PDG du Groupe San­té Vic­tor Pauchet à Amiens, Stéphan de BUTLER d’ORMOND a été élu Prési­dent de San­téC­ité le 7 décem­bre dernier. Il vient de pren­dre au 1er jan­vi­er la gou­ver­nance stratégique et opéra­tionnelle de cette société anonyme à voca­tion coopéra­tive.

Qu’est ce qui car­ac­térise un étab­lisse­ment indépen­dant ?

Tout d’abord, un étab­lisse­ment de san­té indépen­dant relève les mêmes défis de voca­tion san­i­taire, de rentabil­ité économique, d’adap­ta­tion, d’in­no­va­tion, de com­péti­tiv­ité que les autres, mais ce qui le car­ac­térise par­ti­c­ulière­ment est la péren­nité de son développe­ment. Son man­ag­er a une vision à long terme et un mod­èle de finance­ment fondé sur l’investissement. Nos étab­lisse­ments coopéra­teurs veu­lent être là durable­ment.
Dans notre mod­èle, le dirigeant fait corps avec son étab­lisse­ment. Cer­tains ont créé leur struc­ture, tous la por­tent avec énergie et « mouil­lent le mail­lot » avec leurs médecins et leurs col­lab­o­ra­teurs. Nous sommes cha­cun ancrés dans nos ter­ri­toires, chaque dirigeant est respon­s­able de ses salariés. Nous por­tons une voca­tion, celle de soign­er, et nous nous enga­geons fon­da­men­tale­ment pour l’étab­lisse­ment lui-même, car nous sommes moins dépen­dants d’enjeux extérieurs. Nous avons la cul­ture d’une « Entre­prise à Mis­sion ».

Le nom­bre d’établissements indépen­dants dimin­ue, com­ment voyez-vous l’évolution de votre mod­èle ?

Nous voulons en faire un mod­èle d’avenir. San­téC­ité est un groupe coopératif qui cul­tive des valeurs pro­pres. Plusieurs groupes de clin­iques privées impor­tants n’ont pas à pâlir de ce qu’ils ont con­stru­it. Nous n’agissons pas par dif­férence envers ces mod­èles, mais par préférence, notre mod­èle se fon­dant sur des dirigeants respon­s­ables, qui incar­nent leurs valeurs, fonc­tion­nent très étroite­ment avec leurs col­lab­o­ra­teurs et créent pour leurs médecins les con­di­tions d’exercice en respec­tant fon­da­men­tale­ment leur mode d’exercice libéral.

Nous souhaitons dévelop­per cette image de mar­que San­téC­ité, la posi­tion­ner dans l’échiquier et faire en sorte qu’elle devi­enne une mar­que plus insti­tu­tion­nelle et un label recon­nu des pro­fes­sion­nels de san­té et des patients. De plus, San­téC­ité se recon­naît dans les enjeux socié­taux comme celui de la respon­s­abil­ité sociale d’entreprise (RSE).

Com­ment le Groupe Coopératif San­téC­ité fonc­tionne-t-il ?

Notre par­tic­u­lar­ité est d’être à un car­refour entre le mod­èle d’en­tre­prise, par exem­ple un statut de société anonyme, et une logique d’en­tre­prise coopéra­tive. Nous avons souhaité pro­fes­sion­nalis­er davan­tage notre organ­i­sa­tion, qui a été con­stru­ite par une addi­tion d’initiatives et de volon­tés entre­pre­neuri­ales. Tous les coopéra­teurs ont une appé­tence pour la mutu­al­i­sa­tion d’ac­tions, le « bench­mark­ing » des meilleures organ­i­sa­tions, pour que nos coopéra­teurs puis­sent accélér­er leur évo­lu­tion. Nous faisons action com­mune sur les achats, la recherche, et souhaitons porter de nom­breux pro­jets nou­veaux.

L’esprit coopéra­teur c’est la mutu­al­i­sa­tion et l’énergie col­lec­tive de l’action, en con­ser­vant sa respon­s­abil­ité de dirigeant et son autonomie d’initiative opéra­tionnelle.

San­téC­ité s’est doté d’une struc­ture légère au ser­vice de ses coopéra­teurs qui s’engagent per­son­nelle­ment et avec leurs col­lab­o­ra­teurs dans les actions col­lec­tives du Groupe.

Le pre­mier axe de mon pro­gramme est l’amélioration de la per­for­mance des coopéra­teurs. Cela passe notam­ment par con­solid­er la fil­iale Achats avec Pierre MALTERRE son Prési­dent.
Le deux­ième axe est l’accélération des ini­tia­tives de partage des savoir-faire via du bench­mark notam­ment.
L’innovation est notre troisième axe : le numérique, l’ar­ti­cle 51 sont par exem­ple au cœur de nos atten­tions. Nous nous sommes par exem­ple dotés d’un HiLab, ou encore tra­vail­lons sur le pro­jet HOP’EN. Nous per­me­t­tons aus­si aux coopéra­teurs de San­téC­ité de s’engager ensem­ble dans une dynamique de recherche avec notre GCS SCERI, présidé par Thier­ry ROYER, struc­ture qui a per­mis de mutu­alis­er leurs points pour ceux qui s’engagent ensem­ble dans les essais clin­iques ou bien les pub­li­ca­tions.
Le qua­trième axe con­cerne le cap­i­tal. Nous voulons don­ner la capac­ité à un coopéra­teur de trans­met­tre son organ­i­sa­tion dans le respect de son mod­èle d’indépendant. Au-delà, nous pour­rions être en capac­ité de dévelop­per un véhicule cap­i­tal­is­tique. San­téC­ité n’a pas voca­tion à devenir un groupe cap­i­tal­is­tique mais l’idée pour­rait être un véhicule de portage, de trans­mis­sion, ou de tran­si­tion.

San­téC­ité en chiffres :
133 étab­lisse­ments coopéra­teurs, 2,6 mil­liards d’euros de bud­gets cumulés (2017).
Notre struc­ture est légère avec 2 col­lab­o­ra­teurs au siège pour la coor­di­na­tion générale, 2 à 4 per­son­nes sont en charge des achats, 2 en charge de la recherche.
Le comité de direc­tion par­i­taire homme-femme est com­posé de : Charles-Antoine BENHAMOU, Dr Jean CANARELLI, Claire GRENOUILLET, Béa­trice LE GOUPIL, Dr Thier­ry MORVAN et Pas­cale PROST.
Nous nous appuyons sur une présence très forte de coopéra­teurs investis à nos côtés pour con­tribuer au suc­cès de nos actions.