Les 415 mil­lions d’euros gelés par le gou­verne­ment sur le finance­ment des étab­lisse­ments de san­té pour respecter le bud­get de l’Assurance Mal­adie, restent pour le moment à l’abri du réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Sur le principe même, si nous salu­ons la volon­té de l’État de gér­er au mieux les finances publiques, nous inter­ro­geons sérieuse­ment la justesse de la méth­ode qui a déjà con­sisté dans un passé récent à ne pas restituer aux offreurs de soins ce qui leur est dû.

En effet, les chiffres trans­mis a pos­te­ri­ori par les tutelles démon­trent que l’activité de l’hos­pi­tal­i­sa­tion privée a aug­men­té en 2017 de 1,2 % (0,8 % sur les seuls GHS), alors que le vol­ume prévi­sion­nel retenu sur nos tar­ifs s’é­tait élevé à 1,9 %. Notre secteur s’est donc vu infliger une baisse de tarif déguisée sup­plé­men­taire de 0,7 %. Les autres secteurs n’ont pas non plus été épargnés. Et non seule­ment la réal­i­sa­tion 2017 a été inférieure à la prévi­sion, mais la total­ité des mon­tants issus du coef­fi­cient pru­den­tiel 2017 n’a pas été resti­tuée, ren­dant inaudi­ble et totale­ment arbi­traire ce mécan­isme de régu­la­tion des dépens­es.

Cette « erreur » d’appréciation et de déci­sion — que nous avions col­lec­tive­ment ten­té de faire enten­dre en vain au Min­istère — se répétera-t-elle en 2018 ? Et qu’on ne nous explique pas que la crois­sance de la liste en sus vient obér­er les marges de manœu­vre, car les indus­triels rétrocè­dent en direct à l’Assurance Mal­adie les dépasse­ments du vol­ume prévi­sion­nel de leur enveloppe… sans pour autant que ces rétro­ces­sions soient réin­té­grées dans l’en­veloppe hos­pi­tal­ière. Un oubli prob­a­ble­ment ? Une dou­ble peine pour les étab­lisse­ments en tous les cas !

L’enjeu est dou­ble : la resti­tu­tion à 100 % des mon­tants du coef­fi­cient pru­den­tiel gelés au titre de 2018 et l’appréciation d’un juste vol­ume prévi­sion­nel pour 2019. Si l’É­tat campe sur un prévi­sion­nel erroné, com­ment les étab­lisse­ments de san­té peu­vent-ils pleine­ment rem­plir leurs mis­sions faute des moyens atten­dus et com­ment les « engage­ments » sur lesquels la Min­istre se base peu­vent-ils être tenus ? Respon­s­abilis­er les acteurs est une démarche vertueuse à laque­lle nous souscrivons pleine­ment. En revanche, si l’État pose des hypothès­es de tra­vail d’emblée erronées, cela ne par­ticipe en rien au « con­trat de con­fi­ance » qui doit exis­ter entre gou­ver­nants et pro­fes­sion­nels de ter­rain. Au-delà, alors que les acteurs du par­cours de soins sont appelés plus que jamais à œuvr­er ensem­ble, réduire les tar­ifs de l’un — le secteur hos­pi­tal­ier — afin de garan­tir le respect glob­al de l’ONDAM ne con­stitue en rien un acte poli­tique visant à la cohé­sion des­dits pro­fes­sion­nels de san­té.

La FHP-MCO demande donc la resti­tu­tion à 100 % des crédits gelés afin de garan­tir les fon­da­tions d’une con­fi­ance pérenne.