Le PLFSS est-il le premier d’une réforme de la santé ?

Le Pro­jet de loi de finance­ment de la Sécu­rité sociale est un acte poli­tique majeur. Il con­stitue un sig­nal fort de la part du gou­verne­ment, en par­ti­c­uli­er quand il s’agit, comme cette année, du pre­mier d’un quin­quen­nat.
C’est le PLFSS des promess­es tenues, qui veut s’inscrire à la fois dans l’objectif de réduc­tion du déficit pub­lic et de trans­for­ma­tion néces­saire du sys­tème de san­té. Il réaf­firme la volon­té du gou­verne­ment d’en finir avec la poli­tique du rabot et de men­er les réformes struc­turelles atten­dues par l’ensemble des pro­fes­sion­nels et des usagers.
Dans la con­ti­nu­ité des engage­ments prési­den­tiels annon­cés par Emmanuel Macron et de la feuille de route de Madame la Min­istre des Sol­i­dar­ités et de la San­té Agnès Buzyn, on retrou­ve dans le PLFSS des sym­bol­es poli­tiques forts, comme les prémices d’une révo­lu­tion de la préven­tion avec la hausse du prix du tabac ou l’extension de l’obligation de la cou­ver­ture vac­ci­nale.
Ce PLFSS veut don­ner les pre­miers moyens aux acteurs du sys­tème de san­té de trans­former le sys­tème, en ter­mes d’organisation et d’accès aux soins. L’article 36 fait par exem­ple entr­er la télémédecine dans le droit com­mun, mar­quant un véri­ta­ble virage dans son déploiement sur le ter­ri­toire. L’article 35, majeur dans ce texte, per­me­t­tra d’encourager l’innovation organ­i­sa­tion­nelle, et don­nera aux acteurs la pos­si­bil­ité d’expérimenter de façon plus sou­ple.

Quels sont les principaux manquements du PLFSS 2018 ?

Des réformes annon­cées, comme le reste à charge zéro pour les patients pour les soins pro­thé­tiques optiques et den­taires ou la réforme des retraites restent à met­tre en place, car elles néces­si­tent une longue con­cer­ta­tion préal­able. Elles con­stituent autant de pri­or­ités aux­quelles il fau­dra s’atteler durant le quin­quen­nat.
Rap­por­teur général du PLFSS, c’est un nou­veau rôle à l’Assemblée nationale. Il va per­me­t­tre toute l’année de pré­par­er les dis­cus­sions budgé­taires et d’assurer un suivi des réformes avec tous les acteurs con­cernés, au-delà de l’exercice annuel, qui se révèle très intense, car con­cen­tré sur une courte péri­ode. Une année d’échanges qui s’annonce, et donc une année pour pré­par­er au mieux « l’édition 2019 ». Cer­taines pri­or­ités d’aujourd’hui se retrou­veront cer­taine­ment en 2018 : voir s’accélérer les réformes organ­i­sa­tion­nelles de l’hôpital et de l’ambulatoire, et surtout pour­suiv­re cette révo­lu­tion de la préven­tion.

Aujourd’hui, le PLFSS est-il le lieu, un des lieux, où se dessine le projet politique en santé du gouvernement ? 

Le PLFSS en est un des moyens, puisqu’il est ques­tion du bud­get de la Sécu­rité sociale, plus 700 mil­liards d’euros. Ce n’est néan­moins pas le lieu unique du pro­jet poli­tique en san­té du gou­verne­ment.
J’en prends pour exem­ple la Stratégie nationale de san­té, qui des­sine les fils con­duc­teurs des pro­grammes et des plans à venir sur qua­tre pri­or­ités : préven­tion et pro­mo­tion de la san­té, stratégie en matière d’innovation, per­ti­nence et qual­ité des soins, lutte con­tre les iné­gal­ités sociales d’accès à la san­té. L’élaboration de la SNS pour le quin­quen­nat sera l’objet d’une con­sul­ta­tion publique cet automne et mise en œuvre dans les Pro­jets régionaux de san­té.