L’A­gence nationale d’ap­pui à la per­for­mance des étab­lisse­ments de san­té et médi­co-soci­aux (Anap) fête ses 10 ans, quelles sont les actions dont vous êtes la plus fière ? Quels sont les résul­tats de votre Con­trat d’objectifs et de per­for­mance ?

En dix ans, l’agence a enrichi son approche. Nous sommes passés d’une vision cen­trée sur la per­for­mance interne des étab­lisse­ments, inté­grant peu à peu la dimen­sion ter­ri­to­ri­ale, à une vision qui prend en compte la struc­tura­tion et la con­ti­nu­ité des par­cours en san­té et donc la per­for­mance col­lec­tive des acteurs de san­té sur un ter­ri­toire.

Je suis très fière des équipes de l’agence, car elles jouent un rôle de catal­y­seur et d’accélérateur des change­ments pour, in fine, amélior­er le ser­vice ren­du aux usagers. Nous nous inspirons des tech­niques du mar­ket­ing pour recueil­lir les besoins de nos util­isa­teurs et y répon­dre au mieux, ce qui con­stitue un change­ment majeur dans nos pra­tiques !

Les travaux sont engagés comme prévu sur tous les axes de notre COP. Notre pro­gramme de tra­vail en est le reflet. Nous con­tribuons ain­si à la struc­tura­tion ter­ri­to­ri­ale de l’offre, met­tons en place des out­ils et accom­pa­g­ne­ments pour ren­forcer la per­for­mance interne des étab­lisse­ments et co-con­stru­isons de nou­velles modal­ités de tra­vail pour faciliter l’appropriation et la mise en œuvre de ces solu­tions organ­i­sa­tion­nelles. Nous nous impliquons sur de nom­breux sujets mobil­isa­teurs pour les pro­fes­sion­nels comme la san­té men­tale, le numérique, l’organisation du séjour clin­ique, les hôpi­taux de prox­im­ité, l’immobilier, etc.

Entre acteurs de ter­rain sub­mergés par leurs oblig­a­tions quo­ti­di­ennes et les autorités de tutelle sou­vent qual­i­fiées par ces derniers de « hors sol », com­ment se situe l’ANAP et que pro­pose-t-elle ?

Tous les pro­jets que nous menons, les out­ils que nous dévelop­pons, nos pub­li­ca­tions, toutes nos actions procè­dent de l’expérience des pro­fes­sion­nels du ter­rain. Nous pro­posons aux pro­fes­sion­nels des solu­tions organ­i­sa­tion­nelles con­stru­ites avec et pour eux. Nous tra­vail­lons avec des groupes de tra­vail, nous nous déplaçons, nous dévelop­pons des offres fondées sur l’accompagnement des pro­fes­sion­nels tels que nos Appuis thé­ma­tiques, lancés en 2019. Enfin, nos équipes sont majori­taire­ment con­sti­tuées d’anciens pro­fes­sion­nels de l’hôpital, de clin­ique ou du médi­co-social afin de garder notre ancrage ter­rain !

Selon vous, quels sont les prin­ci­paux freins à la per­for­mance pour les étab­lisse­ments de    san­té ?

Les pro­fes­sion­nels prou­vent chaque jour qu’ils sont prêts à faire évoluer leurs organ­i­sa­tions si c’est au béné­fice des patients. Le cœur de notre tra­vail con­siste à leur pro­pos­er des solu­tions organ­i­sa­tion­nelles qui ont fait leurs preuves, améliorent les pra­tiques des pro­fes­sion­nels et in fine, le ser­vice ren­du à l’usager.

Désor­mais, l’enjeu est de raison­ner au niveau d’un bassin de pop­u­la­tion. Dans ce cadre, nous avons beau­coup tra­vail­lé sur les coopéra­tions qui sont indis­pens­ables, par exem­ple entre les acteurs de la ville, du san­i­taire et du médi­co-social, et ce, quel que soit le statut de chaque acteur. Notre pub­li­ca­tion, « Coopér­er ne va pas de soi » fait ressor­tir les freins qui pour­raient faire échouer une coopéra­tion. Les non-dits, les peurs, les a pri­ori sont cen­traux et jouent sur ces pro­jets. D’où l’importance de fonder les coopéra­tions sur des objec­tifs partagés !