Quelles sont les moti­va­tions de votre engage­ment syn­di­cal ?

Les réformes, les évo­lu­tions régle­men­taires, la ges­tion du domaine de la san­té sont prin­ci­pale­ment faites sous le prisme de l’hôpital pub­lic. Je souhaite con­tribuer à faire tomber ces bar­rières. La France a fait le choix d’avoir trois statuts juridiques pour les acteurs san­i­taires, qu’est-ce que cela apporte ? Per­son­nelle­ment, je serais favor­able à une con­ver­gence des statuts juridiques. La per­for­mance en ges­tion de san­té, au sens du com­pro­mis entre la qual­ité des soins délivrés, l’ef­fi­cac­ité opéra­tionnelle, les investisse­ments, est chez les acteurs privés. Cer­tains hôpi­taux font très bien, ce n’est pas mon pro­pos, mais je pense que nous sommes les plus avancés dans la recherche per­ma­nente de l’équilibre entre les dif­férentes ten­sions. Pour le reste, nous sommes des acteurs au ser­vice des poli­tiques publiques de san­té.

Mon engage­ment syn­di­cal est très ancien : j’étais déjà mem­bre du bureau de l’UHP Dial­yse, puis de la FHP Dial­yse, admin­is­tra­teur de la FHP Bre­tagne puis de la FHP Île-de-France et de la FHP-MCO.

Où en êtes-vous con­cer­nant la ques­tion des Ibode ?

Dans notre clin­ique, l’ensemble des per­son­nels infir­miers qui font de l’aide opéra­toire ont déposé un dossier, à l’exception d’une de nos infir­mières qui n’avait pas l’ancienneté req­uise. Mais que va-t-on faire par rap­port aux besoins de recrute­ment qui vont s’exprimer en 2020 ? Car c’est une chose de traiter la sit­u­a­tion actuelle et une autre de gér­er celle de 2020 et après. Que dira-t-on à un chirurgien prêt à venir tra­vailler à Château­roux : Je suis désolé, nous avons tout ce qu’il faut pour vous accueil­lir mais nous ne pou­vons pas vous fournir des aides opéra­toires ? Ce n’est pas respon­s­able !

À Château­roux, com­ment s’or­gan­ise la ter­ri­to­ri­al­i­sa­tion des soins ?

Notre groupe est présent à Château­roux et nous sommes par ailleurs les seuls acteurs MCO privés dans le Berry. Nous nous inscrivons dans un dia­logue per­ma­nent avec l’Agence régionale de san­té et avec les pou­voirs publics, que nous voulons iden­tique à celui mené par les opéra­teurs publics. Public/privé, nous avons d’abord et avant tout besoin de rétablir le lien de con­fi­ance entre les acteurs de san­té et les habi­tants du ter­ri­toire. C’est un vrai défi quel que soit le statut juridique, et oui, comme l’indiquait Thier­ry Chiche, le prési­dent de notre groupe, c’est plus dif­fi­cile d’of­frir de l’excellence médi­cale à Berg­er­ac qu’à Paris.

Pourquoi ne réfléchiri­ons-nous pas comme en Espagne par exem­ple, en organ­isant la réponse aux besoins de soins dans un ter­ri­toire sur la base d’appels d’offres et d’engagements fer­mes sur une péri­ode déter­minée ? Nous sommes aujourd’hui dans une organ­i­sa­tion san­i­taire qui part essen­tielle­ment des offreurs instal­lés or il faudrait selon moi qu’elle soit davan­tage en réponse aux besoins des habi­tants du ter­ri­toire.

À Château­roux, ce qui m’intéresse par­ti­c­ulière­ment aujourd’hui, c’est de tra­vailler avec le maire, avec les pou­voirs poli­tiques locaux, avec l’Agence régionale de san­té sur l’élaboration d’un pro­jet ter­ri­to­r­i­al de san­té tel qu’il est prévu par la loi Ma San­té 2022. M’inscrire dans une poli­tique publique de san­té au ser­vice des habi­tants du ter­ri­toire, c’est vrai­ment ce qui me pas­sionne.