De notre capac­ité à maîtris­er les enjeux numériques dépend notre avenir.

Les admin­is­tra­teurs de la FHP-MCO accueil­laient mer­cre­di Dominique PON, Directeur Général de la Clin­ique Pas­teur à Toulouse, qui était l’un des deux pilotes de l’axe « Accélér­er le virage numérique » de la Stratégie de Trans­for­ma­tion du Sys­tème de San­té et vient d’être con­fir­mé par la Min­istre comme copi­lote pour le chantier numérique de « Ma San­té 2022 ». L’état embry­on­naire des ser­vices numériques de san­té en France, l’absence de gou­ver­nance et de « sché­ma directeur » nation­al sont le con­stat de départ.

Pour struc­tur­er une stratégie ambitieuse du numérique et fédér­er tous les acteurs, le rap­port pré­conise en pre­mier lieu de fix­er un cadre éthique. Il doit per­me­t­tre de don­ner du sens au déploiement de la e‑santé en France, en dévelop­pant la con­fi­ance auprès des usagers et des pro­fes­sion­nels de san­té. Ce cadre de valeurs partagées devra con­cern­er l’éthique des don­nées, des algo­rithmes, des pra­tiques et des déci­sions, afin de garan­tir une approche human­iste du numérique.

Une autre des propo­si­tions phare de ce rap­port, d’ores et déjà validée par le Prési­dent de la République, est la créa­tion d’un « espace numérique de san­té » pour chaque usager. Il est décrit comme un compte per­son­nel unique, créé dès la nais­sance, per­me­t­tant à cha­cun de gér­er l’ensemble de ses don­nées de san­té ain­si que tous ses ser­vices numériques de san­té. Si le DMP en est une brique, les pos­si­bil­ités en matière d’usages de cet espace vont bien au-delà : car­net de san­té, con­stantes de san­té, ordon­nances, mais égale­ment agen­da de san­té, mes­sagerie sécurisée, dossier assur­ance mal­adie, sans oubli­er un « store » san­té com­posé des appli­ca­tions en san­té référencées au niveau nation­al et sélec­tion­nées par l’usager.

D’un point de vue con­cret et très opéra­tionnel, il est urgent que la France dote ses citoyens d’un iden­ti­fi­ant nation­al de san­té. Le rap­port recom­mande égale­ment d’imposer aux édi­teurs de logi­ciels en san­té un bou­ton d’appel con­textuel, qui per­me­tte l’interopérabilité et qui nous fait cru­elle­ment défaut aujourd’hui.

Pour men­er à bien ce virage numérique, il est néces­saire de struc­tur­er une gou­ver­nance forte, qui s’articulerait autour de dif­férents éch­e­lons. Le rap­port attribue d’une façon imagée à l’État la déf­i­ni­tion d’un sché­ma d’urbanisme (con­stru­ire les routes, les ponts, les réseaux d’eau, …) et le respect d’un code de bonne con­duite (référen­tiel éthique). Pour le reste, il invite les acteurs privés à faire preuve d’innovation pour inven­ter et créer la ville du futur.

La FHP-MCO se veut proac­tive sur le sujet et sou­tient pleine­ment les pré­con­i­sa­tions de ce rap­port. Elle sera un parte­naire priv­ilégié pour men­er à bien le virage numérique, au béné­fice des patients et des pro­fes­sion­nels de san­té.