Partagez-vous à La Réunion les mêmes problématiques qu’en métropole ?

Nous sommes très proches des étab­lisse­ments de la métro­pole, avec les mêmes con­traintes, la même tutelle. À La Réu­nion, il existe une forte sol­i­dar­ité entre nous. Tous les étab­lisse­ments sont syn­diqués, cela nous con­forte dans nos instances, nos façons de bien faire pour la qual­ité de soins et des presta­tions que nous pro­posons. Dans les DOM, que je con­nais bien, il y a aus­si une réelle con­vivi­al­ité dans les étab­lisse­ments, une grande prox­im­ité, une human­ité des soignants envers les patients, un côté affec­tif envers une pop­u­la­tion très touchante que je n’ai pas retrou­vés ailleurs. Cela est très moti­vant pour l’ensemble des acteurs.

Avez-vous une tarification spécifique dans les DOM ?

Nous avons à La Réu­nion une impo­si­tion locale — l’octroi de mer — qui fait que le coût de la vie et celui des pra­tiques médi­cales sont beau­coup plus élevés dans les DOM. L’indexation géo­graphique qui nous est appliquée n’est pas suff­isante au regard de ces sur­coûts pour per­me­t­tre une réelle via­bil­ité des étab­lisse­ments de san­té privés de La Réu­nion. Nous avons un CHU en déficit, et cer­tains étab­lisse­ments privés le sont égale­ment. Nous aime­ri­ons négoci­er une reval­ori­sa­tion de cette index­a­tion géo­graphique, pour les étab­lisse­ments mais aus­si pour les actes de chirurgie. Les étab­lisse­ments sont indexés, mais les actes ne le sont pas. Cela n’incite pas les jeunes col­lègues à venir s’installer. La démo­gra­phie médi­cale est en baisse, et nos dif­fi­cultés de recrute­ment sont par­ti­c­ulière­ment fortes dans les DOM.

Comment voyez-vous votre engagement au sein du Conseil d’administration de la FHP-MCO ?

Je suis un syn­di­cal­iste ancien. Je pense que les tutelles ont besoin d’un con­tre-pou­voir. Nous devons être capa­bles d’imaginer, de faire des propo­si­tions, c’est la seule façon d’évoluer. Plus que nous défendre, nous devons être prospec­tifs, avoir des idées nou­velles et les faire val­oir. Innover, c’est cela qui nous sauve, ain­si que la prox­im­ité avec les patients. C’est de tout cela que nous dis­cu­tons au sein du Con­seil d’administration, des index­a­tions tar­i­faires, des par­cours, des développe­ments. Nous sommes un ser­vice au pub­lic, c’est notre fonc­tion.
Le CA de la FHP-MCO du 11 jan­vi­er dernier, qui était le pre­mier me con­cer­nant, a été une vraie journée de tra­vail, très con­viviale, avec une réelle écoute. On peut s’exprimer, et je ne me suis pas gêné pour le faire.