Vin­cent Ves­selle, Directeur de la Poly­clin­ique Saint Côme
Cécile Thiebaut, Sage-femme cadre, respon­s­able de la mater­nité

M.Vesselle : la maternité de Saint Côme prépare une labellisation Initiative Hôpital Ami des Bébés (IHAB). Quel est l’intérêt pour l’établissement que vous dirigez ?

Notre mater­nité de niveau 1 réalise 1 300 accouche­ments annuels. Le choix de se lancer dans cette label­li­sa­tion cor­re­spond avant tout à un pro­jet de ser­vice, et à une volon­té des équipes de se dif­férenci­er, de con­cevoir l’accouchement et l’accompagnement des par­ents d’une autre façon. Nous tra­vail­lons depuis plus de 3 ans sur cette démarche qui fédère l’ensemble des équipes médi­cales et paramédi­cales. Elle reflète notre volon­té de repenser la prise en charge en mater­nité, qui doit sor­tir d’un cadre « hos­pi­tal­ier » parce l’accouchement n’est pas une mal­adie.

Nous devons accom­pa­g­n­er le pro­jet de nais­sance des par­ents, pour cor­re­spon­dre à leur vision de l’arrivée de l’enfant. Nos équipes, con­scientes qu’une approche trop tech­nique ne cor­re­spondait plus aux attentes aujourd’hui des par­ents, se sont pleine­ment appro­priées cette con­cep­tion nou­velle de leur rôle. Elles ont su remet­tre en ques­tion leurs procé­dures, se sont for­mées, etc. Ces efforts et cette vision por­tent leurs fruits car mal­gré la baisse des nais­sances au niveau nation­al observée depuis plus de 3 ans nous ne l’avons pas trop subie. Grâce au dynamisme de la respon­s­able de notre mater­nité et de son équipe, nous espérons obtenir cette label­li­sa­tion en sep­tem­bre 2018.

Mme Thiebaut : quelles sont les spécificités de la maternité ?

Un taux de césari­ennes inférieur à 14 %, celui des épi­siotomies inférieur à 2 %. Ces chiffres sont élo­quents et mon­trent la réso­lu­tion des équipes, qui adhèrent aux ori­en­ta­tions de l’établissement. Tous sont con­va­in­cus de l’intérêt de faire évoluer les pra­tiques. Il est par­fois reproché au secteur privé que les prati­ciens ont cha­cun leur méth­ode, mais nous avons com­plète­ment dépassé cela. Nous savons que nous ne revien­drons plus en arrière, car les médecins ont un retour très posi­tif de la part des par­ents. Notre phar­ma­ci­enne a, quant à elle, con­staté une baisse de la con­som­ma­tion des antalgiques de 30 %. L’avantage du secteur privé, c’est que nous sommes beau­coup plus réac­t­ifs. En 2016, pour les épi­siotomies nous sommes passés en quelques mois d’un taux de 28 % à 4 %, et à moins de 2 % en 2017. Notre direc­tion nous laisse beau­coup de lat­i­tude pour nos pro­jets. Par exem­ple, nous par­ticipons à la Journée de préven­tion de l’obésité, sur le stand du ser­vice de chirurgie baria­trique. Nous infor­mons les vis­i­teurs sur le rôle préven­tif de l’allaitement mater­nel. Pour le label IHAB, les audi­teurs experts vien­dront à l’automne 2018. Nous espérons obtenir la label­li­sa­tion, car elle couron­nerait notre tra­vail et ray­on­nerait aus­si sur les autres ser­vices. Si notre ser­vice est recon­nu pour sa bien­trai­tance, nos patients com­pren­dront qu’il en est de même dans l’ensemble de l’établissement.

Pouvez-vous nous détailler la Journée portes ouvertes du 26 avril ?

Le choix éclairé des par­ents néces­site une infor­ma­tion éclairée, qui est plus com­plète si l’on dis­pose d’un espace de parole plutôt que d’un site inter­net. Lors de la 1ère journée portes ouvertes, fin févri­er, 70 per­son­nes sont venues pour échang­er très libre­ment sur absol­u­ment tous les sujets, sans tabous. Les médecins sont tous venus. C’est impor­tant pour les par­ents qui ont sen­ti la cohé­sion de l’équipe. Ensuite nous avons vis­ité la mater­nité. Nous avons donc recom­mencé le 26 avril, puis nous renou­vellerons tous les 2 mois.

Les par­ents déjà suiv­is chez nous sont con­viés, mais aus­si ceux qui envis­agent de venir, ain­si que les pro­fes­sion­nels de la petite enfance qui reçoivent une invi­ta­tion. Une telle opéra­tion n’est pas exigée pour la label­li­sa­tion IHAB, mais la qual­ité des liens avec les autres pro­fes­sion­nels qui inter­vi­en­nent avant et après l’accouchement est par con­tre un critère.