SOFCOT : fais­abil­ité des pro­to­coles RAAC

La Récupéra­tion Améliorée après Chirurgie pro­thé­tique de la hanche et du genou était au pro­gramme du grand ren­dez-vous de la pro­fes­sion qui rassem­ble 3 800 chirurgiens orthopédistes à l’occasion du con­grès annuel de la Sof­cot.

La pose d’une pro­thèse totale du genou est con­sid­érée comme une inter­ven­tion lourde, néces­si­tant une réé­d­u­ca­tion com­plexe qui se déroule lors d’un séjour en cen­tre de réé­d­u­ca­tion. « Toute­fois, des travaux récents sug­gèrent qu’il est inutile de pro­téger exces­sive­ment le patient. La reprise des activ­ités de la vie courante est pos­si­ble de façon pré­coce », rap­pel­lent les Drs Jean-Yves Jen­ny (Stras­bourg) et Aymard de Ladoucette (Toulouse). Ces pro­to­coles peu­vent être très vari­ables. Mais des règles com­munes émer­gent. Il appa­raît souhaitable de lever les patients et de les faire marcher dès le soir de l’intervention, de leur autoris­er la pra­tique des escaliers dans les pre­miers jours après l’intervention et d’autoriser un retour à domi­cile. Sous la direc­tion de ces deux médecins, la Soft­cot a organ­isé une étude prospec­tive de cohorte mul­ti­cen­trique à laque­lle ont col­laboré une dizaine de cen­tres experts en pro­thèse de hanche et de genou au niveau nation­al. Elle per­met un suivi prospec­tif de 2 000 patients opérés d’une pro­thèse totale de hanche ou de genou, avec un suivi exhaus­tif à un an de recul après l’intervention. L’analyse des résul­tats mon­tre la fais­abil­ité des pro­to­coles RAAC, quelle que soit la struc­ture chirur­gi­cale. Cette étude sug­gère donc que les pro­to­coles RAAC peu­vent être util­isés de façon rou­tinière et doivent devenir le pro­to­cole de réé­d­u­ca­tion stan­dard après la mise en place d’une pro­thèse totale de hanche et de genou en France.

Arti­cle 51, c’est par­ti

Dès le début de l’année, une trentaine d’expérimentations rel­a­tives aux trois modes de finance­ment déroga­toires iden­ti­fiés, objets des appels à man­i­fes­ta­tion d’intérêt, vont démar­rer.

Le dis­posi­tif a sus­cité un puis­sant intérêt puisque près de 450 por­teurs de pro­jets poten­tiels se sont déjà engagés. Sur cette base, l’ambition, pour l’année 2019, est de démar­rer rapi­de­ment des expéri­men­ta­tions pro­posées par les acteurs de ter­rain qui cou­vrent tous les secteurs d’activité, toutes les régions, toutes les pri­or­ités de san­té publique et un large éven­tail de nou­velles modal­ités de finance­ment et d’organisation des pris­es en charge.

Le cahi­er des charges des 3 nou­veaux modes de finance­ment — paiement à l’épisode de soins (EDS) pour des pris­es en charge chirur­gi­cales, inci­ta­tion à une prise en charge partagée (IPEP), paiement en équipe de pro­fes­sion­nels de san­té en ville (PEPS) – sera co-con­stru­it d’ici fin 2019.

En 20 ans, l’obstétrique a per­du 40 % de son per­son­nel

C’est le con­stat amer que fait le CNGOF en amont du col­loque annuel des gyné­co­logues obstétriciens qui dénonce que « l’hémorragie de moyens humains a ses lim­ites ».

Médecins, sages-femmes, anesthé­sistes, infirmier(e)s : jusqu’où peut-on laiss­er les ressources humaines dévolues aux mater­nités dimin­uer, à force de restruc­tura­tions ? inter­roge le Col­lège nation­al des gyné­co­logues et obstétriciens français (CNGOF). « En 20 ans, l’obstétrique a per­du 40 % de son per­son­nel : 200 mater­nités ont été fer­mées, pour créer de plus gross­es struc­tures, sans que le per­son­nel per­du d’un côté soit réper­cuté en pro­por­tion. Moins chères sans doute, elles n’en sont donc pas for­cé­ment plus sûres. » résume le Pr Israël Nisand, prési­dent du CNGOF. Les recom­man­da­tions en ter­mes de ressources humaines min­i­mum req­ui­s­es seront présen­tées par la com­mis­sion RH créée à cet effet lors du col­loque annuel du Col­lège, qui se tien­dra du 4 au 7 décem­bre.

Le CNGOF rap­pelle que deux tiers des mater­nités ont fer­mé entre 1972 et 2012, sig­nifi­ant moins de lits d’obstétrique et des mater­nités regroupées au sein de struc­tures de plus en plus con­séquentes. En 2012, on ne recen­sait ain­si plus que 544 mater­nités sur le ter­ri­toire. Le nom­bre de gross­es mater­nités assur­ant plus de 3 000 accouche­ments par an a ain­si dou­blé entre 2002 et 2012, tan­dis que celles qui assur­aient moins de 500 nais­sances ont dimin­ué de moitié. Alors qu’ils n’étaient que 5 % en 1995, 40 % des étab­lisse­ments assurent aujourd’hui plus de 2 000 accouche­ments par an.