IA-eSanté-Santé-FHPMCO-Cancer-Poumon-Google-Bigdata-Dépistage-CancerLe can­cer du poumon est le qua­trième can­cer le plus fréquent en France, tous sex­es con­fon­dus. Selon les chiffres de l’INCa, 46 363 nou­veaux cas sont estimés en 2018. Son inci­dence se place au sec­ond rang chez les hommes (31 231 cas) et fig­ure au troisième rang chez les femmes (15 132). Toute­fois l’écart com­mence à se réduire au détri­ment de ces dernières qui sont davan­tage touchées par ce can­cer. Alors qu’en Europe, 279 000 décès sont même prévus à cause du can­cer du poumon en 2019, le dépistage de ce fléau pour­rait con­naître un tour­nant majeur grâce à l’Intelligence Arti­fi­cielle.

Difficulté de diagnostic des scanners pour dépister les cancers

Le dépistage du can­cer du poumon s’effectue par scan­ner (ou tomod­en­sit­o­métrie), générale­ment à la suite de trou­bles sus­pects de la res­pi­ra­tion. En cas d’anomalies repérées, une biop­sie est néces­saire. Cette méth­ode inva­sive con­siste à prélever et analyser la poten­tielle tumeur. Pour Alain Livar­tows­ki, médecin et directeur des data de l’Institut Curie, il n’est pas tou­jours facile de for­muler un diag­nos­tic : « Un nod­ule peut avoir 30 à 40 diag­nos­tics dif­férents », ce qui peut entraîn­er des erreurs de juge­ments qui peu­vent être déci­sives pour le patient.

L’IA Google, plus forte que la médecine ?

Dans le domaine médi­cal, notam­ment en can­cérolo­gie, l’intelligence arti­fi­cielle occupe une place gran­dis­sante dans le dépistage. (Analyse d’un grain de beauté, inter­pré­ta­tion d’une radi­ogra­phie des poumons, mam­mo­gra­phie…) Si les pro­grammes se lim­i­tent toute­fois à sup­pléer l’activité médi­cale dans un cadre bien pré­cis, une équipe de chercheurs de Google AI aurait dévelop­pé une tech­nolo­gie supérieure. Ce pro­gramme serait capa­ble de réalis­er toutes les étapes du dépistage du can­cer du poumon de manière autonome, aus­si bien, voire mieux que les radi­o­logues selon la recherche de ces ingénieurs, pub­liée dans Nature Med­i­cine.

Con­crète­ment, les chercheurs ont inté­gré à cette intel­li­gence arti­fi­cielle 14 000 scan­ners de per­son­nes, dont 638 souf­frant d’un can­cer du poumon. Durant la phase de test, le pro­gramme, dévelop­pé avec des algo­rithmes de deep learn­ing, a su être plus per­for­mant que six radi­o­logues auquel il a été con­fron­té. À l’issue de ces essais, le pro­gramme a détec­té ces tumeurs malignes avec 94,4 % d’efficacité.

Repérer ce qui échappe à l’œil humain

Le poten­tiel de ce nou­veau pro­gramme réside d’abord par la mise au point d’un algo­rithme effi­cace, qui s’enrichit par la col­lecte de don­nées et analyse les infor­ma­tions en trois dimen­sions. En d’autres ter­mes, le logi­ciel observe de manière simul­tanée les dif­férentes images, comme si elle plongeait au cœur de la cage tho­racique du sujet, là où l’interprétation humaine dis­pose d’une vision plus uni­latérale.

Fran­cis Besse, radi­o­logue en Seine-Saint-Denis, se mon­tre assez con­va­in­cu quant à l’utilité de ce genre de pro­gramme pour sup­pléer la prise en charge et le diag­nos­tic médi­cal. En revanche, il admet qu’une « con­fi­ance aveu­gle dans cet algo­rithme reste aujourd’hui pré­maturée ».

Il reste donc à savoir com­ment le sys­tème de machine learn­ing pour­ra se dévelop­per pour se pronon­cer sur des cas plus com­plex­es pour pleine­ment valid­er ou invalid­er l’interprétation humaine.

Sources :

https://www.e‑cancer.fr/Professionnels-de-sante/Les-chiffres-du-cancer-en-France/Epidemiologie-des-cancers/Les-cancers-les-plus-frequents/Cancer-du-poumon

http://sante.lefigaro.fr/article/google-a-developpe-une-intelligence-artificielle-capable-de-detecter-les-cancers-du-poumon/

https://www.letemps.ch/sciences/une-intelligence-artificielle-google-detecter-cancers-poumon

https://www.lepoint.fr/sante/google-peut-desormais-detecter-le-cancer-du-poumon-28–05-2019–2315646_40.php