Un amende­ment au PLFSS, issu des travaux menés par la mis­sion par­lemen­taire sur les urgences et soutenu par le gou­verne­ment, pro­pose une refonte glob­ale du mod­èle de finance­ment des ser­vices d’urgences.

Ces derniers seront financés majori­taire­ment par une enveloppe for­faitaire qui dépen­dra, d’une part de l’importance de la pop­u­la­tion cou­verte par chaque ser­vice et de ses car­ac­téris­tiques socio-économiques, et d’autre part de la den­sité médi­cale libérale du ter­ri­toire. Ce nou­veau dis­posi­tif, déjà annon­cé en sep­tem­bre dans le Pacte des urgences, vien­dra rem­plac­er le finance­ment actuel, qui est défi­ni en fonc­tion de l’activité de chaque ser­vice et repose sur un for­fait annuel (FAU) et sur un tarif par pas­sage (ATU). Une part minori­taire de finance­ment à l’activité per­dur­era, éventuelle­ment pondérée en fonc­tion de la lour­deur des patients pris en charge, tan­dis qu’une part de finance­ment à la qual­ité sera intro­duite via IFAQ.

Tout d’abord la méth­ode nous inter­roge, car le précé­dent mod­èle de finance­ment avait été redéfi­ni en 2016 de façon par­tic­i­pa­tive à par­tir des travaux des sociétés savantes et après une expéri­men­ta­tion. Sa mise en œuvre avait été lis­sée sur 4 années, soit un terme au 1er mars 2019. À peine quelques mois plus tard, nous sommes invités à pren­dre acte de ces nou­veaux par­a­digmes de finance­ment.

Ensuite le fond manque à ce stade de trans­parence. Si le principe fon­da­teur du mod­èle, à savoir le fait d’être au ser­vice d’un bassin de pop­u­la­tion, est intéres­sant, nous sommes en revanche très inter­ro­gat­ifs sur sa tra­duc­tion en « dota­tion pop­u­la­tion­nelle » dans le PLFSS, aux côtés d’une rémunéra­tion à l’activité et à la qual­ité. Pour l’heure, nous deman­dons une meilleure lis­i­bil­ité de ce nou­veau mod­èle qui requiert néces­saire­ment une péri­ode d’expérimentation et de tran­si­tion. Sur ce sujet majeur, la co-con­struc­tion avec les acteurs de ter­rain et les fédéra­tions hos­pi­tal­ières est indis­pens­able.

Enfin, alors que nous prônons col­lec­tive­ment depuis plusieurs années la mise en place de mesures de sim­pli­fi­ca­tion, ce nou­veau mod­èle de finance­ment sem­ble par­ti­c­ulière­ment com­plexe. Nous res­terons vig­i­lants sur le fait que ce dis­posi­tif demeure lis­i­ble pour l’ensemble des pro­fes­sion­nels, mais aus­si équitable pour l’ensemble des offreurs de soins.

Ségolène Ben­hamou
Prési­dente de la FHP-MCO