70 % de chirurgie ambulatoire en 2022, est-ce un objectif réaliste ?

Oui, le poten­tiel de développe­ment de la chirurgie ambu­la­toire en France est tout à fait à ce niveau. Cer­tains pays comme les USA ou encore le Roy­aume-Uni atteignent déjà des taux supérieurs à 70 %. Mais les bons moyens pour y par­venir doivent être util­isés.

Actuelle­ment, au niveau nation­al et pour l’ensemble des spé­cial­ités, 55,9 % de la chirurgie se fait en ambu­la­toire. Pour attein­dre les 70 %, il faut aug­menter d’i­ci 2022 ce taux de 14 %, à savoir une crois­sance annuelle de 2,9 points. Mais il sem­ble qu’il y ait un cer­tain ralen­tisse­ment dans la pro­gres­sion de la chirurgie ambu­la­toire en France, ce que l’AFCA avait prévu. À par­tir d’un taux de 40–50 %, la chirurgie ambu­la­toire, qui se fait encore trop sou­vent « sur un coin de table » dans cer­tains hôpi­taux, ne peut plus se dévelop­per à un rythme soutenu sans action­ner cer­tains leviers.

Quels seraient les leviers principaux pour accélérer le processus ?

Pour y arriv­er il faut une réelle volon­té poli­tique accom­pa­g­née de finance­ments pour créer de réelles unités de chirurgie ambu­la­toire avec des blocs dédiés, une réor­gan­i­sa­tion spa­tiale en fonc­tion des secteurs d’activité et des flux, l’achat de matériel et la for­ma­tion des pro­fes­sion­nels à la Réha­bil­i­ta­tion améliorée après chirurgie (RAAC) et à la ges­tion des risques postopéra­toires. Tout ceci se fait déjà dans beau­coup d’établissements, grâce à l’engagement des direc­tions, des chirurgiens, des équipes et des pro­fes­sion­nels de san­té de ville qui y croient, mais cette évo­lu­tion manque toute­fois d’homogénéité, et d’une impul­sion insti­tu­tion­nelle.

Que propose l’AFCA pour soutenir l’ambulatoire ?

Nous mis­ons beau­coup sur les échanges aux niveaux nation­al et inter­na­tion­al. Chaque année lors de notre con­grès annuel, nous remet­tons trois prix pour des séjours dans des unités ambu­la­toires d‘hôpitaux européens. Cela fait réa­gir les étu­di­ants français, sur la per­ti­nence de ce que l’on fait. Par ailleurs, l’AFCA va pub­li­er d’ici la fin de l’année une liste d’unités de chirurgie ambu­la­toire label­lisées AFCA, qui seront des ter­rains de stage et de for­ma­tion pour les étu­di­ants. L’AFCA a aus­si créé un DIU avec les fac­ultés de médecine de Bor­deaux, Paris et Tours sur la chirurgie ambu­la­toire et elle par­ticipe aus­si aux travaux du min­istère, de la CNAM, de l’ANAP et de la HAS, pour faire avancer les dossiers.