Lau­rence Culine, coor­di­na­teur SCERI-San­téC­ité (San­téC­ité enseigne­ment-recherche-inno­va­tion), Paris, est aus­si directeur de recherche clin­ique et inno­va­tion à Alliance Cli­navenir, Toulouse ; auteur du « Mémen­to sur les recherch­es impli­quant la per­son­ne humaine por­tant sur un médica­ment ». Son ouvrage vient d’être réédité pour la 3e fois.

Com­ment vous est venue l’idée d’écrire un Mémen­to ?

En 1995, j’é­tais à Mont­pel­li­er, au cen­tre anti-can­céreux Val d’Au­relle devenu aujour­d’hui ICM, respon­s­able d’une équipe de recherche clin­ique. Nous devions lancer la dynamique de recherche clin­ique avec plusieurs équipes médi­cales. Il était donc indis­pens­able d’être con­forme à la régle­men­ta­tion et de nous assur­er de l’adéquation des moyens (humains, tech­niques et financiers). Cepen­dant, nous avons ren­con­tré des dif­fi­cultés dues à la com­plex­ité de cette dis­ci­pline, qui demande une organ­i­sa­tion mul­ti­ser­vices. Il faut savoir que la mise en place de la recherche clin­ique dans un étab­lisse­ment de san­té impacte tous les ser­vices de l’établissement. L’idée pri­maire était d’écrire un doc­u­ment interne rap­pelant tous les textes régle­men­taires, les autorités, les struc­tures, la vig­i­lance et le prati­co-pra­tique pour aider les médecins chercheurs — notam­ment les internes et les chefs de clin­ique — à respecter la régle­men­ta­tion dans leurs travaux de recherche clin­ique d’une part et d’autre part, à leur faire pren­dre con­science qu’il était néces­saire de s’en­tour­er d’une équipe de recherche for­mée pour réalis­er une recherche de qual­ité sans risque.

Au vu du doc­u­ment réal­isé avec deux de mes col­lab­o­ra­tri­ces (2 ans de tra­vail), les équipes médi­cales nous ont forte­ment recom­mandé de faire éditer cet ouvrage. Une nou­velle longue péri­ode fut néces­saire pour trou­ver un édi­teur et un sou­tien indus­triel, car le con­cept était inno­vant et dif­fi­cile à ven­dre. En 2008, un sou­tien indus­triel a per­mis d’éditer l’ouvrage chez Springer, à la con­di­tion que celui-ci soit dis­tribué en nation­al par l’in­dus­triel. L’ouvrage a été dif­fusé à 3 000 exem­plaires.

La recherche médi­cale existe depuis la nuit des temps. Le pre­mier texte lég­is­latif adop­té a vu le jour en 1988 (Loi Huri­et-Ser­us­clat abrogée). Depuis, la loi ne cesse d’évoluer et nous devons nous adapter. En 2011, il était ain­si néces­saire de faire une mise à jour pour anticiper l’ar­rivée de la Loi Jardé en 2012, qui a vu naître son décret en 2016.

Pourquoi un délai de 8 ans entre la 2e édi­tion et la 3e édi­tion ?

Tout sim­ple­ment pour appréhen­der au mieux le tour­nant régle­men­taire généré par la Loi Jardé. Nous atten­dions la sor­tie de son décret et surtout sa mise en place. La mise à jour d’un tel ouvrage est un tra­vail fas­ti­dieux et très long. Il est égale­ment impor­tant de savoir que les délais entre la fin de l’écri­t­ure de l’ou­vrage et sa sor­tie peu­vent vari­er de 3 à 9 mois (la relec­ture, la mise en con­for­mité édi­to­ri­ale, les cor­rec­tions et enfin l’im­pres­sion). Nous ne voulions pas pren­dre le risque d’être édités et « caduque » dans la foulée.

Com­ment faire pour obtenir cet ouvrage et à qui est-il des­tiné ?

La 3e édi­tion a été plus com­pliquée que nous le pen­sions. La loi « anti-cadeaux* » de Xavier Bertrand ne per­met plus aux indus­triels de soutenir un tel pro­jet. Par con­séquent, j’ai dû acheter les droits d’au­teur et en faire un livre d’au­teur. C’est un méti­er !

Cha­cune d’en­tre nous a gran­di pro­fes­sion­nelle­ment et nos dif­férents hori­zons ont per­mis d’enrichir cet ouvrage. Grâce à notre lien pro­fes­sion­nel devenu lien d’amitié, la rédac­tion de cette 3e édi­tion a pris de l’envergure. Il est aujourd’hui dédié aux pro­fes­sion­nels de san­té, aux pro­fes­sion­nels de recherche, aux étu­di­ants mais aus­si aux patients et aidants pour leur per­me­t­tre d’être au cœur de leur san­té et com­pren­dre les enjeux et les modal­ités pra­tiques d’une par­tic­i­pa­tion à une étude de recherche clin­ique.

Pour l’obtenir, une adresse mail : memento.rc@gmail.com
* Loi du 27 jan­vi­er 1993 por­tant divers­es mesures d’ordre social, dite « Loi DMOS », con­solidée par la Loi du 29 décem­bre 2011 rel­a­tive au ren­force­ment de la sécu­rité san­i­taire du médica­ment et des pro­duits de san­té, dite « Loi Bertrand ». Arti­cle L4113‑6 du Code de la san­té publique.