Vous avez reçu le « Prix des bonnes pra­tiques » * remis par le directeur de l’Afnor au siège du Medef.

Que récompense-t-il ?

La qual­ité, qui est notre manière de nous démar­quer, depuis des années. Le 29 jan­vi­er, c’est la cer­ti­fi­ca­tion 9001 (ver­sion 2015) de notre ser­vice d’urgence qui a été mise à l’honneur. Il a ouvert en 1999, avec 2 médecins urgen­tistes. À l’époque on comp­tait peu de ser­vices d’urgence privés car il y avait une forte présence de la médecine de ville, et les spé­cial­istes assur­aient eux-mêmes la per­ma­nence de soins. Rapi­de­ment, nous avons dû nous adapter à la forte crois­sance de cette activ­ité (+ 75 % en 10 ans), en réfléchissant aux organ­i­sa­tions et surtout aux inter­faces qui n’étaient plus adap­tées. La spé­ci­ficité des urgences, c’est le manque de prévis­i­bil­ité quant au flux, en ter­mes de quan­tité et de qual­ité. Nous sommes de plus une région de vacances, soumise à une forte saison­nal­ité.

Nous avions déjà cer­ti­fié la chirurgie oph­tal­mologique. C’était sim­ple car il s’agit d’un acte pro­gram­mé, organ­isé, tou­jours iden­tique. Nous avons décidé de pour­suiv­re en cer­ti­fi­ant nos urgences. Pour cela, nous avons délim­ité le champ de la cer­ti­fi­ca­tion en nous fon­dant sur notre pro­jet d’établissement, cen­tré sur la can­cérolo­gie et sur l’orthopédie. La moitié de nos urgences con­cerne l’orthopédie. Puis nous avons défi­ni le type d’urgence — mem­bres et rachis — et enfin le pub­lic con­cerné, les per­son­nes à par­tir de 7 ans.

Quelle a été votre méthodologie ?

Nous nous sommes d’abord attachés à com­pren­dre les besoins des patients. Il suff­i­sait d’écouter leurs exi­gences : ne pas atten­dre, ne pas souf­frir, avoir un diag­nos­tic. Les indi­ca­teurs en ont découlé, dont le délai de prise en charge, et l’évaluation de la douleur. Nous avons ensuite impliqué et for­mé les équipes, en con­ser­vant cet impératif : tenir compte de la sat­is­fac­tion des patients. Nous avons har­mon­isé les pro­to­coles et tra­vail­lé à sim­pli­fi­er tout ce qui peut ralen­tir la prise en charge, notam­ment au niveau des inter­faces avec les autres ser­vices. Nous avons mis en place un Pic­tures archiev­ing and com­mu­ni­cat­ing sys­tem, et un Radi­ol­o­gy infor­ma­tion sys­tem pour que l’urgentiste dis­pose très rapi­de­ment des résul­tats des exa­m­ens.

Un ser­vice d’urgence ne fonc­tionne bien que si l’établissement entier fonc­tionne bien, avec un accès rapi­de à l’information (exa­m­ens, lits disponibles dans les ser­vices, etc.), donc une pos­si­bil­ité d’orientation rapi­de. Sinon, le sys­tème est grip­pé. C’est la flu­id­ité du sys­tème qui garan­tit sa qual­ité. Le manque de moyens est sou­vent évo­qué, mais en l’occurrence c’est au manque de moyens organ­i­sa­tion­nels qu’il fal­lait remédi­er.

Cette démarche est-elle complexe à mettre en œuvre ? 

Non, c’est assez sim­ple et à la portée de tous. Cela néces­site surtout un tra­vail sur les ressources humaines, un tra­vail de péd­a­gogie, pour faire com­pren­dre à tous les inter­venants que le retard de l’un a un impact majeur en amont ou en aval. Au final, c’est un sys­tème vertueux, car tout le monde s’y retrou­ve, patients et équipes. En par­al­lèle de la cer­ti­fi­ca­tion, nous avons réfléchi au par­cours de soin, et nous avons créé une fil­ière spé­ci­fique pour la main et une autre pour les douleurs rachi­di­ennes. Nous avons par exem­ple la pos­si­bil­ité d’hospitaliser briève­ment, le temps d’un traite­ment antalgique. Nous traitons 35 000 urgences annuelles, sur moins de 500 m2. Nous sommes au max­i­mum de nos pos­si­bil­ités dans l’espace actuel et nous avons demandé l’autorisation de créer une exten­sion. Le futur ser­vice inté­gr­era un ser­vice de radi­olo­gie-échogra­phie et fonc­tion­nera en par­cours de soins et fil­ières (pédi­a­trie, géri­a­trie…). L’efficience sera omniprésente.

* Le « Prix des bonnes pra­tiques » est l’un des « Prix Nationaux de la Qual­ité et de l’Ex­cel­lence Opéra­tionnelle » décernés depuis1992 par l’As­so­ci­a­tion France Qual­ité Per­for­mance et la Direc­tion Générale des Entre­pris­es, rejointes en 2017 par le Medef. Il récom­pense une démarche d’excellence réal­isée dans l’un des 5 fac­teurs suiv­ants du mod­èle d’ex­cel­lence EFQM® : le lead­er­ship, la stratégie, le per­son­nel, les parte­nar­i­ats et ressources, les proces­sus, pro­duits et ser­vices. En 2018, il a été remis au siège du Medef par Olivi­er Peyrat, directeur général de l’Afnor, en présence de Pierre Gat­taz, prési­dent du Medef, de Geof­froy Roux de Bezieux, vice-prési­dent, et de la Direc­tion générale des entre­pris­es, qui appar­tient au min­istère de l’Économie et des Finances.