Qu’est-ce que le pro­gramme DRIM France IA ? 

DRIM France IA, c’est l’idée de toute une pro­fes­sion : la radi­olo­gie française. Les querelles entre pub­lic et privé se sont effacées pour ce pro­jet.

Il s’ag­it de s’u­nir pour avoir accès rapi­de­ment aux out­ils d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle, en prof­i­tant de ce sur quoi nous pou­vons cap­i­talis­er : nos don­nées.

Face au coût des out­ils d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle, nous avons cher­ché des moyens de les financer. Nous avons 5 années d’archivage util­is­able soit une base de 500 mil­lions de dossiers, qui s’en­ri­chit chaque année de 100 mil­lions de dossiers sup­plé­men­taires.

À par­tir de cette richesse, nous avons décidé de con­stru­ire un écosys­tème par­ti­c­uli­er, basé sur des trans­ac­tions d’échange: les radi­o­logues pro­posent ces don­nées gra­tu­ite­ment aux indus­triels, en échange de quoi ces derniers met­tent à leur dis­po­si­tion des out­ils et des logi­ciels d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle. Nous avons fondé une asso­ci­a­tion à but non lucratif.

Quels sont les avan­tages de ce sys­tème ?

Les out­ils d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle ain­si obtenus pour­ront être con­sacrés à l’usage courant, mais aus­si à la recherche, à la for­ma­tion des futurs radi­o­logues et enfin, à la for­ma­tion con­tin­ue de ceux qui exer­cent déjà.

Notre écosys­tème DRIM nous per­met égale­ment d’ac­com­pa­g­n­er la recherche et de for­muler aux indus­triels ce dont nous avons réelle­ment besoin, du point de vue de la pra­tique.

De plus, cela per­met à la France de se pro­fil­er dans ce domaine de pointe. J’ai d’ailleurs récem­ment inté­gré le groupe de réflex­ion sur l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle du Amer­i­can Col­lege of Tech­nol­o­gy, à Chica­go.

Notre pro­jet n’a pas voca­tion à rester enfer­mé dans la radi­olo­gie. Il doit s’ou­vrir vers les autres spé­cial­ités, la médecine nucléaire, la car­di­olo­gie, la gas­troen­térolo­gie, toutes les spé­cial­ités qui utilisent l’im­agerie : pour le suivi thérapeu­tique, pourquoi ne pas rac­crocher sur la banque génomique et faire de la médecin pré­dic­tive… C’est un pro­jet qui ne peut que se dévelop­per dans l’avenir.

Doit-on s’in­quiéter des immenses pos­si­bil­ités de l’IA en imagerie ?

Les radi­o­logues n’ont rien à crain­dre des out­ils d’in­tel­li­gence arti­fi­cielle pour deux raisons. La pre­mière, c’est qu’ils les con­nais­sent bien : le scan­ner, les IRM ou autres, utilisent déjà l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle. Ensuite, ce qui car­ac­térise l’ex­a­m­en de radi­olo­gie, c’est le compte-ren­du, et les radi­o­logues vont évidem­ment con­tin­uer à valid­er les compte-ren­dus. Car en cas d’er­reur, qui pour­ra être tenu respon­s­able ? Le con­cep­teur de l’outil ? Le manip­u­la­teur qui aura appuyé sur le bou­ton pour lancer l’outil ? Ou bien plutôt, le radi­o­logue, qui est respon­s­able de l’ex­a­m­en ? Les radi­o­logues seront tou­jours en charge de l’analyse, de l’ex­a­m­en et de la val­i­da­tion. Par con­tre, l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle leur fera gag­n­er du temps et ce temps pour­ra être util­isé pour amélior­er la rela­tion avec le patient et mieux leur expli­quer les résul­tats.

Retrou­vez le Dr Mas­son dans le n°31 de Dia­logue San­té con­sacré aux enjeux de l’intelligence arti­fi­cielle, édité par la FHP-MCO, à recevoir très prochaine­ment dans vos étab­lisse­ments.