Journées nationales de chirurgie ambu­la­toire 2020

Les JAB 2020 se tien­nent à Paris les 29 et 30 jan­vi­er. Large­ment ouvertes à tous, chirurgiens, direc­tions, pro­fes­sion­nels de soins, les JAB per­me­t­tent de suiv­re les évo­lu­tions et inno­va­tions en chirurgie ambu­la­toire en France et à l’international.

Chaque année, une pro­fes­sion, une activ­ité et un pays sont mis à l’honneur et cette année des directeurs généraux d’hôpitaux à la pointe en ambu­la­toire inter­vien­dront. Un focus spé­cial sera fait sur la prise en charge en ambu­la­toire en chirurgie pédi­a­trique et le pays invité, la Suède, pro­posera une rétro­spec­tive sur une décen­nie de la chirurgie en ambu­la­toire.

Con­sul­ter le pro­gramme.

FHF : une con­férence nationale de con­sen­sus

La FHF veut inscrire la san­té en haut de l’agenda poli­tique et pour sor­tir de la crise que tra­verse les hôpi­taux publics, appelle à la mise en place d’une Con­férence nationale de con­sen­sus du sys­tème de san­té.

« Force est de con­stater que la suc­ces­sion de plans, de rap­ports gou­verne­men­taux, n’apporte ni adhé­sion ni sat­is­fac­tion totale, que ce soit auprès de l’opinion publique comme des acteurs du secteur qui ne perçoivent pas les béné­fices poten­tiels des mesures pro­posées » explique la FHF dans un com­mu­niqué de presse. « La seule porte de sor­tie est donc désor­mais une véri­ta­ble refon­da­tion de notre sys­tème de san­té apte à con­solid­er la con­fi­ance que notre Nation lui porte ». Lors de ses vœux, Frédéric Val­letoux, prési­dent de la FHF, a appelé à une Con­férence nationale de con­sen­sus. « Il ne s’agit ni d’un Grenelle de la san­té, ni d’états généraux, ni même d’un dérivé de la con­férence nationale de san­té exis­tante, mais bien d’un débat par­tic­i­patif rassem­blant experts (soci­o­logues, écon­o­mistes…), élus (nationaux et locaux), pro­fes­sion­nels (de san­té et du médi­coso­cial, de l’hôpital comme de la ville), mais aus­si et surtout les Français. »

Rap­pelons que plus de 1 000 médecins hos­pi­tal­iers ont démis­sion­né de leurs fonc­tions admin­is­tra­tives. Ils récla­ment une « reval­ori­sa­tion sig­ni­fica­tive des salaires », 600 mil­lions d’euros sup­plé­men­taires pour les hôpi­taux en 2020, ain­si qu’une « révi­sion pro­fonde » du mode de finance­ment et de gou­ver­nance.

Chaire annuelle de san­té publique

Didi­er Fassin occu­pera la chaire annuelle de san­té publique au Col­lège de France. « L’inégalité la plus pro­fonde est celle devant la vie même. »

Extraits de la leçon inau­gu­rale de Didi­er Fassin.

« Ce que nous nom­mons d’une expres­sion aus­si élé­gante que trompeuse “espérance de vie” n’est qu’une mesure abstraite résul­tant de la som­ma­tion de la prob­a­bil­ité de décéder aux dif­férents âges et imag­i­nant une généra­tion fic­tive soumise aux con­di­tions de mor­tal­ité de l’année con­sid­érée. Mais où donc est passée la vie ? Certes, l’espérance de vie nous informe sur un fait majeur : les dis­par­ités con­sid­érables de longévité exis­tant dans nos sociétés – treize ans en France, quinze ans aux États-Unis, quand on com­pare les plus rich­es et les plus pau­vres.

Mais ce qu’on peut dire de l’inégalité des vies tient-il dans cette seule mesure ? Deux illus­tra­tions sug­gèrent que cette quan­tifi­ca­tion est néces­saire mais non suff­isante. Élé­ment trou­blant, en France, mais l’observation vaut pour d’autres pays occi­den­taux, quelle que soit leur caté­gorie socio­pro­fes­sion­nelle, les femmes ont une mor­tal­ité plus faible que les hommes. Ain­si les ouvrières vivent-elles plus longtemps que les hommes cadres, même si l’écart s’est réduit au cours des dernières décen­nies.

Ce fait, prin­ci­pale­ment lié à des dif­férences de com­porte­ments à risque au regard de la san­té, a sou­vent été décrit comme sig­nant un priv­ilège pour le sexe féminin. Or, d’une part, si les ouvrières ont une espérance de vie à 35 ans de deux années supérieure aux hommes cadres, leur espérance de vie sans inca­pac­ité est de sept ans inférieure, con­séquence prob­a­ble de con­di­tions de tra­vail défa­vor­ables ; l’avantage appar­ent est donc un arti­fice. D’autre part, et surtout, l’espérance de vie ne ren­seigne pas sur la qual­ité de vie, que ce soit en ter­mes d’autonomie, d’émancipation, d’exposition au sex­isme, et finale­ment de réal­i­sa­tion de soi ; nul besoin de soulign­er com­bi­en, sur ces dif­férents plans, les femmes ont été et sont encore pénal­isées dans un pays où elles n’ont obtenu que récem­ment le droit de vot­er et d’ouvrir un compte ban­caire, l’accès à la con­tra­cep­tion et à l’interruption volon­taire de grossesse, l’autorité parentale con­jointe et l’égalité des époux dans la ges­tion des biens de la famille, la recon­nais­sance des vio­lences con­ju­gales et du har­cèle­ment sex­uel.

(…) Qu’en France, ou ailleurs, les femmes vivent plus longtemps que les hommes ne nous dit rien, par con­séquent, de ce qu’est leur vie ou, plus pré­cisé­ment, ce que la société en fait.

(…) Il y a ain­si, d’un côté, la vie qui s’écoule avec un com­mence­ment et une fin, et de l’autre, la vie qui fait la sin­gu­lar­ité humaine parce qu’elle peut être racon­tée : vie biologique et vie biographique, en somme. L’espérance de vie mesure l’étendue de la pre­mière. L’histoire de vie relate la richesse de la sec­onde. L’inégalité des vies ne peut être appréhendée que dans la recon­nais­sance des deux. Elle doit à la fois les dis­tinguer et les con­necter. Les dis­tinguer, car le para­doxe des femmes français­es mon­tre qu’une vie longue ne suf­fit pas à garan­tir une vie bonne.

(…) De cette iné­gal­ité, qui prend de mul­ti­ples formes, à l’école et dans le tra­vail, en ter­mes de cap­i­tal économique et de cap­i­tal social, la plus pro­fonde est celle devant la vie même.

Elle est en effet non seule­ment un fait majeur qui intè­gre nom­bre de dimen­sions de la vie sociale dont elle per­met d’offrir une autre intel­li­gi­bil­ité. Elle est aus­si le fait le plus élé­men­taire qui car­ac­térise la qual­ité éthique et l’ambition poli­tique d’une société. L’évolution que j’ai décrite dans cette leçon mon­tre que l’une et l’autre sont en crise dans le monde con­tem­po­rain.

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