Ubu dans les trans­ports

Chaque semaine, Le 13h pub­lie un cas ubuesque de finance­ment de trans­port trans­mis par un adhérent.
Ces cas extrêmes exis­tent ! Pour les cas les plus courants, se référ­er à la dépêche expert n°423 – trans­ports san­i­taires et ses annex­es.

Une patiente est dialysée dans le cen­tre lourd d’une clin­ique depuis plusieurs années. Amputée, elle est hos­pi­tal­isée dans le seul cen­tre SSR du ter­ri­toire spé­cial­isé pour sa con­va­les­cence et l’appareillage que son état néces­site. Il se trou­ve à 75 km. Les néphro­logues de la clin­ique deman­dent une prise en charge par le cen­tre lourd de dial­yse de recours de prox­im­ité qui est à 10 km du SSR.
Réponse : pas de place. Pourquoi d’ailleurs accepterait-il de pren­dre en charge ces patients dès lors que le trans­port est désor­mais à leur charge ? Cette patiente doit venir 3 fois par semaine (2h de tra­jet en ambu­lance aller/retour) se faire dial­yser dans sa clin­ique de suivi. Coût aller/retour en ambu­lance : 574 €, alors que le for­fait s’élève à 138 €. Dans ce cas, le coût heb­do­madaire pour la clin­ique s’élève à env­i­ron 1 300 €. Pour rap­pel, le GHS de dial­yse est de 290,42 €.

Ces tra­jets longs pénalisent la patiente ; les coûts de trans­port impor­tants pénalisent la clin­ique. Per­dant-per­dant !

Tar­ifs 2019 : quel vol­ume d’activité sera retenu ?

L’augmentation du vol­ume de l’activité du secteur est un élé­ment essen­tiel de l’élaboration des tar­ifs. L’Observatoire économique fait état dans son dernier rap­port d’une aug­men­ta­tion de 0,8 % entre les taux de 2016 et 2017.

Une aug­men­ta­tion du vol­ume d’activité de 1,9 % était retenue pour  cette même cam­pagne tar­i­faire 2017 : un chiffre reto­qué chaque année par la FHP-MCO qui, à l’inverse, con­state une sous-exé­cu­tion de l’enveloppe dédiée à l’hospitalisation privée. À enveloppe con­stante, une aug­men­ta­tion du vol­ume impacte les tar­ifs à la baisse. Cette sit­u­a­tion légitime à nou­veau le dégel à 100 %  du coef­fi­cient pru­den­tiel.

Délai de rdv. : des résul­tats encour­ageants

La Drees a pub­lié une enquête sur les délais d’attente en matière d’accès aux soins, réal­isée auprès de 40 000 per­son­nes. Bien que des efforts restent à faire, les résul­tats sont encour­ageants.

Même s’il faut en moyenne 6 jours pour obtenir un ren­dez-vous chez le général­iste et jusqu’à 80 jours chez l’ophtalmologiste, 49 % des ren­dez-vous chez un général­iste sont obtenus dans les 2 jours et un quart des deman­des de ren­dez-vous sont sat­is­faites dans les 20 jours chez l’ophtalmologiste. Surtout, quelle que soit la spé­cial­ité con­cernée, les délais d’attente sont plus courts pour les deman­des liées à l’apparition ou l’aggravation de symp­tômes. Dans plus de 8 cas sur 10, les délais pour obtenir les ren­dez-vous sont jugés « rapi­des ou cor­rects » par les Français, sauf dans deux spé­cial­ités. Et lorsque la demande de ren­dez-vous n’aboutit pas, ils s’orientent vers un autre médecin : seule­ment 3 % ont recours aux urgences hos­pi­tal­ières. C’est en oph­tal­molo­gie, der­ma­tolo­gie, car­di­olo­gie, gyné­colo­gie et rhu­ma­tolo­gie que les délais sont les plus impor­tants. Les temps d’attente sont plus longs dans les com­munes où l’accessibilité géo­graphique aux pro­fes­sion­nels de san­té est faible, notam­ment dans les petits et moyens pôles et dans les com­munes hors influ­ence des pôles.

Un « résul­tat encour­ageant » pour Thier­ry Bour, Prési­dent du Syn­di­cat nation­al des oph­tal­mol­o­gistes de France (SNOF). « Deux ans après le lance­ment de la cam­pagne Zéro délai pour 2022 et la mise en place de nom­breuses solu­tions comme la délé­ga­tion de tâch­es et les pro­to­coles organ­i­sa­tion­nels, les délais d’attente se sta­bilisent, et même se réduisent par rap­port à d’autres études antérieures. » Le SNOF tire toute­fois la son­nette d’alarme : « Cette année encore, il n’y a que 155 postes ouverts en oph­tal­molo­gie, ce qui est loin d’être à la hau­teur des besoins, et impacte directe­ment l’accès aux soins. Un oph­tal­mol­o­giste sur deux par­tant à la retraite n’est pas rem­placé. »

Car­togra­phie de 56 patholo­gies

L’Assurance mal­adie a mis en ligne sur ameli.fr 56 cartes de France des patholo­gies les plus fréquentes sur le ter­ri­toire et les dépens­es afférentes.

Quelle est l’évolution du poids dans les dépens­es d’Assurance mal­adie des 56 patholo­gies les plus fréquentes sur le ter­ri­toire ? Pour y répon­dre, les don­nées de rem­bourse­ment de plus de 57 mil­lions de béné­fi­ci­aires ont été exploitées. Ces cartes per­me­t­tent notam­ment de visu­alis­er les dis­par­ités géo­graphiques de prise en charge sur le ter­ri­toire.

De plus, les don­nées brutes (sous la forme de tableaux Excel) sur les dépens­es rem­boursées au glob­al chaque année pour une patholo­gie don­née, ain­si que les dépens­es moyennes rem­boursées par patient, et ce, de 2012 à 2016 sont pub­liées. En plus d’évaluer le poids respec­tif des dif­férentes patholo­gies, ces jeux de don­nées per­me­t­tent d’affiner l’analyse des dépens­es en fonc­tion des dif­férents postes de soins (con­sul­ta­tions, médica­ments, analy­ses de biolo­gie, hos­pi­tal­i­sa­tions…) pré­cise la CNAM.

Enfin, les 56 fich­es patholo­gies sont réac­tu­al­isées ; elles décrivent les car­ac­téris­tiques des patients pris en charge (âge, sexe, taux de décès, fréquence selon le niveau géo­graphique, dépens­es d’Assurance mal­adie afférentes…).

À retrou­ver dans l’espace « Ressources » de ameli.fr