Une réal­ité insup­port­able : 150 fémini­cides étaient recen­sés en 2019, soit près d’un tous les deux jours. L’une de ces femmes avait peut-être été accueil­lie dans l’un de nos étab­lisse­ments, ou l’une de celles aujourd’hui men­acées le sera. La réal­ité de notre méti­er fait sa beauté mais aus­si sa dif­fi­culté, nous sommes en prise directe avec les maux de la société.

Notre éthique pro­fes­sion­nelle et le sym­bole fort attaché aux métiers du soin nous enga­gent. Les ser­vices d’urgence et les mater­nités sont naturelle­ment les pre­miers points de con­tact avec les femmes vic­times de vio­lences, mais d’autres ser­vices de soins doivent aus­si être en alerte. La sen­si­bil­ité aux vio­lences faites aux femmes et la capac­ité de détec­tion de sig­naux faibles sont dépen­dants de cha­cun, soignant et médecin. La con­science, mais aus­si l’information et la for­ma­tion des pro­fes­sion­nels de san­té sont ici ques­tion­nées.

Depuis 2015, la régle­men­ta­tion nous oblige. La cir­cu­laire du 25 novem­bre stip­ule l’identification d’un référent « vio­lences faites aux femmes » dans chaque étab­lisse­ment de san­té autorisé en médecine d’urgence. Le référent béné­fi­cie à ce titre d’une for­ma­tion spé­ci­fique, sous l’égide de la Mis­sion inter­min­istérielle pour la pro­tec­tion des femmes con­tre les vio­lences et la lutte con­tre la traite des êtres humains – la MIPROF – qui met égale­ment à dis­po­si­tion des out­ils. 600 référents ont d’ores et déjà été désignés et 365 d’entre eux ont été for­més.

Dans le même esprit, le Con­seil Nation­al de l’Ordre des Médecins a pro­posé le 13 décem­bre dernier une évo­lu­tion de la lég­is­la­tion per­me­t­tant de lever le secret médi­cal dans cer­tains cas défi­nis. Il s’agit de per­me­t­tre au médecin ou à tout autre pro­fes­sion­nel de san­té, en cas d’intime con­vic­tion de dan­ger vital immé­di­at pour une vic­time de vio­lences con­ju­gales sous emprise, de procéder à un sig­nale­ment auprès du Pro­cureur de la République, même sans l’ac­cord de la vic­time.

Acteurs de san­té dans les ter­ri­toires, notre rôle est essen­tiel pour détecter et sig­naler les sit­u­a­tions de vio­lences faites aux femmes. Alors impliquons-nous !

A TÉLÉCHARGER :

- Clô­ture du Grenelle Con­tre les vio­lences Con­ju­gales
CNOM Que faire face à une femme vic­time