La mul­ti­pli­ca­tion des annonces, des travaux et des réformes en cours impac­tant le sys­tème hos­pi­tal­ier mobilise à l’excès les pro­fes­sion­nels de san­té et les forces vives des dif­férentes par­ties prenantes, dont la FHP-MCO fait par­tie.

Nous avons le tour­nis car ce sont des réformes struc­turelles majeures qui s’empilent : la réforme du droit des autori­sa­tions sur toutes les activ­ités de soins, la réforme du finance­ment portée notam­ment par le rap­port Aubert, la réforme de la fac­tura­tion des trans­ports, la réforme sociale s’ajoutent aux exi­gences nor­ma­tives tou­jours crois­santes con­cer­nant les IBODE ou la séri­al­i­sa­tion des médica­ments, sans oubli­er la mul­ti­pli­ca­tion des guides, ou encore la nou­velle cer­ti­fi­ca­tion V2020.

L’intérêt du patient nous guide tous, pou­voirs publics comme pro­fes­sion­nels et étab­lisse­ments de san­té. Mais l’enfer est pavé de bonnes inten­tions, et il faut pren­dre le temps de la réflex­ion et faire des études d’impact pour effec­tive­ment se don­ner les moyens d’atteindre les objec­tifs que l’on s’est fixés col­lec­tive­ment. Pour la FHP-MCO comme pour les autres fédéra­tions, cela demande une énergie folle et toute votre exper­tise pour analyser cha­cun des points au regard des don­nées sociales et économiques de notre pro­fes­sion et des sim­u­la­tions néces­saires. Et après, com­ment allons-nous met­tre en œuvre ces réformes dans le quo­ti­di­en de nos étab­lisse­ments, for­mer nos équipes, revoir nos boîtes à out­ils et mod­i­fi­er nos pra­tiques ? Les pro­fes­sion­nels de ter­rain, déjà bien sol­lic­ités et par­fois échaudés, sont-ils prêts à encaiss­er tous ces change­ments ?

Alors comme l’a dit la Min­istre Agnès Buzyn face aux dif­fi­cultés de mise en œuvre d’une réforme des trans­ports inter-étab­lisse­ments insuff­isam­ment pré­parée, il est temps de faire une pause. Ce leit­mo­tiv a été repris par Lamine Ghar­bi dans les vœux qu’il a for­mulés pour la Fédéra­tion, et nous nous y asso­cions pleine­ment. Si l’on veut aller loin et men­er à leur terme les réformes, il ne faut pas con­fon­dre vitesse et pré­cip­i­ta­tion. La feuille de route est con­nue avec « Ma san­té 2022 ». Mais la route sera longue et un appel au réal­isme est indis­pens­able.
Avant d’être à « bout de souf­fle », une pause est néces­saire… au moins sur le rythme.