Selon San­té Publique France, 2017 a été mar­qué par 519 cas de rouge­ole, soit 6 fois plus qu’en 2016. C’est à par­tir de novem­bre 2017 que le nom­bre de cas s’est accéléré, au point d’atteindre des pro­por­tions plus qu’inquiétantes en France. La déf­i­ni­tion d’Ameli.fr de cette affec­tion est la suiv­ante : « mal­adie virale très con­tagieuse car­ac­térisée par une érup­tion cutanée précédée d’un épisode de forte fièvre avec toux, rhi­nite et con­jonc­tivite… Cette mal­adie peut être respon­s­able de com­pli­ca­tions surtout chez les nour­ris­sons et les enfants. »

2018 sera-t-elle une année sous le signe du décroisse­ment de la rouge­ole ou la mal­adie pren­dra-t-elle une ampleur jusque-là dra­ma­tique­ment iné­galée ?

Une véritable alerte de santé publique

Le 8 avril dernier, San­té Publique France pub­li­ait un bul­letin épidémi­ologique com­plet sur cette sit­u­a­tion. Les résul­tats font crain­dre à l’organisme une nou­velle épidémie en France. En effet les prin­ci­paux appren­tis­sages à tir­er depuis le début de l’année sont les suiv­ants :

  • Plus de 1500 cas ont été recen­sés depuis le 1erjan­vi­er 2018 con­tre unique­ment 79 cas durant toute l’année 2016.
  • En France Mét­ro­pol­i­taine et dans les DOM-TOM, 72 départe­ments ont rap­porté des cas de rouge­ole, soit 70 % du ter­ri­toire.
  • La Nou­velle-Aquitaine, seule région placée au niveau épidémique, enreg­istre 51 des cas totaux depuis novem­bre 2017.


http://invs.santepubliquefrance.fr/content/download/145913/530757/version/11/file/Bulletin_rougeole_S14.pdf

Quelles sont les populations les plus à risque ?

Une per­son­ne con­t­a­m­inée par la rouge­ole peut trans­met­tre la mal­adie par voie aéri­enne à 15–20 per­son­nes. À titre de com­para­i­son, un por­teur de la grippe peut infecter entre 2 et 4 sujets. Ain­si, par­mi les foy­ers épidémiques à risque recen­sés con­cer­nant la rouge­ole, les crèch­es, les jeunes et les gens du voy­age sont les pop­u­la­tions les plus exposées. L’incidence la plus élevée est d’ailleurs chez les nour­ris­sons de moins d’un an avec 15,1 cas/100 000 habi­tants. Seuls 79 % de ces très jeunes enfants de plus de 2 ans sont vac­cinés avec 2 dos­es con­tre les 95 % néces­saires à la pro­tec­tion de la pop­u­la­tion.

De plus, pour le Dr Pas­cal Favre, avant 1980- date d’introduction de la cou­ver­ture vac­ci­nale- la pop­u­la­tion con­nais­sait l’épidémie de rouge­ole à l’état « sauvage ». Ain­si, selon lui, les per­son­nes nées après cette date présen­taient égale­ment des risques car elles n’étaient pas for­cé­ment vig­i­lantes à leur car­net de vac­ci­na­tion, donc pas pro­tégées par la rouge­ole.

 

Cette épidémie de rouge­ole qui frappe la pop­u­la­tion française con­naît alors un niveau encore alar­mant. Les autorités publiques français­es espèrent que la fin de la péri­ode hiver­nale (prop­ice au développe­ment du virus) lim­it­era la prop­a­ga­tion de l’épidémie avant de pren­dre les mesures adap­tées pour main­tenir les pop­u­la­tions en san­té.

Sources :