Comme chaque année, Opin­ion­Way réalise pour Deloitte le baromètre inti­t­ulé « Les Français et la san­té ». Selon l’étude 2018, 80 % des français sont fiers de leur sys­tème de san­té notam­ment grâce à la qual­ité, la sûreté des soins mais aus­si la péd­a­gogie du per­son­nel de san­té.

Néan­moins l’échantillon de 2003 per­son­nes de 18 ans et plus s’est mon­tré beau­coup moins posi­tif sur d’autres aspects du sys­tème de san­té français. L’accès financier aux soins est notam­ment évo­qué : 41 % des français n’est pas sat­is­fait par cet aspect, soit 7 points de plus qu’en 2016. 64 % des français esti­ment même que leur reste à charge à aug­men­té.

Alors, entre sat­is­fac­tions et inquié­tudes, le rap­port a essayé d’apporter des répons­es et de catal­yser les prin­ci­pales recom­man­da­tions de la pop­u­la­tion française.

Le reste à charge zéro au cœur du débat public

Le sys­tème de san­té français est au cœur de grandes muta­tions et la pop­u­la­tion en est par­faite­ment con­sciente. Con­cer­nant les prix des médica­ments, l’échantillon représen­tatif estime qu’il y a encore du chemin à par­courir. 46 % les jugent élevés, 35 % trop élevés et seule­ment 16 % pensent que ces tar­ifs sont cor­rects.

Afin de mieux cern­er les inquié­tudes des français con­cer­nant l’accès financier aux soins, le baromètre 2018 a inter­rogé les français sur les pri­or­ités des chantiers san­té du sys­tème français :

  • En tête, les mal­adies chroniques con­stituent le point de préoc­cu­pa­tion majeure pour 90 % des sondés.
  • Vien­nent ensuite la per­ti­nence des soins (85 %) et la réor­gan­i­sa­tion ter­ri­to­ri­ale de la san­té (83 %)
  • Les prob­lé­ma­tiques con­cer­nant le virage numérique et le déploiement de l’eSanté sont perçues comme un chantier bien plus sec­ondaire.

Pour ain­si répon­dre aux prin­ci­pales attentes des français, le reste à charge zéro est extrême­ment atten­du. Dans le cadre de la réforme Macron, la mise en place de ce sys­tème dans l’optique, les soins den­taires et les pro­thès­es audi­tives fait qua­si­ment l’unanimité des français. (90 %). Ces chantiers ont beau­coup avancé puisque dès 2020, la pop­u­la­tion française pour­ra béné­fici­er d’un reste à charge zéro sur les pro­thès­es den­taires.

Dans le pro­longe­ment de ces mesures, les français ne débours­eront plus un cen­time pour la moitié des pro­thès­es d’ici 2022.

Frais de santé : la tarification au comportement bien perçue par les français

Le dernier rap­port Deloitte a aus­si révélé de sur­prenantes ten­dances. En effet, l’étude indique que « 61% des français pensent qu’il faudrait ajuster les frais de san­té en fonc­tion de leur mode de vie ». Autrement dit, la pop­u­la­tion souhaite sor­tir du sys­tème de san­té mono­lithique pour adapter les dépens­es en fonc­tion de leurs com­porte­ments per­son­nels. Le Doc­teur Jean-Paul Ortiz, prési­dent de la con­fédéra­tion des syn­di­cats médi­caux français, s’est exprimé à ce sujet :

“Je trou­ve que c’est intéres­sant car cela prou­ve que les Français sont de plus en plus con­scients qu’ils doivent être respon­s­ables de leur san­té. C’est une évo­lu­tion dans le rap­port entre cha­cun d’entre nous et sa san­té.”

SI en théorie cette mesure est intéres­sante, elle présente des lim­ites éthiques et déon­tologiques allant à l’encontre du sys­tème français :

“Mais je ne suis pas d’accord, […] si vous êtes rich­es et que vous fumez que vous ne faites pas de sport […] vous vous en fichez car vous pou­vez pay­er. Par con­tre si vous êtes pau­vres et que vous avez ce type de com­porte­ment, c’est la dou­ble peine. »

L’étude Deloitte nous apprend ain­si que cer­tains chantiers ren­con­trent un réel opti­misme chez une grande par­tie des français. Le reste à charge zéro sur de nom­breuses pro­thès­es qui se déploiera dès 2020 est une pre­mière avancée de taille. La tar­i­fi­ca­tion au com­porte­ment, ensuite, peut égale­ment être un sig­nal impor­tant dans la com­préhen­sion des risques de san­té de cha­cun (tabag­isme, alcoolisme, obésité …) pour les pou­voirs publics.

Sources :