La branche spécialiste de la CSMF (UMESPE) organisait samedi 25 novembre les premiers États généraux de la médecine spécialisée à Paris.

 

Qu’est ce qui a motivé l’organisation de ce premier congrès ?

Depuis plusieurs années, l’attention est prin­ci­pale­ment portée sur la médecine de pre­mier recours, de prox­im­ité. Nous souhaitions nous con­cen­tr­er sur la médecine spé­cial­isée, d’expertise. Sur le ter­rain, le spé­cial­iste pose le diag­nos­tic, éla­bore le plan per­son­nel de soin, et c’est encore lui qui reçoit le patient en décom­pen­sa­tion. Il a les clés de cette con­nais­sance.

Pourquoi promouvez-vous la délégation de tâches ?

La ques­tion cen­trale est celle de la respon­s­abil­ité ter­ri­to­ri­ale, pop­u­la­tion­nelle. Tous les Français ont droit à une exper­tise. Bien sur, il faut d’abord pro­to­col­is­er, puis ensuite déléguer des tâch­es à l’instar de l’anesthésiste et de l’IADE, du radi­o­logue et de l’échographiste, et pourquoi pas demain, du gas­tro-entéro­logue ou de l’oncologue et d’un(e) infirmièr(e), etc. Les métiers qui n’évoluent pas sont morts. Certes, il faut com­bat­tre de fortes réti­cences mais nous pou­vons avancer avec les CNP et les ouver­tures pos­si­bles offertes par l’article 35. Tous les par­ents veu­lent que leur enfant voie un pédi­a­tre et les per­son­nes dia­bé­tiques veu­lent con­sul­ter un endocrino­logue. Nous avons tous à y gag­n­er si nous con­stru­isons les choses ensem­ble.

Par ailleurs, ces exper­tis­es sont indis­pens­ables pour accom­pa­g­n­er le virage ambu­la­toire des étab­lisse­ments de san­té. Les médecins spé­cial­istes doivent s’emparer des plate­formes ter­ri­to­ri­ales d’appui (PTA) et des com­mu­nautés pro­fes­sion­nelles ter­ri­to­ri­ales de san­té (CPTS). Nous devons dévelop­per la coor­di­na­tion. Le Mont­pel­li­er insti­tut du sein (MIS), plate­forme ter­ri­to­ri­ale sur le can­cer du sein est à cet égard un excel­lent exem­ple.

Quels sont vos autres axes de travail ?

Nous sommes prêts à réfléchir à un paiement à l’épisode de soins qui pour­rait dans cer­tains cas rem­plac­er le paiement à l’acte comme nous y invite la min­istre. Nous mili­tons pour plus d’expertise, plus de qual­ité et plus de sécu­rité. Nous ne souhaitons pas gag­n­er plus mais gag­n­er mieux. La ques­tion de l’expertise ne sera pas réglée par les étab­lisse­ments ni par les GHT. La ques­tion du statut du médecin spé­cial­iste devra être égale­ment débattue. Nous avons des oblig­a­tions et il s’agira de mieux les définir. Le statut de PH doit évoluer, sachant par ailleurs qu’un exer­ci­ce mixte est de plus en plus demandé par les jeunes généra­tions. La ques­tion de la recer­ti­fi­ca­tion des médecins pour­ra être abor­dée à l’image de l’accréditation des spé­cial­ités à risque. Compte tenu du suc­cès de ce pre­mier ren­dez-vous, nous le renou­vellerons l’année prochaine. On a tous des idées, c’est l’heure de les partager.