Pourquoi avoir créé un ser­vice de médecine géri­a­trique au sein d’un étab­lisse­ment de SSR ?

Tout sim­ple­ment pour pro­pos­er aux per­son­nes âgées une fil­ière de soins inté­grée sur un même site, et leur éviter un pas­sage par les urgences. Notre étab­lisse­ment, créé en 2013, dis­pose de 164 lits dédiés à la prise en charge de la per­son­ne âgée. Nous avons débuté avec un ser­vice de SSR spé­cial­isé dans la prise en charge des per­son­nes âgées dépen­dantes ou en risque de dépen­dance. Ensuite, nous avons ouvert un Ehpad puis une unité de soins longue durée. Actuelle­ment nous avons 5 autori­sa­tions d’ac­tiv­ité de soins. Mais le SSR n’a pas voca­tion à faire du diag­nos­tic. Par ailleurs, les patients pris en charge en ser­vice de SSR spé­cial­isé sont de plus en plus lourds — les études de la Drees en attes­tent — donc néces­si­tent un suivi médi­cal ren­for­cé. Notre objec­tif fut donc de met­tre en place une fil­ière géri­a­trique inté­grée sur un site unique, qui puisse répon­dre aux besoins de la per­son­ne âgée quel que soit son état pathologique. Pour cela, nous devions dis­pos­er d’un ser­vice de médecine. Ce nou­veau ser­vice de 14 lits est fonc­tion­nel depuis le 11 févri­er. 2 médecins géri­a­tres for­més au pôle géri­a­trique du CHU de Toulouse nous ont rejoints pour l’occasion.

Quel est votre rôle dans l’organisation des soins au sein du ter­ri­toire ?

L’offre de soins décline dans Toulouse intra­muros, notam­ment depuis que deux clin­iques MCO ont fusion­né et se sont instal­lées à la périphérie. L’une d’elle dis­po­sait d’une fil­ière de court séjour géri­a­trique. Pour inté­gr­er un SSR, la majorité des patients passent donc par le CHU, dont les ser­vices de court séjour et de post-urgences géri­a­triques sont sat­urés. Nous col­laborons étroite­ment avec le CHU de Toulouse. Nous sommes mem­bre parte­naire du GHT et nous sommes agréés comme lieu de stage pour les internes de médecine générale dans un dis­posi­tif par­ti­c­uli­er de stages cou­plés : 3 mois au sein du pôle géri­a­trique du CHU et 3 mois chez nous.

La clin­ique est au cœur de la fil­ière géri­a­trique du ter­ri­toire, nous avons des con­ven­tions avec les SSIAD, les USLD, les MAIA*. Nous tra­vail­lons aus­si avec les médecins général­istes des envi­rons, qui attendaient impatiem­ment l’ouverture de ce ser­vice. Nous avons infor­mé tous ces parte­naires, à chaque étape du pro­jet. Entre le déficit de l’offre de soins, le manque de places adap­tées et la ten­sion aux urgences, l’ARS a exprimé un besoin que nous avons pu combler.

Con­crète­ment, com­ment fonc­tionne ce ser­vice ?

Les patients sont adressés directe­ment par les médecins général­istes du secteur. C’est le cœur du pro­jet : éviter autant que pos­si­ble le pas­sage par les urgences. Sur les 17 pre­miers patients, 14 sont arrivés directe­ment de leur domi­cile. Nous accueil­lons des per­son­nes âgées de 75 ans et plus, qui souf­frent de tous types de décom­pen­sa­tions métaboliques, mais aus­si de démences ou de trou­bles du com­porte­ment. Récem­ment nous avons eu beau­coup de patients atteints de la grippe. Tous nos médecins sont salariés, sauf les spé­cial­istes libéraux qui inter­vi­en­nent pour du diag­nos­tic : cela nous évite de devoir déplac­er le patient. Mais ce sont nos médecins géri­a­tres qui hos­pi­talisent et ont la respon­s­abil­ité du patient. La DMS nationale en court séjour géri­a­trique est de 9 jours. Nous nous sommes fixés 7–8 jours. Ensuite, nous pou­vons pro­pos­er aux patients sur site un séjour en SSR, USLD ou Ehpad si besoin.

Con­cer­nant les plateaux tech­niques, par notre posi­tion­nement en zone urbaine nous tra­vail­lons avec les cen­tres de radi­olo­gie voisins avec lesquels nous avons ren­for­cé nos con­ven­tions. Nous restons atten­tifs sur les réformes annon­cées con­cer­nant les hôpi­taux de prox­im­ité, les autori­sa­tions et plus générale­ment le plan Ma San­té 2022. Nous allons par con­tre prochaine­ment accueil­lir une antenne d’un lab­o­ra­toire médi­cal : un atout de plus pour amélior­er la prise en charge.

* Le dis­posi­tif MAIA pour « Mai­son pour l’autonomie et l’intégration des malades d’Alzheimer » a été rebap­tisé en 2011 « Méth­ode d’Action pour l’Intégration des ser­vices d’aide et de soin dans le champ de l’Autonomie ». Il s’adresse à l’ensemble des per­son­nes âgées de 60 ans et plus, plus par­ti­c­ulière­ment celles atteintes d’Alzheimer ou d’une mal­adie appar­en­tée.