Vous interveniez lors de la Journée métier de la FHP-MCO le 27 juin dernier sur la question de la sérialisation des médicaments, les établissements de santé sont-ils prêts ?

Aujourd’hui, les étab­lisse­ments de san­té veu­lent con­naître les impacts de la séri­al­i­sa­tion des médica­ments sur le ter­rain. En pre­mier lieu, est-ce que les édi­teurs de logi­ciels de ges­tion des stocks ont prévu l’interface des logi­ciels des PUI avec France MVO pour pou­voir valid­er les pro­duits reçus ? De notre côté, l’impact SI est pris en con­sid­éra­tion, mais la ques­tion est de savoir si les out­ils seront prêts en févri­er 2019 ?
Il n’est pas imag­in­able de valid­er chaque boîte manuelle­ment en ligne ou encore d’accepter un mode dégradé. Par exem­ple, le déblocage d’un lot à la récep­tion, et par col­is­age, serait le plus pra­tique.

Comment ce dispositif de sérialisation va-t-il se mettre en œuvre ?

La séri­al­i­sa­tion nous est imposée mais nous n’avons pas pu tra­vailler en amont avec les édi­teurs de logi­ciels. Cer­tains édi­teurs seront prêts, mais pas tous. Cela aurait pu être une oppor­tu­nité de nous amélior­er sur ce point, mais vu les délais cela va se faire dans la douleur sans que nous ayons un réel gain, alors qu’avec plus de temps nous auri­ons trans­for­mé la séri­al­i­sa­tion en avan­tage.

Les étab­lisse­ments de san­té privés ne sont pas encore en capac­ité d’avoir une ges­tion au lot du cir­cuit du médica­ment du début à la fin, sauf ceux dont la traça­bil­ité est règle­men­taire (pos­si­bil­ité offerte par les armoires automa­tisées util­isées dans le secteur pub­lic). Nous n’avons pas les pos­si­bil­ités organ­i­sa­tion­nelles et finan­cières pour dire quelle molécule a été admin­istrée à quel patient à quelle heure. Nous allons donc juste répon­dre à l’exigence de la séri­al­i­sa­tion et de la lutte con­tre la fal­si­fi­ca­tion mais sans pou­voir aller plus loin pour l’instant.

Qui supportera les coûts de cette démarche ?

C’est pré­cisé­ment la ques­tion de qui va sup­port­er les coûts de ces adap­ta­tions ? Les édi­teurs via une mise à jour de leurs logi­ciels ? Les étab­lisse­ments ou les groupes ? C’est encore nébuleux. Je suis scep­tique sur la date imposée, qui nous laisse peu de temps.

Il ne faut pas non plus nég­liger les coûts humains néces­saires à met­tre en face de la tâche imposée, à savoir le décom­mis­sion­nement de chaque boîte de médica­ment reçue. Pour exem­ple, cer­tains étab­lisse­ments récep­tion­nent jusqu’à 5 000 boîtes par jour ; à rai­son de 3 sec­on­des pour scan­ner chaque boîte, nous par­lons d’une activ­ité de min­i­mum 4 heures par jour. Les besoins en ressources humaines vont explos­er.