avenir Spé » ?

Les médecins spé­cial­istes n’ont pas eu leur place dans les deux dernières con­ven­tions et les trois dernières lois de san­té qui ont dic­té l’organisation de la san­té en France. Je n’ai fait qu’accompagner des baiss­es, très rarement des aug­men­ta­tions tar­i­faires, si bien que nous sommes de plus en plus dans la dif­fi­culté d’exercice, et nous avons per­du toute recon­nais­sance alors que nous réal­isons 80 % des diag­nos­tics. En créant Avenir Spé, mon objec­tif est de fédér­er et de par­ler d’une seule voix. Il y a des bonnes volon­tés partout. Avenir Spé est un syn­di­cat qui appar­tient à tout le monde et dans le même temps, n’appartient à per­son­ne.

Quelle est la place que vous revendiquez au côté des général­istes ?

Nous prônons un ren­force­ment des liens entre la médecine générale et celle spé­cial­isée et nous devons recréer une réelle dynamique con­struc­tive entre nous. Depuis cette nou­velle place indépen­dante que nous offre Avenir Spé, nous pour­rons repren­dre le dia­logue. Nous dis­posons désor­mais d’une voix autonome pour con­stru­ire une offre de san­té d’experts dans toutes les spé­cial­ités, acces­si­bles à tous, dans tous les ter­ri­toires. Nous avons une spé­ci­ficité que nous revendiquons : nous sommes les médecins de l’expertise, de l’innovation. La médecine spé­cial­isée aujourd’hui doit organ­is­er le par­cours des patients en accord avec le médecin trai­tant.

Quels sont vos objec­tifs ?

Le médecin général­iste n’arrive pas à tout faire, et il sait dès le matin à 8h que son plan­ning ne lui per­me­t­tra pas de pren­dre en charge de nou­veaux patients. Les patients aux urgences veu­lent très vite avoir accès à des exa­m­ens et des spé­cial­istes. Ce sont les car­di­o­logues et les équipes de car­di­olo­gie par exem­ple qui vont assur­er sur le ter­ri­toire la prise en charge des patients atteints de patholo­gies car­diaques. C’est la rai­son pour laque­lle nous avons porté les équipes de soins spé­cial­isés. Les CPTS ne répon­dent pas oblig­a­toire­ment à cette prob­lé­ma­tique là. Le rôle du médecin général­iste demeure fon­da­men­tal dans la prise en charge et la coor­di­na­tion autour du patient.

Je veux porter l’innovation en médecine, qu’elle soit plus acces­si­ble aux patients. Soyons aus­si inno­vants dans nos pro­pres organ­i­sa­tions et coor­di­na­tion. Nous sommes et voulons rester des entre­pre­neurs, nous sommes des médecins libéraux. Évidem­ment, nous avons bous­culé les murs… Mais il faut un syn­di­cal­isme de ser­vice, par exem­ple, accom­pa­g­n­er nos con­frères dans la struc­tura­tion de leur pro­pre société. Nous voulons fédér­er tous les médecins spé­cial­istes de France au tra­vers d’une seule ban­nière.