Vous ouvrez votre journée des états généraux du 17 novem­bre par une table ronde sur l’innovation, qu’elle en est votre vision ?

Tout d’abord, cet axe est inté­gré au Plan stratégique de trans­for­ma­tion du sys­tème de san­té présen­té par Emmanuel Macron. Notons par ailleurs que nous par­lons essen­tielle­ment de la médecine générale alors que glob­ale­ment nos conci­toyens veu­lent avoir une médecine de qual­ité, per­ti­nente, qui amène tous les pro­grès, à la fois tech­nologiques, opéra­tionnels et organ­i­sa­tion­nels. Par exem­ple, com­ment s’ap­pro­prier l’in­tel­li­gence arti­fi­cielle (IA) qui aura plus d’im­pact dans la médecine spé­cial­isée ? Le gas­troen­téro­logue ou le neu­ro­logue va com­pren­dre ce que lui dit l’IA, parce qu’elle est dans son corps de méti­er. Le médecin général­iste aura à mon avis beau­coup plus de dif­fi­cultés.

La for­ma­tion est essen­tielle. Les métiers doivent évoluer sur la con­nais­sance et sur com­ment la gér­er à tra­vers l’outil dig­i­tal. Cela passera par une for­ma­tion beau­coup plus adap­tée. Nous étions for­més à l’é­tude cri­tique d’un arti­cle, aujourd’hui il faut se for­mer à l’é­tude cri­tique des don­nées Inter­net. Le méti­er du doc­teur va pro­fondé­ment évoluer puisqu’il va accom­pa­g­n­er son patient au tra­vers de ces nou­velles tech­nolo­gies, qu’il doit le pre­mier maîtris­er.

Selon vous, com­ment la per­ti­nence des soins va-t-elle se dévelop­per ?

C’est le sujet de notre deux­ième table ronde et c’est un grand chantier. La per­ti­nence peut être vue dif­férem­ment si vous êtes un usager, un doc­teur ou un ges­tion­naire d’étab­lisse­ment et donc, à un moment don­né, nous aurons besoin d’un juge de paix. Je pense que c’est plus le cou­ple médecin-patient, que d’autres, qui portera la démarche de la per­ti­nence, sans retir­er un rôle aux étab­lisse­ments de soin.

Par ailleurs, je porte aus­si le mot de « per­for­mance » qui n’est pas péjo­ratif. Ma crainte, et on le voit au tra­vers des pro­jets qui peu­vent être menés par la DGS, la DGOS et les étab­lisse­ments de soin, est qu’une enveloppe avec des objec­tifs quan­tifiés en vol­ume soit négo­ciée. C’est une approche très peu médi­cal­isée et dan­gereuse. Je me posi­tionne en vraie oppo­si­tion aux struc­tures de soin et aux groupes d’étab­lisse­ments, car je sais qu’ils vont dans ce sens. Et cela, je m’y opposerai très fer­me­ment.

De plus, il va fal­loir met­tre un peu plus de médi­cal dans les tar­ifs qu’il n’y en avait antérieure­ment. Demain, je veux retrou­ver une place à la table des négo­ci­a­tions des tar­ifs, une place que nous avons prob­a­ble­ment per­due aus­si de notre fait.

Qu’attendez-vous de ces états généraux ?

Nous souhaitons fédér­er l’ensemble des médecins spé­cial­istes, qu’ils soient libéraux ou salariés.

Je souhaite dévelop­per une dynamique beau­coup plus large au-delà des syn­di­cats médi­caux et créer un vrai mou­ve­ment pour faire face aux grands enjeux. Les sociétés savantes et l’université ont notam­ment toute leur place. Si nous voulons con­serv­er un sys­tème de soin per­for­mant, il faut aller au-delà des pos­tures syn­di­cales et les cass­er.

En con­clu­sion de cette journée, j’aimerais dire : vous êtes au courant de ce que l’on veut faire, je vous donne ren­dez-vous dans 3 mois pour partager une stratégie pré­cise et lancer ce large mou­ve­ment !

Inscrip­tion à la journée.