Clin­iques et médecins libéraux : un binôme gag­nant pour innover ?

Étab­lisse­ments et médecins ont tout à gag­n­er à davan­tage coopér­er pour dévelop­per des inno­va­tions. Ils doivent trou­ver une con­cor­dance de leurs deux entre­pris­es, celle du médecin et celle de l’établissement de soins, pour porter un même pro­jet.

Toute­fois, il faut rester vig­i­lant sur les con­trats et la place des médecins dans les étab­lisse­ments. Le malaise des médecins de l’hôpital pub­lic est aus­si présent dans l’hospitalisation privée. Le rap­port entre celui qui finance et qui a le pou­voir, et celui qui pro­duit, doit être rééquili­bré.

Une par­tie du rôle de la médecine spé­cial­isée est d’amener l’innovation au plus proche du patient et il y a sur ce point une grande iné­gal­ité dans le soin. Lors des États généraux les 22 et 23 novem­bre prochains, nous nous inter­rogerons sur l’accès à tous aux inno­va­tions et au fait qu’elles soient souten­ables pour l’État et la société. Dans le même temps, il faut que les médecins se for­ment en per­ma­nence.

Le syn­di­cal­isme d’aujourd’hui est-il encore d’actualité ?

Il faut que nous propo­sions un syn­di­cal­isme de ser­vice, ce que nous ne faisons pas aujourd’hui. Il faut pro­pos­er des mod­èles économiques asso­ciés, afin que les médecins puis­sent bien, voire mieux tra­vailler. Ils sont aujourd’hui, au bout du rouleau, et on leur demande encore plus.

Il nous faut pré­par­er les médecins à leurs nou­veaux métiers : au tra­vail aidé, à la délé­ga­tion de tâch­es, com­ment tra­vailler avec les infir­mières de pra­tique avancée, les assis­tants médi­caux, les ingénieurs… Qui demain fera de l’innovation en san­té ? Nous créons une Mai­son de l’innovation, un lieu où des pro­fes­sion­nels de san­té et des entre­pris­es inno­vantes vont tra­vailler ensem­ble. Les statuts sont déposés et des parte­nar­i­ats financiers sont en place. Nous démar­rerons au 1er semes­tre 2020.

Deux points d’actualité. Les process de l’Ifaq comme de la cer­ti­fi­ca­tion 2020 se médi­calisent. Les médecins libéraux sont-ils prêts ?
Ils ne sont pas au courant pour beau­coup ! Ils pour­raient y par­ticiper, mais il faut qu’ils y trou­vent un intérêt : financier ou autre chose, par exem­ple une par­tic­i­pa­tion à la gou­ver­nance, l’amélioration de l’outil de tra­vail, etc.

Et quelle est votre per­cep­tion de la réforme des autori­sa­tions ? La réforme des autori­sa­tions est un élé­ment très impor­tant pour les médecins libéraux, car cela touche à l’exercice. Le portage des autori­sa­tions peut se faire de façon col­lé­giale, et de même, elles peu­vent être défendues par les médecins et les étab­lisse­ments.

Pro­gramme des 3e États généraux de la médecine spé­cial­isée